La chasse aux syndicats continue

Publié le 23 Janvier 2013

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Ce ne sont pas des questions locales mais bien un des fondements de la République qui est dans leur ligne de mire. Les dirigeants de droite momentanément en chômage technique ministériel ont inventé un nouveau challenge.  :


C'est à celui qui fera le "mieux" pour traquer le syndicaliste ou lui couper les vivres en attaquant au portefeuille ou au toit. 

 


Ils ont un but servir leurs patronats locaux pour réprimer les libertés constitutionnelles de s'organiser en revenant sur des droits issus d'un siècle et demie de pratiques citoyennes et d'histoire du mouvement ouvrier : chasser les syndicats de leurs locaux (mais continuer à subventionner sur fond publics les associations patronales et financer part de leurs investissements).

 

 

Jusqu'à présent Barouin, Estrosi et X Bertrand à Troyes, Nice et Soisson tenaient la corde. Cela a renforcé  les pratiques des uns et donné des idées à d'autres.

 

Dans ce grand prix, venant du diable vauvert le maire de Chateauroux est en passe de les coiffer au classement intermédiaire.

 

Faut dire que l'homme est presque une caricature de l'opportunisme de droite. Pas né dans la bourgeoisie mais commis recruté par elle, formé par les moyens de la république pour devenir instituteur, profession qu'il exercera à la manière d'une étoile filante traversant le firmament pédagogique. Il rejoint rapidement ce qui sera sa tour d'ivoire patronale au point de devenir président de la CCI de l'indre. D'où sa haine des syndicats et de la CGT en particulier liée à une accointance avec une extrême droite qui ne semble pas se plaindre de ses largesses.

 

 

Il est vrai que dans la période, avec Michel Sapin comme voisin de palier, il ne doit pas trop se sentir gêner pour manoeuvrer. (Canaille le Rouge n'a pas à ce jour trouvé trace de réponse du ministre du travail à son interpellation par les forces d'oppositions -dont le PS !- à ce coup de force) 


Les pratiques du maire de Châteauroux s'inscrivent dans ce sinistre concours à l'antidémocratisme : il réclame à la CGT 91 000€ d'arriérés de loyers, en plus de l'expulser et d'imposer un déménagement le nouveau local imposé "bénéficierait" d'un loyer mensuel de 910 € à l'entrée dans les lieux plus 26 000€ de charge annuelles.  


Il ne s'agit pas d'actes isolés mais bien d'une attaque frontale contre l'existence des Bourses du Travail, Maisons des Syndicats, des Associations, les  Maisons du Peuple. Bref tout ce qui participe à l'organisation locale de la vie associative, tout ce qui  est ou pourrait être foyer de résistances aux choix du capital. Des pratiques et décisions généralisables par jurisprudence ou coup de force dans tout le territoire de notre pays.

 

Pas un hasard si cela est engagé par des piliers notoires de la droite liés au fortement aux patrons du cru.

 

Voici comment le Journal du Centre (pourtant pas un brûlot subversif) rend compte de la journée de lundi. 

 

 

Châteauroux. Vendredi, la municipalité a fait couper l’eau et l’électricité dans les locaux de la CGT, de la CFDT et de FO. La résistance s’organise.

 

Lundi, 10 heures : quelques militants transis sont regroupés sous un abri de fortune installé à l'entrée du parking de la Maison des syndicats, à Châteauroux. C'est ici qu'ils vont assurer des tours de garde, toute la semaine, afin d'empêcher les agents ERDF de venir leur couper l'électricité. « Ils sont venus vendredi, mais voyant qu'on était là, ils ne sont pas descendus de la voiture », confie Véronique, de la CGT Territoriaux.

 " Une cinquantaine de camarades  mobilisés "

Dans le hall d'entrée, certains disposent des thermos de boissons chaudes sur une table, tandis que d'autres organisent les plannings d'astreinte. « Nous avons rappelé tous les camarades dans les entreprises : nous serons une cinquantaine à tourner cette semaine, de 7 h 15 à 18 h, poursuit Véronique. Nos retraités sont venus nous soutenir. Ça me fait mal pour eux : ils ont bossé et défendu des salariés toute leur vie pour voir ça. » 
Parmi ces militants de la première heure, René se dit « écœuré » : « Le maire, on était en classe ensemble et j'ai travaillé vingt ans avec sa mère aux PTT. Elle était à la Recette principale. Jean-François Mayet, il fait le bourgeois alors qu'il n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter, quand même ! ».
Au deuxième étage, dans les locaux de la CGT, le bureau d'Agnès, la secrétaire, ne désemplit pas. Elle est la seule salariée permanente de la CGT (avec l'employée de ménage) et elle ne cache pas son angoisse : « Je travaille ici depuis quatorze ans à temps complet. S'ils coupent l'électricité, je me retrouve au chômage technique ».
Dans son bureau, Denis Guignard, secrétaire départemental, est en ligne avec Orléans : il a rendez-vous dans l'après-midi avec la direction régionale du Travail. « La Ville franchit une nouvelle étape dans son offensive destinée à asphyxier les organisations syndicales, soupire-t-il. Nous allons rester mobilisés toute la semaine et nous aviserons à mesure des informations. Comme d'habitude, nous nous situerons dans la résistance face à cette nouvelle attaque. »
Deux étages plus bas, au rez-de-chaussée du bâtiment, dans les locaux de la CFDT, des adhérents vont et viennent, les bras chargés de bouteilles et de jerricanes. Les chasses d'eau sont remplies. Il s'agit de tenir, coûte que coûte : « En cas de tempête, il est important pour tous les marins d'être sur le même bateau », conclut Véronique.

à chaud

Jean-François Mayet, maire de Châteauroux, ne pliera pas : « Pourquoi plierai-je ? Nous avons gagné deux fois en justice. Puisque les syndicats n'ont pas voulu partir, vendredi, notre huissier a envoyé un courrier au préfet pour lui demander l'expulsion. Ça va traîner un peu car je crois que le préfet va tenter une ultime négociation. Je n'ai pas de doute sur sa volonté d'appliquer la loi. S'il refuse, je pourrais porter plainte contre lui. Mais je crois que la raison l'emportera… ». Rappelons que ce conflit a débuté il y a dix ans, le jour où Jean-François Mayet a demandé aux syndicats le paiement d'un loyer pour les locaux municipaux qu'ils occupent.

réactions

Les réactions de soutien aux organisations syndicales ont afflué, lundi. Mark Bottemine, secrétaire de la section castelroussine du PS, estime que « l'équipe en place à la mairie de Châteauroux a choisi une nouvelle fois de durcir le combat en privant d'eau et d'électricité les syndicats. Plutôt que de favoriser l'implantation de structures parareligieuses financées par des factions d'extrême-droite, l'équipe pour l'instant en place à la mairie de Châteauroux devrait retrouver le véritable sens du mot dialogue et mettre enfin un terme à la brutalité de ses décisions qui ne correspondent en rien à ce que les habitants de cette ville attendent d'une équipe responsable… »L'Unsa, s'indigne « de la politique sectaire et antidémocratique de Jean-François Mayet », et annonce qu'elle met « à disposition de ces organisations les moyens de communication et de reproduction dont elles sont privées ». La FSU s'associe à l'Unsa dans un communiqué cosigné avec les trois syndicats concernés, réaffirmant que« priver les syndicats de moyens et de locaux, c'est assassiner la démocratie et c'est contraire à l'ordre public ».
 La Libre-pensée de l'Indre indique qu'elle condamne « l'attitude de la municipalité consistant à porter atteinte aux conditions d'existence du syndicalisme », tandis queCommunistes s'inquiète : « Si la ville de Châteauroux arrivait à ses fins demain, c'est partout l'existence même des bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats qui se verrait remise en cause ».
Europe Ecologie-Les Verts (EELV Indre) demande au maire de Châteauroux« d'arrêter les provocations » et appelle « à participer à toutes les actions organisées pour soutenir les syndicats ».

Albane Ratsivalaka

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Solidarité internationale et expériences

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