Grenoble : le jour où Fa# brunit.

Publié le 2 Août 2010

Ça empire de pire en pire dans ce qui est de moins en moins une république et de plus en plus un Etat français.

 

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Depuis Grenoble, sans vergogne, notre  maréchalistricule,   pitbullissime de Neuilly en remet une couche au point de risquer de faire paraître Laval pour un petit gauchiste de sous préfecture.

Les protestations devant les mesures pétainistes annoncées se multiplient (et c'est tant mieux). Encore faudrait-il qu'elles soient d'une telle force qu'elles imposent un recul, une réelle capitulation à ses auteurs et instigateurs et pour cela ne pas s'en tenir à la dimension morale indispensable mais insuffisante. Pour cela battre cette droite qui brunit à vue d'œil, il faut creuser pour mettre à jour les racines de la démarche de cette droite au pouvoir au service exclusif de ce capital arrogant.

Pour leur donner toute l'efficacité nécessaire, il ne faudrait pas faire d'impasses sur les motivations réelles qui conduisent à ces reculs de l'humanité et des valeurs de la République qui blettissent l'image de la France. Il manque une donnée forte dans la réflexion. Est-ce seulement par pulsions racistes et sécuritaires que le pouvoir va dans cette voie aussi glauque que stérile ou pour d'autres raisons plus profondes, inavouables, et pour autant incontournable pour la caste en place ? Non, mille fois non!

D'un côté un capitalisme empêtré dans une crise aussi profonde qu'insoluble dans le cadre des institutions et réglementations actuelles qu'il a pourtant pensées et portées, doublé d'une caste de nantis tellement déconnectés du monde réel qu'ils n'arrivent même plus à mesurer combien tous leurs actes quotidiens choquent, écœurent voir créent de la colère.

Une caste qui perçoit malgré tout que cela ne peut durer indéfiniment en l'état et combien monte le divorce entre le monde où elle s'ébat et celui où se débattent au quotidien la majorité des habitants de ce pays. Et donc mesure que ce qu'ils appellent l'état de droit, les outils de leur Etat au service de leur droit, ne sont plus suffisamment coercitifs pour les assurer de pouvoir contenir les colères et exigences sociales que leurs pillages éhontés produisent.

Ils renforcent donc le quadrillage pour tenir le terrain. De même que le duo Woerth- Sarkozy organise la façon de se servir sans vergogne dans les coffres, le couple Hortefeu-Sarkozy est là pour contenir et réprimer ceux qui voudraient faire cesser le pillage ou qui payés par l'exemple de la caste au pouvoir veulent faire de même, avec leurs propres méthodes pas meilleures parfois plus violentes, pour se servir dans le gâteau.

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Le grand guignol de la policiarisation des préfectures (après avoir sortie la gendarmerie de l'armée pour la mettre sous la coupe des préfets et donc de Beauvau), les divers fichiers qui encadrent toute la vie civile et sociale sont au cœur de ce dispositif: liquidation de ce qui reste d'une police citoyenne pour en faire un corps de janissaires, les GMR de Neuilly. Stigmatisation des uns, traque et matraques des autres, gardes à vue et investissement paramilitaire des quartiers, ZUP ou des usines en grève. De Thiers à Clémenceau, de Raynaud à Frey en passant par Marcellin ou Papon, les références ne manquaient pas à ce pouvoir. Il rajoute Bousquet à sa boutonnière.

Face aux valeurs républicaines et la constitution, cela ne passe pas et ne peut passer. Voila le pourquoi de leurs manœuvres. Tout le reste en découle : l'état, l'état capitaliste bourgeois à besoin de se doter d'autres outils plus violent plus répressifs pour protéger le capital. Chaque minorité réelle ou crée de toutes pièces pour la cause permet de construire le rempart en faisant croire à l'usage marginal de ce qui est un dispositif global. C'est raminagrobis en queue de pie.

Notre riposte doit être à la hauteur. Sortir du piège ne se fera pas sans la construction de l'alternative à cette politique.  Elle demande non pas de chercher un consensus autour d'un marché policé mais de s'affranchir de ce qui organise la pérennisation du système : l'état capitaliste et de cet état tout court qui ne vit que pour le servir, de réfléchir à une organisation sociale de la société qui l'affranchisse de ces rapports de domination, de maintien par toutes les violences du droit d'exploiter qui s'oppose à la libre association des producteur eux-mêmes comme le disait les utopistes du 19ème siècle, les communards puis les communistes qui ont fait le congrès de Tours.

Hors d'atteinte? Le rouleau compresseur des dictateurs du libéralisme à tout crin serait-il incontrôlable? Encore non. Il n'y a pas d'idée neuve dans cette droite: ils ne font que ressortir les lois de vichy contre les juifs pour s'en servir d'abord contre les Roms. Et après pour qui? La "Bettencourt- l'Oréal connexion" devant la scène mais aussi  le passé de certains des ministres de ce gouvernement ne met personne à l'abri. Plus de Vel d'hiv? Restent les centres de rétention, leurs barbelés, leur miradors et chiens de gardes, moderne lieux de concentrations des indésirables.  Notez au passage la criminalisation de la maladie mentale, le traitement exclusivement carcéral de la délinquance des jeunes et l'amnistie permanente voir le non traitement de la délinquance financière, les liens privilégié de ce gouvernement avec les dirigeants des états liés au trafic mondial des stupéfiants.

Une fois de plus la bonne vieille réaction française va s'appuyer sur ses jarrets à bandes molletières pour stigmatiser l'autre, l'étranger si possible plus ou moins trafiquant cosmopolite cause de tous nos maux en oubliant au passage qu'il y a 50 ans, coïncidence du propos et du calendrier, les étrangers d'alors par la grâce de l'Empire, pour les fortunes des mêmes qu'aujourd'hui; dont ceux du "Fouquet's" de 2007", était des citoyens français de secondes zones pour les droits politiques mais de première ligne sur les champs de bataille.

C'est aussi oublier le nombre de ceux qui se sont en masse engagés dans l'armée française pour défendre les valeurs de nos 4 septembre et de Valmy. Les motivations de ces engagements entre 1938 et 1940 n'était pas, loin s'en faut, les mêmes que celles de ceux qui discrètement se mirent à l'abri des fanions de la légion étrangère dans les années 45-47. (Peut-être faut-il voir là une des raisons de ce repère du demi siècle avancé par le jivaro au neurone bleu horizon qui occupe le pouvoir plutôt que celui de la Libération fondatrice de la France moderne).

Cela dit, ce n'est parce qu'elle est mauvaise que cette politique tombera d'elle-même comme un fruit mûr. Croire cela est dangereux d'autant que d'autres, aussi répugnants, sont en embuscades.

La condamnation de principe ne peut suffire. Là est le risque. Il faut expliquer les causes montrer les liens de causalité entre les actes et leur fondements. Et construire l'alternative sociale, économique et politique à ce système. C'est pour avoir cessé d'y travailler que le PCF n'en finit pas de disparaitre et cet été totalement inaudible. C'est pour ne pas s'y attaquer que le PS à cesser depuis un siècle de faire peur  au Capital au point de le voir trier parmi les siens les dirigeants de ses outils mondiaux de régulations et d'exploitation des peuples (OMC, FMI, etc.).

Ce système dont la crise aux spasmes toujours plus violents est maintenant le mode exclusif d'évolution est à bout d'humanité mais pas à bout de souffle. Il doit et il sait faire cela toujours plus et mieux broyer pour maintenir la rémunération des capitaux, ce fameux taux de profit qui explique casse industrielles, délocalisations, régimes autoritaire ici, dictature là, répression des militants ici, assassinats des syndicalistes ailleurs, et toujours les mêmes grands groupes industriels et financiers à la barre ou dans les états major civils et militaires pour mener le bal des coercitions, répressions, décimations voir massacres de masses. Il ne s'agit pas d'un dérapage du maréchal des logis du Fbg St Honoré mais de la poursuite avec les moyens permis par le rapport de force d'aujourd'hui des conditions d'exploitation pour extraite jus du profit en pressant les peuples. C'est ce rapport de force qu'il faut vite travailler à profondément changer et d'abord se doter d'une organisation qui se fixe comme objectif central de supprimer ce rapport social d'exploitation qu'est le capitalisme, de rendre impossible le retour de ce vieux monde à supprimer.

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Pendant qu'ils soldent la France, la braderie continue

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Coup de gueule

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Tourtaux 03/08/2010 15:08



Salut Canaille le Rouge!


Pour saluer ton retour parmi les tiens, j'ai mis cet excellent article sur mon blog.