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J d'Ormesson, Aragon (suite)

 

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Pour continuer sur un compagnonage peu connu où celui devenu maître parle de celui qui, dit-il, lui permettra de le devenir : 

 

 

Et toi mon coeur pourquoi bats-tu

(2003) Postface

[...] quelque divers qu'ils puissent être et même quand ils s'opposent avec violence à tout ce qui les a précédés, trois poètes surtout s'inscrivent dans notre tradition la plus éclatante : Pégy, Valéry, Aragon.

Quand nous nous interrogeons avec fièvre sur les gloires nationales à faire entrer au Panthéon, pourquoi le nom de Péguy n'est-il jamais prononcé ? Catholique souvent dissident, socialiste ardent, partisan de Dreyfus, symbole d'un esprit résistant confisqué par Vichy qui se situait à l'extrême opposé, il incarne le peuple français dans son génie et dans sa diversité. Est-il possible d'imaginer que sa mort pour une patrie ingrate sur un de ces champs de bataille qu'il avait célébrés d'avance puisse être portée à son débit ? D'une intelligence étourdissante, Paul Valéry a été une espèce de poète officiel de la République - et pourtant un vrai et authentique poète. Le plus important de tous, à mes yeux, devant Valéry et devant Péguy, celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, reste Louis Aragon, rebelle à l'enfance massacrée, mystificateur en tout genre, agitateur surréaliste, militant communiste, magicien tout terrain : son génie poétique et littéraire le situe parmi les plus grands écrivains français et l'approche de Hugo.

Jean d'Ormesson, "Postface", Et toi mon coeur pourquoi bats-tu. Paris: Robert Laffont, 2003, p. 419

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