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Irlande, Islande, quand le "S" prend l'air, le "R" de l'Eire a un drôle d'air

http://www.la-croix.com/mm/illustrations/Multimedia/Actu/2008/12/21/Islande_article.jpg

Les Islandais manifestent dans le quartier des affaires de Reykjavik, le 6 décembre 2008 

 

Prenez l'"R" et cachez-moi ce "S" que je ne saurai voir

L'Europe, du moins ceux qui parlent d'elle comme d'une icone extatique, une divinité porteuse de la félicité dans un au-delà socio-économique inatteignable au manant lambda, l'Europe donc qui fit endosser une des ses crises précédentes à un volcan islandais et aux habitants de l'ile, cette Europe dont le siège est à Wallstreet et qui n'avaient su contenir la faillite de ses banques privées fait sonner ses fiscalo-banquaires vuvuzelas et bouger ses miroirs aux alouettes pour nous inciter à regarder la crise irlandaise… bref à tourner nos yeux ailleurs.

Pendant que sur le dos des peuples d'Irlande, ils ne manquent pas d'"R", nos "milieux politico-financiers" zotorisés rament comme des fous pour éviter qu'on regarde de nouveau  l'Islande. C'est qu'au pays du "S" on met en piste des solutions qui peuvent inspirer les habitants du pays de l'"R" et les autres, des solutions qui ne manquent pas d'air.

L'éruption du volcan islandais Eyjafjöll en 2010 nous avait fait oublier l'autre l'éruption de la crise bancaire. Et là, si les islandais ne savent pas plus que les sardes ou les napolitains maîtriser les laves et fumées, par contre ils ont décidé de se donner les moyens de dompter les nuées ardentes du capital financier.

Juste après  le krach boursier de New-York en 2007, c'est la faillite des trois principales banques islandaise qui ne peuvent répondre à la panique de leurs clients britanniques et hollandais.  Le Fonds monétaire international (FMI) a ainsi dépêché une équipe sur place. L'agence de notation financière Standard and Poor's a, elle, abaissé de deux crans la note de long terme de l'Islande, la faisant passer de "A-" à "BBB".

Et derrière traitement habituel, saignée et purges des plans de rigueur extrême, nationalisation des pertes à supporter par le peuples, sauve qui peu les profits à exfiltrer du pays. Bref, un effondrement économique de l’île, avec la chute du niveau de vie de la population, mais aussi le gouvernement sèchement congédié par les islandais qui vont aux élections générales. Les fumées du volcan servaient à masquer cela.

Nouveau gouvernement qui a le peuple en permanence accroché à ses basques (là est l'efficacité et l'issue), une succession de gouvernements à majorité gauche-vert et d’interminables négociations avec les institutions bancaires internationales. Les premiers résultats font fumer le volcan populaire et tousser les banquiers. Les citoyens islandais qui se prononcent  par référendum contre tout remboursement des dettes des banques dont les dirigeants étaient poursuivis pour fraudes et enrichissement illicites.

Jusqu'à ce 27 novembre où les électeurs islandais étaient appelés à élire leur Assemblée Constituante. Comment ça? Constituante? Et depuis quand un peuple aurait le droit d'être souverain qui plus est un peuples qui a souverainement envoyé aux pelotes les banques, agioteurs spéculateurs et politiciens qui les a mis dans la panade ? Attention les Islandais sont atteint d'un virus qui risque d'être contagieux. Ils veulent décider sans les marchés. Ils disent non aux agences de notations et considèrent que les pertes des faillis au pire nourrirons les harengs au mieux feront du compost et certainement pourrons faire de la pate à papier. . ces gens sont dangereux.
 523 candidats pour de 25 à 31 constituants élus au suffrage universel direct et représentant les 320 000 habitants de l’île.
Plusieurs thèmes sont maintenant proposés au débat des constituants, correspondant aux sujets les plus fréquemment évoqués, même si cette Assemblée Constituante peut aussi se saisir de thèmes supplémentaires.

Avec ce qui précède, on imaginait déjà pourquoi il valait mieux parler des déboires de madame Dati, des voyages de Fa#, ou des rabibochages de la l'Oréal connexion.

Mais en plus, imaginez, voila de quoi le scrutin du 27 novembre a traité :
"Seront soumis à la décision de cette Assemblée constituante (repris sur différents textes de presse et dépêches d'agence) :

- les bases de la constitution islandaise et ses concepts fondamentaux ;
 -l’organisation des branches législatives et exécutives et les limites de leurs pouvoirs ;
 -le rôle et la place du Président de la République ;
 -l’indépendance de la magistrature et leur surveillance des autres détenteurs de pouvoirs gouvernementaux ;
 -les mesures pour les élections et les circonscriptions électorales ;
 -la participation des citoyens au processus démocratique, y compris l’organisation de référendum, y compris un référendum sur une loi constitutionnelle ;
-le Transfert des pouvoirs souverains aux organisations internationales et conduite des affaires étrangères ;
 -les affaires environnementales, y compris la propriété et l’utilisation de ressources naturelles. "

Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social dans le cadre d'un pays qui proclame sa souveraineté par le peuple. On imagine mal l'impérialisme laisser les islandais en paix mais pour l'instant à l'entrée de l'hiver 2010, ils en sont là.

Imaginez toujours , en France où on donne le plus à ceux qui profitent d’un système de prébendes, de privilèges administratifs et fiscaux, d’inégalités, oui, imaginez un parlement dire non à la bandes à Fa#, exiger de Bolloré qu'il rendre des comptes en France et en Afrique, qui décide de priver Bouygues de télé, qui mettrait les Dalton escrocs de la sécu et des retraites en prison,  B Arnault nationalisé comme le serait aussi la BNP, la SG le CL et tous les autres, tous les Tapie mis au tapis, Dassault marchand de glace sur la côte pour boucler ses fin de mois (et ce ne serait pas un mirage). Imaginez que les responsables politiques rendent des comptes et pour cela soient révoqués et poursuivis en justice.

C'est ce qu'ils font à Reykjavík.

Aujourd’hui où, partout en Europe, les parlements vont au devant des exigence des intérêts financiers pour voter des plans de rationnement des populations, de casses des services publics, de pillage des fonds sociaux et publics, cet évènement indique, une fois encore, que seule la souveraineté du peuple permettra de trouver une issue politique à la crise économique et sociale.

Vous avez compris pourquoi de Pernaut à Pujadas en passant par Chazal, Ferrari et tous les autres, courtisans du cénacle, ils ne vous parlent plus d'Islande.
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Une des nombreuses récentes manifestations du "Parlement de la rue" (Alþingi götunnar) à Reykjavík, la capitale la plus au nord de la planète. Slogans : "Tuons le capitallisme" (Drepum auðvaldið), "Démocratie" (Lýðræði), "Icesave mon cul", "Le pouvoir au peuple" et (en français!): "Vive la révolution !" 

 

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