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Faudrait-il regretter Chirac?


 

"Il arrive à nous faire regretter Chirac". Qui n'a pas entendu cette phrase durant l'été?

Elle montre deux choses : la profondeur du rejet de la politique aujourd'hui en œuvre. Mais aussi et surtout, dès lors qu'on se rappelle des mouvements de lutte contre la politique du précédent gouvernement combien les politiques suivies sont toujours en aggravation pour la masse des gens parce que toujours allant en s'améliorant pour le capital.

Pourquoi s'en étonner ? Le trombinoscope politico social montre que ce sont les mêmes qui ont soutenu et porté Chirac au pouvoir qui quasi unanimement portent et soutienne Fa#, "enrichi" par un élargissement venant de certains qui ont soutenu Mitterrand ou La candidature de Villers. C'est en cela que la comparaison avec Etat français de Vichy est tentante.

Mais en rester là entretiendrait l'erreur.

Si le gouvernement de Chirac a pu travailler de la sorte pour le plus grand bénéfice de la fortune et contre les intérêts populaires c'est que l'électorat populaire s'est détourné de ceux qu'il avait mis en place en 1997. Et de fait une privatisation de 2000 ou de 2010 est toujours une privatisation, une diminution du pouvoir d'achat en 1985 est toujours une diminution du pouvoir d'achat  en 2000 ou 2010 et toujours au bénéfice des dividendes et rentes des mêmes puisque tous de ce CAC 40 symbole des grandes fortunes.

Notons que si Mitterrand ne nous a pas fait regretter Giscard, à l'impossible nul n'est tenu, il n'empêche que Mitterrand et son passif ont réussi à ne pas nous faire regretter …Mitterrand tout en combattant Chirac.

La nouveauté de cette rentrée, cela  va peut-être aider le mouvement populaire, c'est la conjonction possible (et souhaitable) de la riposte politique après l'attentat aux valeurs républicaines des décisions xénophobes et racistes du pouvoir et le rejet de sa politique sociale autour du dossier des retraites, de l'emploi et des salaires.

La coupe est tellement pleine que les organisations syndicales qui frileusement se cantonnaient dans un domaine réservé auto décidé regarde un peu plus ce qui a toujours été de leur espace de compétence et entre-ouvre ainsi une possibilité de faire le lien indispensable. Le 4 et le 7 vont servir aussi à pousser cela.

Cela dit aider ne signifie pas régler tant dans les deux espaces les solutions retenues par ceux qui nous appellent à manifester ne sont pas au diapason des exigences.

Au plan social persister à dire qu'il faut une réforme de la protection sociale et des retraites quand patronat et pouvoir usent des mêmes mots pour les détruire est en plus de la fausseté de l'analyse contre productif. Sur le terrain politique, ceux qui appellent à intervenir politiquement refusent de chercher les moyens réels de répondre aux attentes populaires.

Les "Zuniversités d'été" des forces de "gôche" en témoignent. Tout le panel des formes de critiques. Tous d'accord pour aller remplacer l'équipe à la barre du navire France, prêt à débarquer l'équipage avec le sien disponible, aucun pour dire quel cap ils veulent suivre pour sortir le pays du pot au noir où la crise globale imposée par le capital l'a plongé.

Faut-il en rester à ce constat? Ne faire que dénoncer de façons incantatoires ne porte pas d'avenir. Les bilans réducteurs non plus. Il manque au mouvement populaire un outil politique qui propose de mettre en oeuvre une alternative et invite les citoyens à la penser et la maitriser. Ce que d'aucun auparavant appelait une stratégie autogestionnaire.

Pour ne pas revenir sur la nature publique des formes d'organisations et de contrôles à mettre en œuvre, la seule justification reprise plus ou moins en cœur à partir d'un constat juste et des conclusions voisines ou convergentes tourne autour de deux échecs. Celui du modèle soviétique, fait incontestable qui doit conduire à regarder la place de et la forme de l'organisation administrativo-politique, et se coltiner avec cette question de l'État, sa nature et son alternative. L'échec, lui aussi patent, des nationalisations -étatisations- de 82 qui doit conduire en plus des enseignements de la faillite du modèle à regarder cette place des salariés, des citoyens dans l'exercice d'un pouvoir à tout niveau confisqué institutionnellement  par une culture délégataire au service du groupe dominant et de ses agents.

Notons qu'à l'aune des deux faits portés par les constats précédent personnes qui ne tire enseignement, malgré leurs limites (mais non leur impasse), du pourquoi les succès des nationalisations de la Libération quand le politique et le social convergeaient pour rompre avec la trahison de classe majeure du 20ème siècle.

Singularité de la période en 1944, 8 ans après le Front populaire, le mot d'ordre n'était pas d'en faire un nouveau pourtant porteur d'image positive mais de faire comme en 36 du neuf dans la situation du moment en tirant enseignement des expériences passées.

En 2010, il ne s'agit ni de refaire 44 ou 68 et surtout pas 81 ou 97, mais de penser en terme de développement tout azimut de la démocratie et la garantie de ses droits et devoir, penser la maitrise collective et publique des leviers de l'économie dans les mains des producteur eux mêmes affranchis de la condition salariale qui comme le démontrait Marx est la conséquence de l'organisation capitaliste pour extorquer la plus value.

Tirer enseignement des expériences passées c'est ici rejeter tout ce qui au nom d'un pragmatisme qui tient au chaud le système, pérennise la forme actuel de domination : les institutions au service du capital au premier rang desquelles les alliances militaires et l'UE, sa monnaie et ses impératifs de subsidiarité, sa gouvernance en "tour de contrôle" délégataire qui s'oppose à l'ingérence permanente souhaité et légitime du citoyen acteur de la politique à tout niveau, coopérations internationales comprises.

Cela veut  dire rompre avec les pratiques d'union au sommet, aux consortuium de sigles tant au plan syndical que politique, de force plus à la recherche du compromis que de la transformation.

Là est le débat "réformisme ou révolution". La rupture, sa qualité détermine la seconde.Cela passe par une analyse de classe de la situation.

C'est semble-t-il de cela qu'il faut aussi débattre.

 

contribution à cette discussion, voici le lien pour aller sur le site d'El Diablo qui publie un texte intéressant :

http://eldiablo.over-blog.org/ à propos du "sarkozysme"


 


 

 

 


 

 

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