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Lutte de classe et guerre sociale. Luttes sociales et guerre de classe.

Information reçu le 22/10 avant de mettre en ligne, qui en rajoute à la forfaiture:

 "Dès lors que nos avocats se présentent au tribunal pour obtenir un jugement, la justice nous apprend que les réquisitions ont été retirées une heure avant l'audience, ce qui éteint l'action juridique. Nous sommes dans une situation où ne pouvons pas obtenir l'avis de la justice sur la légalité des réquisitions. Aujourd'hui, on est en là. A Grandpuis, aujourd'hui, à 16h30, on attend le jugement sur la dernière réquisition de ce matin. L'Etat joue au jeu du chat et la souris avec la justice, parce qu'il sait que ces réquisitions sont illégales." (Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la branche pétrole de la CGT)

Décidément, entre les raffineries et les coeurs de ville, ce gouvernement recoure à des pratiques qui oscillent entre le putsch et la guérilla urbaine

 

 http://www.humanite.fr/sites/default/files/imagecache/une_article_horizontal/grandpuits.jpgPhoto l'humanité

 


Il parait que le mot rafle n'est pas politiquement correct pour qualifier les pratiques de la camarilla au pouvoir. Pourtant, des Roms traqués "es qualité-fichiers informatiques faisant foi" , aux Charters vers l'Afrique ou l'Extrême-Orient, des richesses confisquées interdites à ceux qui les produisent , aux rafles sur les postes important de la vie de la République,  jusqu'aux rafles  des travailleurs pour assurer les profits des patrons, rarement comme au Casino le terme aura été aussi légitime: ils raflent la mise, raflent  les hommes qui  leurs servent de pions et empoche la richesse en monnayant leur jetons de présence.

 Pour y parvenir, devant la résistance de ceux qui s'y oppose, le capital et son pouvoir usent de la force. Au pays où les grèves sont devenu si invisibles, où la classe ouvrière n'existe plus,  il leur faut revenir à leur fondamentaux : matraquer et réquisitionner pour  que les ouvriers soient remis de force au travail pour assurer les profits. La fusillade de Fourmies et les conquêtes coloniale ont servi à ajuster le Lebel, le flashball se rode dans les manifs et la répression dans les citées.

Ce gouvernement n'hésite pas à prendre le chemin des dictatures d'Asie du sud est  pour secourir Total. Le travail obligatoire des réquisitionnés s'apparente plus au travail forcé qu'à la libre négociation tant vanté par le patronat  pour casser le code du travail.

"Ce qui vient de se passer à la raffinerie de Grandpuits avec cette entrave à l'exercice du droit de grève va sans nul doute créer un électrochoc et notamment dans l'industrie. Comment peut-on accepter dans un pays des droits de l'Homme d'entraver les salariés" en les empêchant "d'exercer le droit constitutionnel, le droit de grève ? Nous sommes une entreprise de droit privé, c'est une première." a déclaré le coordonateur de la CGT dans les Raffinerie.

En votant la loi sécurité intérieure qu'un certain Sarkozy a fait adopter par le Parlement en sa qualité, à l'époque, de ministre de l'intérieur, la majorité parlementaire de 2003 se donnait les moyens de la répression en 2010.

Le préfet pour réquisitionner les grévistes comme du temps de Clémenceau, Daladier ou Jules Moch use d'un article de cette loi*:  L. 2215-1 4° du Code général des collectivités locales est invoqué. Il stipule qu'"en cas d'urgence, lorsque l'atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publique l'exige et que les moyens dont dispose le préfet ne permettent plus de poursuivre les objectifs pour lesquels il détient des pouvoirs de police, celui-ci peut, par arrêt motivé (…) réquisitionner tout bien ou service, requérir toute personne nécessaire (…) jusqu'à ce que l'atteinte à l'ordre public ait pris fin ou que les conditions de son maintien soient assurées".

En déplacement dans l'Eure-et-Loir -on risque moins de quolibets au milieu d'une Beauce quadrillée par les forces de police que dans un port ou un zones industrielles en lutte- Nicolas Sarkozy a justifié jeudi le déblocage des dépôts d'hydrocarbures paralysés en déclarant qu'"on ne pouvait laisser "une minorité" prendre en otage la vie quotidienne des Français". Manifestement il semble plus préoccupé de libérer les compagnies pétrolière que les journalistes de FR3 ou les salariés d'Areva retenus de par les conséquences de ses aventures politiques.

Le même disant quand les deux tiers de l'opinion persiste à dire soutenir le mouvement, "On ne peut pas être le seul pays au monde où, quand il y a une réforme, une minorité veut bloquer les autres (sic)"  propos qu'il n'a pas pensé utile de tenir durant le conflit Molex  quand les actionnaires de l'entreprise pillaient avec l'accord de l'adjoint de son ministre des finances les richesses industrielles du pays

Le préfet de Seine-et-Marne, accompagné de certains membres de ses services, "est venu lui-même donner les réquisitions au personnel dans le but d'alimenter les stations-service et tous les clients de Total, tout ça sous prétexte d'un code défense .Nous ne sommes pas en guerre, nous ne sommes pas en état de siège, le code défense ne s'applique pas dans ce cas-là." Disent les militants sur place.

 La façon lucide et digne de la réaction des salariés de Grandpuits tranche d'avec les propos de Chérèque sur France inter ce jour : "Les salariés nous demandent de continuer et on le fait", poursuivant "si on veut être populaire jusqu'au bout, on a plutôt intérêt à faire en sorte que les gens aient de l'essence", a-t-il estimé alors que les forces de répressions s'en prennent au salariés en luttes, disant ensuite :  "Le mouvement est populaire et doit le rester, ce qui veut dire pas de violences" en ne précisant pas que la violence est dans le camp des patrons et de leur gouvernement..

Sur le terrain, là où se construit et s'entretient le rapport de forces réels, les positions sont plus claires : L'intersyndicale de Grandpuits, soudée exige le retrait du texte sur les retraites et s'oppose aux réquisitions.

Elle exige le respect du code du travail et du droit de grève certes, et pour cela les tribunaux, mais surtout la mobilisation de masse pour faire reculer ce pouvoir  qui au même moment, n'étant plus à une forfaiture près, émule de Badinguet, groupie de  Thiers, décide de passer en force au Sénat.

Les syndicats envisageaient vendredi matin de "faire opposition de façon juridique" aux réquisitions, mais comptaient "utiliser tous les moyens en [leur] possession pour continuer à faire valoir [leur] droit de grève", a  prévenu le syndicaliste.

 

Quand même, une information qui ramènera un peu de sérénité dans ce monde brutal. Sarkozy II fils de Fa## 1er a été réélu délégué UMP de la circonscription de Neuilly-Puteaux ; "Jean Sarkozy a été réélu avec 85,62 % des voix et un taux de participation trois fois supérieur à celui du dernier scrutin, en 2008"  Dans la guerre de classe le capital forme ses cadres.

La réappropriation collective* des outils industriels et économiques ne devient-elle pas une exigence urgente dont il faut définir les formes pour garantir la démocratie économique sociale et politique dans le Pays?

 

* Rappelons, martelons, parce que les luttes sociales ne se coupent pas en tranches, qu'il semble plus facile de réquisitionner les grévistes pour les profits de Total que les appartements vides pour loger des sans abris.

** Symbole d'un système, face à la montée des luttes une réponse économique de classe : le marché noir sur les carburants. A méditer par les tenants de l'horizon indépassable du marché comme outil d'évolution des sociétés humaines.

 10-10-22--police-lyon-place-Bellecour_inside.jpgLyon place Bellecourt 22/10/2010 

 

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