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Le temps des assassins

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Le bâtiment de tout temps a été le pourvoyeur des cimetières: maladie du sang, des poumons, cancers divers et variés mais d'abord les accidents de travail ses mutilations, ses morts par manque de précautions des donneurs d'ordres sur les chantiers, ses cadences de travail, ses risques criminels imposés.

Présentés comme une fatalité aussi inéluctable que la vérole sur le clergé bas breton ou la cirrhose du foie chez les distillateurs d'eaux de vie, le patronat entretient cette image d'une virile morbidité professionnelle alimentée par des recrutements au noir, des travailleurs captifs parce que sans papier, des polyvalences alimentant les caveaux dépositoires.

Rien n'interdit de penser que celui qui est ci après dans le collimateur (mais aussi ses complices-concurents n'ait pas un jour des comptes à rendre sur sa (leur) politique de gestion de ses (leurs) chantiers. 

 

Accident mortel sur le chantier de l'EPR: la CGT accuse Bouygues

CAEN — La CGT a accusé lundi Bouygues d'être responsable de l'accident qui a fait un mort en janvier sur le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) et dit avoir fourni à la justice des documents montrant que le géant du BTP y bafoue le droit du travail.

"On a des pièces très accablantes qui prouvent qu'une des entreprises ne respecte pas le droit du travail. L'accident qui est arrivé, si tout avait été respecté, ne serait pas arrivé", a indiqué à l'AFP Jack Tord, délégué CGT d'EDF sur le chantier dont l'électricien est le maître d'ouvrage, en précisant viser Bouygues.

M. Tord parle même de "falsification de document" et de violation du droit mettant en cause "la sûreté" nucléaire à venir du réacteur.

La CGT "se constituera partie civile dans toute action qui sera diligentée et n'hésitera pas à engager elle-même toute procédure qui s'avérerait nécessaire", a précisé le syndicat dans un communiqué.

"L'Union départementale de la Manche et le comité régional CGT Normandie ont engagé la démarche le 7 février auprès du procureur de la République afin d'être reçus et d'apporter leur concours à l'enquête en cours", précise le syndicat. "Tous les éléments que nous possédons sont à la disposition de la justice", ajoute l'organisation.

"La même démarche sera effectuée auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)", ajoute le syndicat qui dénonce en particulier un "non respect du droit d'alerte et de retrait pour des salariés pour des situations jugées dangereuses".

Interrogé lundi par l'AFP, le procureur de la République de Cherbourg, Eric Bouillard, qui avait ouvert une enquête de flagrance, a indiqué qu'il avait reçu "des éléments" de la CGT et qu'il "attend(ait) l'avis technique de l'inspection du travail" pour savoir s'il y avait eu infraction au droit du travail.

L'inspection du travail devrait rendre un premier rapport d'ici à quelques semaines, a-t-il indiqué. Le parquet a demandé aux gendarmes d'entendre le syndicat. Des expertises des engins liés à l'accident sont en cours.

Le porte-parole d'EDF sur le chantier et celui de Bouygues construction ont indiqué chacun de leur côté que les deux entreprises ne souhaitaient pas faire de commentaire.

Le 24 janvier, un ouvrier de 37 ans, père de trois enfants, qui travaillait en intérim pour une société spécialisée en charpente et mécano-soudure, Normetal, était décédé après une chute d'une quinzaine de mètres. Il habitait La Glacerie, dans l'agglomération de Cherbourg. Selon le parquet, la passerelle sur laquelle il se trouvait a été heurtée par le chargement d'une grue. Le chantier compte 20 à 30 grues.

Le lendemain de l'accident, la CGT avait rappelé qu'en avril 2010 un grutier avait été licencié par Bouygues après avoir, selon le syndicat, exercé son droit de retrait. Le géant du BTP avait alors évoqué pour sa part un refus d'obéir à un supérieur. Le syndicat a indiqué que le grutier a saisi les Prud'hommes pour licenciement abusif.

L'EPR de Flamanville est l'un des tout premiers en construction dans le monde et fait figure de vitrine pour un réacteur que la France veut exporter, mais le chantier accuse un retard d'au moins deux ans.

Le père de La Canaille, coffreur boiseur du bâtiment lui disait "quand tu vois du haut d'une grue ou sur une dalle passer en bas police secours... sans s'arréter (puis les pompiers ou le SAMU quelques années plus tard) tu dis ouf!! Ce n'est pas pour un copain qu'ils viennent".


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