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H1N1, protection sanitaire et sociale, Ambroise Croizat

 

C'est quoi ce mélange, Canaille ?

 

Rien, juste une idée, rien qu'une idée.

Mais je crois qu'elle demande d'aller jusqu'au bout :
 

On a inauguré hier une place A Croizat à Paris. Cela a été l'occasion à partir de l'action de ce métallo syndicaliste communiste de rappeler la manière dont a été mise en place une protection sanitaire et sociale qui a fait exemple dans le monde.

 

Dans des temps pré ultra-libéraux, à l'époque où avec De Gaulle et d'autres dont les communistes parmi lesquels Croizat, puis les mêmes, sans le Général parti faire reluire ses étoiles dans le désert, les travailleuses et les travailleurs avec leur gouvernement reconstruisaient le Pays.

 

Un temps où les ordonnances issue du CNR soulevaient le pays d'espoirs et de satisfaction, installaient entre autres la sécu et ne les mettaient pas dans la rue plein d'indignation contre celles qui vingt ans plus tard s'attaqueraient, avec de Gaulle de retour, à engager la casse des acquis de la Libération.

 

Un temps donc où se mettaient en place avec cette  protection sociale et la sécu, les retraites, une médecine scolaire, une du travail.

 

Une époque où la mise sur le marché des médicaments à partir de laboratoires de recherches publics et leur fabrication sous tutelles, en amont, du ministère de la santé publique, était contrôlée par la pharmacie centrale des hôpitaux et distribués à des centres de santé de proximité, de médecine scolaire ou du travail qui organisaient les campagnes de vaccination et de prévention.

 

C'est grâce à cette organisation que la poliomyélite aux dégâts tragiques  a été contenue puis éradiquée, la tuberculose supprimée et les maladies infantiles souvent mortelles jugulées.
 

 

vaccination dans un centre de PMI

 


La volonté de "libéraliser" (lire mettre dans l'espace de la rentabilité capitaliste) va faire tailler à la machette dans la protection sanitaire et sociale. De 1967 à nos jours, tous les gouvernements, TOUS, y ont pris part avec un zèle particulier de 95 (plan Juppé non remis en cause en 97) à 2009 dont l'accélération des 5 dernières années.

 

C'est sur les décombres d'un système social exemplaire que se développe la pandémie.

 

Il ne s'agit pas ici de s'en prendre aux praticiens de quartier ou de campagne qui de toute façon, avec les effets du numérus clausus de la loi Debré des années 70 (pour les plus jeunes, le père des deux réac de l'UMP)  sous-équipant le pays en médecins de proximité, les exclus de fait de toute participation possible à la campagne de vaccination.

 

Prévention et protection sanitaire des mineurs ?

Les médecins et infirmier(e)s scolaires sont contraints de faire grève pour garder un minimum de couverture sanitaire. Comment vacciner une population à risque (les moins de vingt ans) et remplir le reste de leurs obligations légales de leur charge ? Notez au passage, pour le fun, que la première apparition de médecine scolaire est  en 1793 (encore et toujours la Révolution), dans un discours de Lakanal, à propos d’une préoccupation de santé dans les écoles près d'un siècle avant  l'invention de l'école publique laïque et obligatoire de la République des Jules massacreurs de la Commune.

(ben oui, les 7 nains, sont pas mineurs dans l'civil?)

 

 

 

Selon la FSU, en 2004 on comptait 1340  médecins titulaires et 790 équivalents temps plein en vacation, soit une moyenne d’un médecin scolaire pour 8000 élèves (jusqu’à 1 pour 18000 !) ce qui ferait plus de 11 jours de travail à temps plein, 6h00 par jour à piquer deux élèves à la minute si il venaient sur les lieux de vaccination et donc sans trajet d'un établissement à l'autre de leur territoire. (Et là nous laissons de côté les étudiants, tous les enseignants et personnels de l'éducation nationale). On fait comment pour vacciner en un mois ?

 

Prévention et protection sanitaire des salariés ?

Quant à la médecine du travail, un décret paru au Journal officiel le 30 juillet 2004 modifie la périodicité de la visite médicale qui passe de douze mois à vingt quatre mois, excepté pour les salariés soumis à une surveillance médicale renforcée.

Le nombre maximum d'entreprises en charge par médecin passe de 300 à 450 et le nombre maximum annuel de salariés suivis passe de 2.700 à 3.300. Les patrons se frottent les mais (autant de journée de production gagnées pour les profits) et notez pour ce qui est au cœur de ce papier, sur la base de 220 jours travaillé par an de 12 à 15 visite par jour si on voulait vacciner tous le monde su un mois  de 220 à 250 par jour. On fait comment pour vacciner en un mois ?

 

 

Et là, la fermeture des centres de santés de proximité met la France dans l'impossibilité de faire face à ses obligations sanitaires et laisse les retraités et personnes âgés enjeux d'affrontement entre santé publique et appétits de la médecine privée. Coup de pot, les grippes espagnole asiatique et autre millésime assureraient immunisation pour ces catégories

 

Voila ce que la marche forcée vers les critères du marché nous fait exploser en pleine figure.

le gouvernement compte mobiliser l'armée

 


a y est, Canaille nous la refait nostalgie administrée bureaucratique".

-P'être ben mais cela marchait et bien.

 

 

Lors de la mise en place de la protection sociale en 1945, les dépassement d'honoraires n'existaient pas ni le secteur privé dans les hôpitaux et le salaire socialisé des travailleurs servait aussi à soigner gratuitement dans des centres de PMI et dispensaires d'hygiène médicale et sociale non démantelés aux bénéfice des cliniques privées qui veulent bien (exigent même ) y concourir mais en raflant les cotisation sociale qu'elles ne paient pas comme employeurs au nom des allègements de charges.

 

La médecine des établissements privés, les profits des labos garantis par des contrats aussi secrets que juteux sur des produits traités comme des marchés et non des outils de soins, cette médecine du chéquier (autoproclamée libérale mais en l'espèce, aux conséquences sociales redoutables , laissant place à toute les rumeurs charlatanesque qui décrédibilisent les campagnes publiques de vaccination) exigent de toucher les fonds issus des cotisations sociales qu'elle s'évertue (comme les autres patrons) à ne pas ou peu payer.

 

Et voila comment avec la casse de la santé publique pour transfuser les cotisations des assurés sociaux et de la Sécu vers la médecine concurrentielle et les labos privés, il est maintenant matériellement impossible à la puissance publique de faire face à ce type de crise médicale.

J'en connais qui sont disponibles pour la solution Helvètes surtout si le tamiflu n'est pas dissout dans de l'eau distillée :

 

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