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Irlande suite et... faim

 

 

http://www.independent.ie/multimedia/archive/00747/Cartoon_I_747484t.jpg

 

Trois jours après que l'Irlande a accepté l'aide désintéressée des janissaires de la finance européenne et du FMI, il perce quelques informations sur la façon dont la verte Erin va devoir ingurgiter la purge qui l'accompagne.

85 milliards d'euros seront "prêtés" (la Grèce avait obtenu au printemps 110 milliards d'euros). En échange, Le gouvernement irlandais se maintien en place le temps de donner des gages : il ne démissionnera qu'après avoir livré le peuple irlandais pieds et poings liés aux commissaires européens. Les détails ont été présentés ce mercredi.

A quoi vont servir les 85 milliards d'euros?

Cela devrait permettre aux banques irlandaises (toutes privées) d'augmenter leurs réserves de capitaux, actuellement de 8%, à 10,5% minimum, voire 12%.(On gonfle les coffres vidés par la spéculation avec l'argent aspiré dans les poches des victimes des agioteurs).

 

http://static.lexpansion.com/medias/9/ryanair-michael-o-leary_179.jpg

Michael O'Leary. Le PDG de Ryanair estime que le copilote ne sert à rien et veut former les stewards aux atterissages d'urgence.

L'objectif de cette recapitalisation : Aider une économie à se sortir des miasmes des bulles spéculatives qui ont accompagnées le mirage irlandais infusée par l'UE pour aider des patrons de type de celui de Ryan Air  ou  rassurer les marchés sur la santé du système bancaire de l'île, dévasté par l'explosion de ces bulles spéculatives financières et  immobilières, et jouer au vaccin H1N1 pour dissiper les craintes d'une contagion à d'autres pays de la zone euro (Portugal, Espagne Italie et… France) ?

La preuve, ce n'est pas la Canaille qui le dit mais la bible bien pensante et  encyclopédique Wikipédia. La citation in extenso :

" La volonté des gouvernements visant à ouvrir l'Irlande sur le monde ont dopé l'attractivité du pays pour les multinationales avec des taux d'impositions sur les sociétés très bas (12.5% contre 33.3% en France), une TVA réduite à 13.5%, et une fiscalité directe sur les particuliers elle aussi très favorable. Le taux de prélèvements obligatoires est particulièrement bas (30% du PIB en 2007 en Irlande, contre 44% en France ou 37% au Royaume-Uni).

Une meilleure compétitivité et l'implantation de nombreuses compagnies étrangères ont permis la création de centaines de milliers d'emplois, dans tout le secteur de l'industrie et des services. La population étant anglophone et bien éduquée, les firmes informatiques ainsi que les call-center ont trouvé en Irlande dans les années 1990 un lieu idéal où s'installer en Europe. Suite à cela, le tourisme, le commerce de détail, et la construction ont connu un développement exceptionnel".

 Le "bien éduqué" ci-dessus surligné posé devant la situation d'aujourd'hui et les turpides ecclésiastiques aussi diverses que criminelles et récurrentes pourraient, vue la situation économique, si cela n'était pas hors du registre de la canaille dire que c'est un peuple qui à le don pour se faire… avoir.

 Autre élément de preuve

Bien sur si on donne aux banques d'autres rembourseront, intérêts et capital. Qui ? Les peuples. Ceux des pays préteurs qui voient leurs garanties sociales amputées pour assurer les trésors de guerre mobilisés et ceux des emprunteurs (Grèce, Ireland et …ceux à suivre)  qui vont à la fois payer et rembourser!

http://www.ouest-france.fr/of-photos/2010/11/23/SIGE_3315753_1_apx_470_.jpg

L'Irlande va également devoir accepter d'augmenter ses participations dans deux des banques les plus touchées par la crise, Allied Irish Bank (AIB) et Bank of Ireland. Selon les médias irlandais, l'État va prendre le contrôle de 99,9% du capital d'AIB et devenir l'actionnaire majoritaire de la Bank of Ireland, dont il détient jusqu'à présent 36% du capital. Théorème de base du "libéralisme", axiome de Davos : On nationalise les pertes et on privatise les profits: pas de menottes ou de cachot pour les financiers qui ont poussé leur pays à la faillite. Normal,  leurs mentors (le nom est à la mode) ou coachs (nous sommes en pays de langue anglaise) ont cumulé les prix Nobel d'économie au rythme de l'envol spéculatif et des ruines sociales cumulées.

Les 85 milliards n'irons pas en totalité à la consolation des spéculateurs : Outre la recapitalisation des banques, reste un fond de cuve du plan de sauvegarde sera destiné aux dépenses quotidiennes de l'État irlandais, qui a actuellement besoin de 19 milliards d'euros pour ses besoins courants. Solidarité? Va pas la tête? Un banquier philanthrope, c'est comme un PDG du CAC40 il peut clandestinement s'en trouver un qui un soir de cuite à signer n'importe quoi  et se soit excusé ensuite, ce n'est pas la référence de l'espèce.

Nos altruistes hommes de coffres ont demandé des contreparties.

En échange du prêt de 85 milliards d'euros, l'Irlande devait prouver sa capacité à stopper le dérapage de ses finances (son déficit public culminera à 32% du PIB cette année). Il y a «des mesures à prendre pour que le pays revienne sur le chemin de la stabilisation» de ses finances publiques, avait averti la chancelière allemande Angela Merkel (délicieuse assistante sociale détachée auprès du capital en souffrance).

 

Le gouvernement irlandais a donc ce mercredi présenté l'ardoise à ceux qui vont la régler : les détails d'un nouveau plan de rigueur - le quatrième depuis 2008. Le coût de cette austérité? 15 milliards d'euros, d'ici à 2014.Noter au passage : les 15 milliards évoqué plus haut sont le financement de la purge qui doit en coûter 85 au peuple irlandais :  10 milliards d'économies budgétaires plus 5 milliards de revenus supplémentaires générés par des hausses d'impôts tout cela pour de revenir dans les clous de… Maastricht (déficit public limité à 3% du PIB) et cela en quatre ans, dont 40% du plan réalisé sur l'année 2011.

 http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200910/63069_une-irlande.jpg les irlandais ne s'y trompent pas 

Pour cela,  24.750 emplois publics seront supprimés, pour revenir au niveau de 2005. En outre, le salaire horaire minimum sera abaissé de 8,65 à 7,65 euros. Du côté des revenus supplémentaires, le taux de TVA doit augmenter de 21% à 22% en 2013, puis à 23% en 2014. Comme on le voit ce plan est d'une grande non pas égalité mais dans l'air du temps : équitable. Comme ce sont les spéculateurs qui ont le plus perdu normal qu'ils paient le moins. Donc, le peuples qui s'est goberger des reliefs du repas tombé de la table des ministres intègres, celle des  patrons de Ryan air et autres boites de type Microsoft : puisqu'ils ont pu y gouter, à eux de payer.

L'art de l'euphémisme est vrillé à l'esprit irlandais comme la galéjade l'est à l'humour du midi chez nous :

"Des «désordres sociaux» sont à prévoir", assure un des responsables d'un des principaux syndicats du pays qui appellent à une manifestation massive samedi.

 

L'ampleur de l'austérité va assassiner  l'économie irlandaise. «Le plan va tuer le peu de chances de reprise en Irlande», juge l'économiste David MC Williams dans une tribune publiée par l'Irish Independent.

Gageons que les banquiers irlandais ne manqueront pas d'oranges à Noel. Elles ne pousseront pas sur le sol de l'île  mais comme ils auront 70 milliards d'euro d'argent public pour se gaver dans les paradis fiscaux. Comme partout en Europe, partout sur la planète les peuples paieront.

Le flegme irlandais à une limite : Le pays qui a subit Cromwell et ses tueries a aussi dans ses valises ses gavroches. Sean Thornton  en est un aller vite revoir l'Homme tranquille. Et la prise de Dublin par les insurgés du Sinn Fein n'est pas une légende.

 

http://cinemaffiche.com/images/grandes/Homme%20tranquille%20(l')%20(B).jpg

 

PS : Urgent : Y –t-il parmi les lecteurs de la Canaille quelqu'un qui puisse offrir ses services de traducteurs à Decaillons Joël (vous savez celui qui officie comme joint-venture syndicale entre la direction de la CGT, la CES et la CFDT) ? Depuis  le mercredi 10 juin 2009, aucun texte de la CES sur les casses sociales et aucun appel à la mobilisation internationale pour lutter contre la politique de l'UE. Comme les congrès de la CGT (dont Decaillon à la tribune)  nous avaient dit et répété que c'était une chance pour tous les travailleurs il doit s'agir d'un problème technique de traduction qui nous empêche d'avoir ces appels qu'on devine pathétique et mobilisateur contre l'hégémonie du capital mondialisé. Dans les communiqués en ligne, PAS UN MOT SUR L'IRLANDE, NI SUR LA GRECE, NI SUR LE PORTUGAL NI SUR... du moins concernant leurs travailleurs

Mais peut-être qu'il n'a pas le temps, mobilisé qu'il doit être à défendre l'union locale de St Quentin (menacé d'expulsion par X Bertrand, maire St S Quentin et ministre du travail), UL dont JD, dans une vie antérieure fut un temps adhérent. Se rappelle-t-il que le SERNAM auquel il appartenait à été liquidé par le gouvernement Jospin (rappelez moi le nom du ministre, celui qu'entre nous on appelait "lou ravi de la crèche") au nom d'une directive européenne qui imposait la libre concurrence dans le transport ferroviaire? Vous savez cette UE que la CES, statutairement, à décidé de défendre.

Moi, je serais Decaillon, pour quelques temps j'éviterai d'aller taquiner le saumon ou chasser la bécasse dans le Connemara. Le flegme irlandais à une limite : Le pays qui a subit Cromwell et ses tueries a aussi dans ses valises ses gavroches. Sean Thornton  en est un aller vite revoir l'Homme tranquille. Et la prise de Dublin par les insurgés du Sinn Fein n'est pas une légende.

 

 

 

 

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