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un p'tit bonjour de Charles-Louis ci devant Montesquieu

 

http://valerie.dagrain.numerimoire.net/MISC/IMAGES-SITE/Vasnetsov_samolet-2.jpg

 

Que dirait le persan de Montesquieu s'il débarquait aujourd'hui en France ?

Gallouzeau ( de Villepin) se frotte à rêver de l'héritage, mais ex Vizir ...laissons-le dans les ors et CPE du système) 

Imaginons. Notre Usbek, d'aujourd'hui, muni de son téléphone cellulaire "gépéessisé", d'un ordi portable … et d'un permis de séjour pour lui et Rica  son accompagnateur vient visiter et rendre compte de ces zones confuses et de droit élastique d'un pouvoir local en France.

Posons qu'il arrive en cet automne à Paris.

En tenant à jour via Twitter ou autres, une correspondance avec des amis rencontrés dans les pays traversés, il s'étonne, grand naïf qu'il est des choses assez stupéfiantes qu'il découvre : ses messages d'ailleurs plongent ses correspondants dans la perplexité :

"Un des centres de civilisation perclus de références culturelles au point de faire une valeur d'exportation de ses références, une des "racines profonde de l'Occident", se borne à se doter d'un animateur de la gouvernance politique dont la trivialité du langage n'a d'égal que la rapacité à s'emparer pour ses soutiens et alliés de toutes les richesses, en usant de tous les moyens, y compris en poussant son peuple de la gène à la misère voire à les faire basculer dans l'exclusion".

Et notre persan pourrait se pincer à voir comment "le démembrement d'un équilibre social longuement élaboré est devenu la passion première des puissants d'ici, comment ceux-ci se servent des leviers institutionnels, économiques, policiers, militaires et administratifs pour parvenir à leurs fins.

"Curiosité du langage, chez nous en Perse - me twittait Usbek-quand on dit "un sultan" on pense certes pouvoir, autorité, voire despotisme, mais aussi grandeur de l'État. Ici quant à l'écoute du même terme, si l'effort de le ramener à l'écrit n'est pas permanent, il rappelle à l'oreille les pratiques triviales du khalife dans ses provinces maritimes s'adressant à un de ces Sinbad qui ont pourtant donné la belle réputation de pays maritime à votre pays".

Dans un message suivant, il précise : "Ainsi donc dans un état qui stigmatise l'autoritarisme du pouvoir Perse (et il y a matière à le faire), et si on en croit le Vizir appelé certainement à continuer dans sa charge, il est possible sans problème autre qu'un affrontement sémantique de classer comme "secret défense" relevant de l'intérêt national les surveillances des gazetiers glosant sur les affaires de cœur du gynécée ou libéralités prises avec la codification des pratiques usuelles et la morale par un des sénéchaux du Vizir, intime du khalife, membre permanent du divan et grand veneur des rabatteurs pour le trésor privé.

 Philosophe et historien, notre persan prédit que les générations futures auront "à s'interroger à l'utilisation des outils du "secret du monarque" et son éventuel cabinet noir pour s'acharner contre les chroniqueurs".

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 Dans une lettre à son frère dont il nous donne copie il précise "Et que dire de cette bizarrerie de considérer la désignation du vizir, chef constitutionnel du gouvernement, comme une variante du jeu de bonneteau dont le Khalife joue devant le pays pour l'amuser comme sur tréteaux de foire. Il est vrai que la fonction de Vizir résidant à être "celui qui est la volonté du maître, les oreilles et les yeux du roi" exige du promis à la charge de savoir se couler dans la praxis du monarque et quoi de mieux que les godets du jeu pour y parfaire ses capacités de souplesse et de dissimulation".

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Dans sa Perse natale, notre visiteur sait combien le choix d'un Vizir même si tous rêvent d'être khalife à la place du Khalife (ce que celui en place a rêvé d'atteindre, le khalifat, dès avant son premier sénéchalat entamé) demande de parcours des arcanes et pratiques initiatiques institutionnelles quasi rituelles. Mais s'interroge-t-il, "il semble que dans ce qu'ils appellent leur état de droit  un mimétisme militant cherche à institutionnaliser leur République en un état de droite".

Et Montesquieu de pleurer sur l'impossibilité aujourd'hui de trouver un éditeur publiant ses vues. Qui oserait prendre le risque de déplaire en imprimant les "Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence" (1734) ou ce "De l'esprit des lois" (1748)qui est à l'État capitaliste actuel ce que la Princesse de Clèves (1678) est à la littérature moderne?

Pourtant, nous rappelle Usbek, dans l'instant et indépendamment pour ceux qui veulent que le peuple s'émancipe de son rôle d'organisation des dominations, quoi de plus urgent de faire réfléchir sur la répartition des fonctions de cet État entre ses différentes composantes, et de vérifier le principe fondateur des Républiques bourgeoises modernes :  "le principe de séparation des pouvoirs" qui interdit l'autocratie.

Notre persan poursuit son voyage, souhaitons avoir encore de ses nouvelles.

 

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