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Pour comprendre la colère qui secoue l'Irlande

http://www.mediapart.fr/files/Maguy%20Day/IrlandeNON_0.png Souvenez vous du référendum en Irlande pour ratifier le traité de L'UE 

Pour ceux qui ne l'aurait pas eu, voici l'article de Peter Avis dans l'Huma sur l'Irlande. Pour la Canaille, cet article par ailleurs très intéressant demande d'être épicé de deux trois considérations: 

Ne trouvez-vous pas curieux cette très grande discrétion, ici en France, des média de toute nature et et celle des organisations politiques (et syndicales) concernant la façon dont on a imposé y compris par un chantage éhonté à la crise économique et la récession, chantage exercé sur le peuple irlandais pour le faire revoter parce qu'il avait dit NON à l'UE. Souvenez vous de toutes ces personnalités de toute l'UE, Baroso en tête, processionnant pour effacer ce NON.

On voit aujourd'hui les résultats de toutes les forfaitures.

Il est vrai que ce NON irlandais, cumulé avec celui de France et des Pays bas rendait légalement et politiquement impossible la mise en oeuvre définitive du traité de Lisbonne ? (souvenons-nous : la droite polonaise avait conditionné sa ratification à un oui irlandais).50 000 irlandais dans les rues de Dublin ce samedi pour manifester leur colère (cela à 16h00 et qui deviennent vite devant la réalité plus de 100 000 voir 150 000 à 20h00 ; il va falloir faire de la formation continue bilingue pour les compteur des manifestant de part et d'autre de la Manche).

Au passage cela nous amène à plus de 10% de la population totale de l'Île en manif.

La colère du peuple irlandais réside aussi en cela : ce peuple n'admet pas d'avoir été trompé et il le fait savoir : 50 000 irlandais dans les rues de Dublin (1.2 millions d'habitants dans le conté) ce samedi pour manifester leur colère.

Comme la contagions venue de Grèce gagne aussi le Portugal, et que la tempête de colère qui traverse la France est aussi lié aux diktat de l'UE sur les conditions sociales, avec ce nouveau terrain de lutte sociale, l'UE vacille. C'est une bonne nouvelle.

Pour en savoir en plus sur l'articulation financière jetez donc un oeil sur ceci : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-rassurer-les-marches-et-sauver-les-banques-61788304.html

J'en tire ceci : 

« Rien ne va plus ! » nous dit-on, comme au casino.

Et d’expliquer : les banques irlandaises fondaient plus vite que la banquise, et sans « l’aide désintéressée » de l’Union européenne et du FMI, l‘Irlande devrait déposer son bilan.

Et après ? direz-vous. C’est là que le bât blesse : ce bilan, celui des banques, est constitué, en large partie, d’avoirs bancaires européens. C’est donc ceux-ci qu’il faut à tout prix, « sauver ». Et d’en appeler au peuple irlandais pour payer l’addition, qui s’annonce plus que salée.

Comme quoi être le « tigre celtique », c’est pas automatique.

http://quotemeireland.files.wordpress.com/2010/03/celtic-tiger-copy-12.jpg?w=292&h=400

La crise se nourri du feux des casses sociales et de la libération sans borne de l'espace spéculatif affranchi des souverainetés populaires qui dans le cadre des états souverain pouvaient exercer contrôle et au moins contention.

Dans un de ces articles quotidiens, l'ami Jean Levy publie un article d'un éditorialiste britannique Ambrose Evans-Pritchard paru  dans le journal Daily Telegraph du 16 novembre, article  dont j'extrait ceci : 

 

"La Grèce est maintenant sous protectorat de l’Union européenne, ou plus pudiquement de « Mémorandum » puisque c’est ainsi qu’on l’appelle. Ce qui a donné naissance à des attaques terroristes piqûres d’épingle contre quiconque est lié de près ou de loin aux pouvoirs européens.L’Irlande et le Portugal sont un peu plus loin en arrière sur cette route qui conduit à la servitude mais ils sont déjà confrontés à des politiques dictées directement depuis Bruxelles et ils seront bientôt placés à leur tour sous des protectorats formels, et ce dans tous les cas.

L’Espagne a plus ou moins été forcée de réduire les salaires de la fonction publique de 5% pour se conformer aux exigences de l’Union européenne faites en mai. Tous doivent se plier au programme européen d’austérité, sans pouvoir compter sur le soulagement compensateur d’une dévaluation ou d’une politique monétaire plus accommodante.

 

Si tout cela continue l’année prochaine, avec un chômage à un niveau record de dépression ou même continuant à grimper encore plus haut, il va commencer à devenir important de s’interroger sur qui a la « propriété » politique sur l’ensemble de ces politiques.

Est-ce vraiment le fruit d’un consentement pleinement démocratique ?

Ou bien ces souffrances sont-elles imposées par des chefs suprêmes étrangers dans un but purement idéologique ?

Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour prévoir les effets de tout cela sur l’entente en Europe.

Mon opinion personnelle est que l’Union européenne est devenue illégitime lorsqu’elle a refusé d’accepter le rejet de la Constitution européenne par les électeurs français et néerlandais en 2005.

Il ne peut y avoir aucune justification pour faire revivre ce texte sous l’appellation de traité de Lisbonne et le faire adopter de force par une procédure parlementaire sans référendums, dans ce qui n’était au fond rien d’autre qu’un putsch autoritaire."

Le lien suivant vous donnera la totalité de l'article : 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-sur-l-europe-un-spectaculaire-article-du-daily-telegraph-61691766.html

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2009/10/europe-dictature.jpg Quand l'UE s'occupe des peuples

 

Voici l'article Peter Avis :

 

Irlande : la colère grandit , toute une nation se mobilise

 

Outrés par les coupes dans les salaires et les prestations sociales, prévues par le plan du FMI et de l’UE, les citoyens s’apprêtent à déferler dans les rues de Dublin demain, à l’appel des syndicats et des forces progressistes. Londres, correspondance.

Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus demain dans les rues de Dublin. Les Irlandais se rassemblent à l’appel de leurs organisations syndicales pour clamer leur opposition au plan de rigueur draconien présenté par le gouvernement pour éponger les déboires spéculatifs des banques.

Le plan, imposé conjointement par les émissaires du Fonds monétaire international (FMI) et ceux de l’Union européenne, est devenu si impopulaire qu’il a poussé aussitôt vers la sortie le gouvernement de Brian Cowan, accusé d’avoir entraîné le pays au bord du gouffre. La confédération syndicale (Ictu) décrit les mesures annoncées mercredi par le pouvoir comme « régressives » et soumises aux exigences des marchés financiers. Ce plan comporte en effet des attaques plus dures encore que les précédents contre les acquis sociaux, il ampute la rémunération des fonctionnaires, dont le nombre doit être très fortement diminué, et programme une diminution du salaire minimum. Tout cela fait exploser la colère de toute une nation.

Ce plan va déboucher « sur le contraire de ce qu’il promet », a déclaré David Begg, secrétaire général de l’Ictu. « Il ne conduira pas à un redressement économique, mais il va ouvrir la voie d’une récession profonde. » Et de préciser pour l’humanité : « Les mesures proposées vont étouffer la demande. Elles vont pénaliser ceux qui ont des petits revenus. L’économie est déjà très fragile et la réduction d’encore 15 milliards d’euros de dépenses publiques va nous conduire au désastre. Rien n’est proposé pour créer des emplois et pour les quelque 450  000 de nos citoyens qui sont réduits au chômage. »

Fintan O’Toole, chroniqueur de l’Irish Times, qui s’est solidarisé avec les participants à la manifestation de demain, écrit : « Le but du paquet négocié avec le FMI et l’UE n’est pas d’éviter que l’Irlande tombe dans une dépression économique. C’est le moyen qui permet d’assurer que les citoyens irlandais verseront encore de l’argent aux banques. Le processus qui consiste à transformer la dette privée des banques en dette publique sera ainsi poussé à son terme. Au lieu d’emprunter de l’argent auprès de la Banque centrale européenne à un taux de 1 % pour se financer, l’État (vous et moi) va devoir emprunter la somme voulue avec un taux d’intérêt de peut-être 5 %. Et, pour payer cela, on va cogner sur les pauvres et les plus vulnérables. »

Les allocations sociales vont être diminuées, les services de santé soumis à un rationnement, les prestations pour les handicapés et les personnes âgées, déjà insuffisantes, vont être encore ponctionnées. « Mais, ajoute le chroniqueur, 100 milliards d’euros que les Irlandais doivent aux banques allemandes et les 109 milliards dus aux banques britanniques seront garantis. Du coup un surcroît de chômage et un retour à l’émigration de masse sont programmés. La pauvreté et les inégalités vont s’accentuer encore, avec tout ce que cela comporte en coûts sociaux et financiers. »

Pour l’Irlandais moyen, la mesure la plus emblématique est la réduction du salaire minimum. « C’est une façon de punir ceux qui souffrent de la crise, souligne un syndicaliste, pendant que ceux qui l’ont créé poursuivent tranquillement leur chemin. »

Jim Mcloughlin, économiste irlandais, maître de conférences à l’université de Brighton, en Angleterre, voit dans la crise des caractéristiques particulières. Elle frapperait, dit-il, un « capitalisme de copinage », où les dirigeants politiques, les banquiers et ceux qui maîtrisent le marché de l’immobilier s’entendent pour diriger l’économie à leur propre avantage.

Rentrant d’une visite à Dublin où il a rencontré des membres de sa famille, il nous a confié : « Tout le monde souffre et tout le monde est en colère. » Sa tante Rita va voir sa retraite réduite de 10 %. Exaspérée, elle a lancé à Jim : « Je voudrais mettre tous les hommes politiques et tous les banquiers en prison. » Michael, fils de Rita, est enseignant. Il va perdre 20 % de son salaire.

Et retour d’un phénomène terrible, la crise pousse à nouveau de nombreux jeunes gens à quitter le pays. C’est une main-d’œuvre irlandaise qui avait été contrainte de s’expatrier pour construire, pour des salaires de misère, les chemins de fer de l’Angleterre au XIXe siècle et ses autoroutes au XXe. Aujourd’hui, les Irlandais sont saignés pour d’autres motifs : ils doivent payer la facture des banquiers britanniques. Et des banquiers du monde…

Peter Avis

Chacun notera (ce n'est pas faire procès mais de voir comment l'épisode référendaire est banalisé aux plus grands bénéfices des marchés financiers) l'absence de ce coup de Jarnac à la démocratie dans les références pouvant expliquer le fond la nature de la colère irlandaise.

http://q.liberation.fr/photo/id/216795/r/23/13/w/460/m/1290868154



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