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de 1848 à 2010, Nicolas Guizot et Dominique De Lamartine

 

 

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La politique et le journalisme, c'est comme la cuisine.

Quand les produits sont de qualité et d'origine contrôlée, point n'est besoin de les trop travailler, mijoter ou de les accompagner de sauces qui pour goûteuses qu'elles soient en modifie la saveur.

Cet article du "Monde.fr" en est une pertinente démonstration.

 

Sarkozy et Strauss-Kahn : les deux faces du libéralisme à la française

LEMONDE.FR | 09.12.10 | 09h26

"Travailler plus pour gagner plus", disait Nicolas Sarkozy au début de son mandat en 2007. "Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne", évoquait déjà son illustre prédécesseur, François Guizot, principal ministre et inspirateur de la politique de Louis-Philippe de 1830 à 1848 ? Le libéralisme à la française éprouve décidément bien des difficultés à prendre racines chez nous. Qu'on en juge ! Le ministre Guizot, inspirateur de la pensée libérale de Louis-Philippe, n'a pas su éviter la chute du roi et la révolution de 1848. Bien commencé par une période de prospérité partagée par le plus grand nombre, cet épisode politique s'est terminé dans l'affairisme et les soupçons de corruption des élites.

Depuis 2007, en droite ligne de son mentor politique Édouard Balladur, la présidence de Nicolas Sarkozy emprunte le même chemin. Les trompettes des réformes libérales et du changement ont résonné durant les premières années du quinquennat, de 2007 à octobre 2010. Mais aujourd'hui, c'est la crise qui domine, les conflits d'intérêts. Les collusions entre le monde politique et le monde économique s'accompagnent du rétrécissement de la base politique d'un gouvernement que le remaniement de novembre confirme. L'avenir est incertain et la frange bonapartiste de la majorité présidentielle semble vouloir reprendre les rênes d'un pouvoir aux abois.

Mais de quelle malédiction semble souffrir le libéralisme en France pour côtoyer si souvent l'abîme ? La séquence du gouvernement Balladur de 1993 à 1995 est de ce point de vue particulièrement éclairante : période de prospérité au départ, soupçons d'entente et de corruptions à la fin, polluant une campagne électorale sur fonds de financements occultes. Naturellement couronné comme il se doit par le prix Guizot lors d'une cérémonie organisée dans la demeure familiale de François Guizot à l'abbaye du Val-Richer le 22 octobre 2010, Édouard Balladur avoue dans son livre – Le pouvoir ne se partage pas (Fayard, 2009) – ne pas comprendre la raison pour laquelle le libéralisme est connoté aussi négativement en France. Certes, ce dernier essaie de se démarquer "d'un libéralisme sans freins" très contemporain, mais il peine à en définir les contours. Comment analyser cette impuissance des libéraux français à fixer concrètement des règles qui encadrent les forces du marché ?

LA FAMILLE DES LIBÉRAUX

Première réponse peut-être, par le fait qu'à droite, les libéraux se situent toujours dans le droit fil de 1789, date de la prise de pouvoir effective de la bourgeoisie en France. Ils soutiennent la mise en place de libertés formelles – la déclaration des droits de l'homme et du citoyen – beaucoup moins l'instauration de libertés réelles de 1993 susceptibles d'assurer à tous le pain quotidien.

Seconde réponse plus certainement, car la place est déjà prise par des libéraux de gauche qui tardent à dire leur nom. Aujourd'hui, les sociaux-libéraux proches de Dominique Strauss-Kahn ont repris le flambeau. Tout en refusant de plus en plus mollement l'étiquette libérale, ils plébiscitent le marché tout en manifestant le droit d'intervenir. Ne sont-ils pas finalement les dignes représentants d'un libéralisme à la française qui s'épanouit naturellement à la direction d'organismes internationaux prestigieux que sont le Fonds monétaire international la Banque centrale européenne ou encore l'Organisation mondiale du commerce ? Le monde anglo-saxon, berceau du libéralisme, s'en accommode d'ailleurs fort bien. A l'heure de la mondialisation, ils font partie de la famille et donnent une touche sociale à une doctrine libérale qui soigne son image. Le rôle économique de l'État est rangé aux accessoires de l'histoire. Il est plus modestement chargé d'assurer la sécurité de chacun. Il permet le mouvement individuel et naturel du plus grand nombre, dans la pure tradition philosophique d'un John Locke (1632-1704). Son intervention est admise, mais dans une action de redistribution charitable, assurant la constitution d'un filet de sécurité pour les plus faibles.

C'est justement sur ces rives que se rencontrent Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn. Enfin débarrassés des contingences nationales, ils voguent de conserve en associés rivaux dans le cadre d'un G20 sous présidence française avec la folle ambition d'instaurer une gouvernance mondiale. Libéral de droite et libéral de gauche, éloignés du chaudron hexagonal, n'éprouvent alors aucune peine à s'embarquer sur le même bateau.

De la réussite de leur équipage dépend en partie leur avenir politique en France. Qu'ils s'entendent pour réussir et ils auront tous les deux une chance de concourir aux présidentielles de 2012. Qu'ils échouent et les forces jacobines de gauche comme de droite reprendront l'ascendant.

Plus de deux siècles après la Révolution, le libéralisme à la française peine toujours à définir ses contours, ses règles, sa marque de fabrique. Il reste ce corps informe, bien incapable de fédérer les énergies, en bascule permanente entre la droite et la gauche.

Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris

 

Certes la conclusion de ce Happy end consensuel reste écrire et ne le sera pas forcément tel que prévu ci-dessus (les peuples font l'histoire, et, Gulliver, ils se réveillent et tentent de s'asseoir), mais dans le scénario retenu par l'article, si les premiers rôles sont bien campés, à l'abus des valeurs de gauches près, rien n'est joué ; regardez l'Islande l'Irlande, la Grèce, le Portugal et…la France de cet automne. Surtout si on prend garde historiquement qu'au delà de l'abus langage habituel ce ne sont pas les forces jacobines qui sont aux manettes mais toujours les girondines et que le Marais est toujours là pour accompagner les Guizot d'hier et d'aujourd'hui et de demain.

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