Mort sur le bord de la route.

Publié le 25 Octobre 2012

 

 

 

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Un mort, deux blessés à vie.


Beaucoup de choses ont été dites au sujet du drame de cette femme et son compagnon qui ont perdu leur enfant sur le bord d'une route qui n'est plus nationale en France en 2012.

 

Pourquoi revenir maintenant sur ce terrible prémice d'une catastrophe sanitaire annoncée ?


Il est revenu en mémoire de La Canaille  un débat sur l'URSS  où Georges Marchais avait été interpellé par Hélène  Carrère d'Encausse laquelle mettait en avant combien les évolutions de la courbe de la mortalité infantile était révélatrice du sens du développement d'une société.


En URSS, avait-elle relevé, cette courbe qui baissait depuis des années, après avoir marqué le pas s'engageait à l'époque de ce débat dans une très négative croissance. Les communistes d'alors n'avaient pas pris l'avertissement au sérieux, c'est un de ces moments clés où il ne s'agit pas de prise de retard mais d'emprunt d'une fausse route, celle qui a conduit à… 2012.


La droite en avait fait un argument de campagne. Le PS qui représentait le camp du reptile échassier herbivore lequel en politique se traduit par anticommuniste de gauche lui avait embrayé le pas.


Cet enfant mort sur le bord de la route est l'insupportable marqueur de l'arrivée de cette régression en France, tous les démographes l'avait pointée avant qu'un drame de ce genre qu'ils attendaient et redoutaient se produisent OBLIGATOIREMENT.

 

Le lieu est en soit emblématique : Sinistré de l'industrie (plan charbon) sinistré du rail (fermeture de lignes, de gares) sinistré de la poste, de l'école, sinistré du concept de service public, cet enfant tué par les choix de l'Agence Régionale de Santé (et bien sur sa tutelle), son sort au bord de la RN20, fera date dans la régression sociale qui entraine la France à prendre place dans la file d'attente pour rejoindre la Grèce.


Ce n'est pas lié à une quelconque calamité climatique ou à un évènement hors contrôle de la puissance publique. Non, bien au contraire. C'est dû exclusivement aux choix de rentabilité et de PRIVATISATION de la santé publique. Ils mènent à la restriction du droit à la santé de chacun, droit acquis au prix du sang des armes et des larmes de ce programme du Conseil National de la Résistance que ne cesse de convoquer le PS. Cette famille a été foudroyée par les choix de la rentabilité financière avant tout.


Tous les capitaux qui sont dilapidés pour venir renflouer les coffres des spéculateurs manquent d'autant pour la protection sociale en premier lieu pour tout ce qui touche à la Protection Maternelle et infantile. Parions que l'enquête n'en dira mot.


Fermeture des maternités de proximité (et des centres d'IVG, de planning familiale et de PMI   par la même occasion) regroupement des plateaux techniques dans des structures publiques-privées où le public paie et éponge et où le privé encaisse. C'est le cas en particulier de Figeac où la fermeture de la maternité est liée à ce type de regroupements, le privé assumant les recettes, refusant le risque et laissant les femmes en pleine nuit accoucher sur de bord d'un réseau routier qui lui aussi abandonné par l'état va à vau l'eau.


Blumollet demande une enquête administrative… que vont diligenter et encadrer ceux qui ont décidé de la fermeture de la maternité de Figeac. La voila la poudre aux yeux de ce pouvoir. 


Ceux qui ont fait ces choix et les ont portés contre les mobilisations populaires sont des criminels et devraient rendre des comptes pour cela.


Pour disculper les responsables, une odieuse campagne d'info s'engage sur les ondes laissant sous entendre une responsabilité de la famille. Comme si on accusait les victimes d'un crash aérien d'avoir mal lu le mode d'emploi du parachute (écrit en anglais) alors que l'appareil se met en vrille.


Une population qui résiste mais dont les élites une fois en place ne pensent l'action qu'en termes d'accompagnement au nom de la crise voire d'une proposition de moratoire qui est à l'urgence ce que le cure-dent est au traitement des caries.


Que dire aussi devant les expressions pitoyables s'engageant dans la logique des "trente minutes" comme curseur de la règle à calcul de la présence d'une maternité où d'un plateau technique de qualité pour les soins ? Peut-on laisser gloser ceux qui en disposent à proximité immédiate de leur lieu de résidence du droit ou non pour les éloignés de prendre le risque de crever dans un taxi ou la voiture d'un proche (les ambulances sont de moins en moins pris en charge au nom des économies sur les dépenses de santé)?

 

Que dire alors que l'urgence est de rouvrir ce qui a été fermé ou de la demande d'une dirigeante du PCF dans l'Huma d'obtenir ce moratoire quand la question est d'empêcher la mort de frapper. Cela dans l'Humanité ! Le titre reste -t-il en phase avec son sens ? 


Qu'est-ce que cet argument dans le pays où les urgences sont fermées et concentrées sur des hôpitaux dont la qualité technique est récompensées par une surcharge de travail et le bruit permanent des hélicos qui survolent les quartiers les moins bourgeois, lesquels sont ainsi protégés du vacarme par la carte adoptée par les Agences Régionales de Santé (ARS).


Marqueur sinistre de la réalité sociale, le droit à donner la vie dans de bonnes conditions vient de revenir dans le champ historique des luttes sociales et de la lutte de classe. Inégalité sociale, inégalité géographique et coupure des élites politiques du sort commun.


C'est dans ce pays qu'on attente à l'avenir de la maternité des Bluets, qu'on étrangle les centre IVG, pays où les fascistes en robes de bures peuvent tenter d'entrer en force dans des hôpitaux à Paris pour imposer les fermetures de centres de planning familial et que des salopards (masculin et féminin) opposent la règle à calcul au droit à bien naitre dans des conditions désirées.


La convergence de ces faits est la preuve qu'il ne s'agit pas d'un fait "divers" mais d'un grand problème politique. Il se résume en un chiffre : alors que les naissances augmentent les choix politique depuis 15 ans ont organisé la suppression de 50% des lits d'obstétrique conduisant à la fermeture aussi criminelle qu'emblématique de la seule maternité de Marie Galante pour cause de déséquilibre économique, le fait colonial et l'insularité cumulant avec les causes vue en "métropole" .


Quand l'incendie fait rage, on commence d'abord par le combattre ensuite on regarde pourquoi il s'est allumé  ou qui est le pyromane. Demander une concertation sur l'infrastructure de santé conduit à mesurer un  niveau de risque depuis longtemps connu…et cautionner la perte de temps pour des mesures immédiates. Cette mesure existe –t - elle sur la promenade des Anglais, à Neuilly ou boulevard de Latour Meaubourg ? Par contre elle sert de curseur à Ivry, dans le Lot, en centre Bretagne et combien d'autres régions entières. L'inégalité sociale dans la vie commence par l'inégalité sociale du droit de naitre dans la France de 2012.


Ce qui a été révélé lors de la chute de l'ex URSS aura les mêmes conséquences en France : une société qui ne protège pas les conditions humaines de sa pérennisation est condamnée à disparaitre et ceux qui organisent ou accompagnent sa logique avec.


Il n'y aura pas de moratoire pour les collabos de la casse sociale et humaine.

 

 

 

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Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Coup de gueule

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