Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Good bye les Joliote Kiouri

http://www.laradioactivite.com/fr/site/images/Joliot_Curie_neutron.jpg

Irène et Frédéric Joliot-Curie dans leur laboratoire

 

 

Depuis quelques jours, parmi les diverses indignations qui bouillaient à partir des casseroles que le PS accroche à la France, à propos des rafales de mesures contraire à toute culture, souveraineté et son périmètre, une de celles-ci concerne la question des cours présentés en anglais dans les universités françaises. 

 

Canaille  le rouge n'est pas choqué qu'un étudiant français puisse aller à Londres étudier Shakespeare en Anglais et même y trouve nombre d'avantages, se cultiver, c'est être curieux, échanger, comparer et  mutualiser. Mais venir à la Sorbonne pour entendre expliquer les finesses de Rabelais dans la langue de l'auteur de Richard III, sauf à ce que l'enseignant soit lui même anglophone ou non francophone est pour le moins exotique et plus que discutable. La langue c'est comme pour Hamlet : to be or not to be. Cet argumentation vaut aussi pour les activités scientifiques et de recherches ce qui suit en fera démonstration.

 

Chacun sur une question peut s'indigner et ne pas savoir comment faire partager son indignation, c'était le cas pour Canaille le Rouge quand il a reçu ce texte de Jacques Maillard qu'ici déjàsur ses p@ges, sur d'autres aspects, vous déjà eu l'occasion de croiser et de connaître. Son papier est sur le site du Comité Valmy link.


Ce texte, sur ce sujet dans la période, est certainement celui qui  a été écrit de plus politiquement affûtés  et rejoint avec beaucoup plus d'arguments et de précisions que La Canaille ne saurait le faire avec ses impressions plus floues mais suffisantes pour qu'il veuille avec cet article vous faire partager sa colère.


Le Voici :


Jacques Maillard, chercheur au CNRS en physique des particules, répond au colletif de six chercheurs scientifiques, dont quatre dirigeants d’institutions nationales publiques, qui dans une tribune au Monde du 8 mai « Facultés : les cours en anglais sont une chance et une réalité »prône l’emploi de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur en France. Jacques Maillard rappelle que : « La langue est un élément fondamental de l’existence d’une nation et de la cohérence d’un peuple. »


Les signataires de cette tribune qui sont en charge d’institutions dont l’activité est vitale pour l’avenir de notre pays ont bénéficié d’un enseignement de très haute qualité, dans leur langue maternelle, payé par la nation. Pourtant ils s’autorisent à participer à une attaque délibérée contre notre langue nationale, et arguent de leur position pour refuser aux étudiants d’aujourd’hui le droit à recevoir ce même enseignement dans leur langue, qui est celle de leur pays.


Ils prétendent que liberté serait laissée aux professeurs d’enseigner dans la langue nationale, alors même qu’ils savent très bien que les lois actuellement mises en place, et les traités européens, pourraient imposer, lorsque la dernière barrière ( la loi « Toubon » ) serait détruite, le passage au tout anglais.


Ils feignent d’ignorer que le premier but de l’université n’est pas de s’insérer dans un « prétendu marché international de l’éducation » mais de former des étudiants français, dont eux-mêmes, et les parents de ces étudiants et tous les Français, payent les études par leurs impôts. Ils omettent la motivation principale de maints étudiants étrangers, qui viennent en France pour sa culture, dont sa langue.


Ils se trompent, et leurrent leurs lecteurs, en prétendant que « passer à l’anglais » pour singer les universités étasuniennes augmenterait le renom des universités françaises, alors que le seul effet serait de faire préférer l’original à la copie. Ils taisent que de grands pays (Russie, Chine...) maintiennent tout leur enseignement dans leur langue nationale. La Chine a décidé récemment de supprimer l’épreuve d’anglais obligatoire pour les scientifiques, ayant remarqué que cette obligation « baissait le niveau » (agence Xinhua). En effet la langue est un élément fondamental de la structure du raisonnement.


Ils dédaignent leurs compatriotes, car c’est détruire l’égalité que de réserver l’accès à la connaissance à une minorité élevée dans une langue étrangère. Leur plaidoyer n’est-il qu’un prétexte pour justifier d’aggraver la séparation des classes sociales ?


Ils méprisent les citoyens des pays francophones, dont les études seraient dévalorisées sans recours, et qu’ils inciteraient donc à se tourner vers l’anglais. Prétendre qu’imposer l’anglais développerait la francophonie est une absurdité malhonnête.


Ils glorifient des actes contraires à la loi, et même à la Constitution, consistant à imposer – déjà - des cours en anglais, au lieu de proposer des cours de français aux étudiants étrangers pour leur permettre de suivre les cours (des cours de mise à niveau leur sont d’ailleurs refusés). Ces abus maintiennent un handicap permanent pour ces étudiants lors de leur séjour en France, pendant ou après leurs études. Ils handicapent aussi les chercheurs français, forcés de communiquer avec leurs étudiants en anglais, alors même que ces étudiants ont passé des années en France, et désiraient parler français.


Ils confondent sciemment l’enseignement, la recherche, la publication et l’échange oral, actions diverses dont chacune a ses modalités et ses nécessités propres. Si l’anglais est utilisé dans la plupart des communications et des publications (mais pas toujours, heureusement), le français est, peut et doit rester la langue de travail pour les chercheurs français (ce qui a été rappellé par le plus important syndicat des chercheurs, le SNCS/FSU, lors de son dernier congrès). Passer au « tout anglais » n’entraînerait que destruction et corruption de notre système d’enseignement et de recherche scientifique.


Est-ce là leur vœu ?


Enfin ils étalent leurs titres et de leurs responsabilités, passés et présents, en restant discrets sur les services rendus aux pays anglophones avec lesquels ils collaborent régulièrement, et surtout en passant sous silence qu’ils ne doivent leur formation intellectuelle et leur carrière qu’à la République, notre institution commune qui assure la solidarité de tous nos compatriotes. En science les arguments d’autorité n’existent pas. Seules la démonstration et la preuve font autorité.


Dans un débat qui engage tout l’avenir de notre Nation, l’abus d’autorité n’a pas sa place.


Le 9 mai 2013

Réponse de Jacques Maillard membre de la direction du Comité Valmy, à l’article de MM Fuchs, Berger, Haroche, Petit et autres dans Le Monde en date du 8 mai 2013

Mise en ligne : 10 mai 2013

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article