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Et les communistes de Tunisie ? des éléments pour y voir plus clair

 

Hamma Hammami est le porte parole du PCOT clandestin.

Un des derniers actes de répressifs des partis d'opposition clandestins ou non du régime de Ben Ali a été son arrestation en compagnie de deux journalistes comme l'a rappelé l'Humanité le lendemain de l'appel du PCOT exigeant le départ de Ben Ali.

H Hammami longtemps clandestin avait décidé dans les tous premiers jours de décembre de sortir de la clandestinité pour que le PCOT puisse parlerplus fort.

On a cru de longues heures que le régime chercherait à le faire disparaître.

Heureusement, la presion des évènements ont conduit à sa libération. 

Voila le texte d'un de ces premier interview dans la situation de la nouvelle Tunisie libérée de la figure emblématique de ce régime mais pas encore des outils de l'oppression. Suivi de la déclaration du PCOT.

 

 

 

Hamma Hammami : «Les sbires du président déchu veulent confisquer la révolution»
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le 18.01.11 | 03h00 12 réactions

Hamma Hammami : «Les sbires du président déchu veulent confisquer la révolution»

     

L’opposant Hamma Hammami met en garde contre toute tentative de «récupération de la révolution du peuple. Les hommes de Ben Ali tentent de reprendre les choses en main». «Ce n’est pas encore la victoire», estime-t-il, tant que les caciques et les institutions de l’ancien régime sont encore en place. Comme beaucoup d’autres forces politiques radicales, des syndicats et organisations de la société civile, Hammami revendique «l’élection d’une Assemblée constituante, la mise en place de nouvelles institutions et une élection présidentielle la plus démocratique qu’elle soit».

-Comment se présente la situation politique dans le pays deux jours après le départ de Ben Ali du pouvoir ?

La révolution démocratique est en marche. Le peuple tunisien a réussi, dans un soulèvement historique, à déposer le dictateur Ben Ali. A l’heure où je vous parle, il y a deux visions politiques qui s’affrontent. La première est celle menée par Mohammed El Ghannouchi, désigné par le président autoproclamé pour constituer un gouvernement de coalition nationale avec les partis dits légaux. Il faut dire que le président par intérim et le Premier ministre sont des caciques du régime. El Ghennouchi a entamé donc des consultations avec, notamment, le Parti démocrate progressiste, le Forum démocratique pour le travail et les libertés et le parti Ettajdid qui affichent leur disponibilité à faire partie d’un gouvernement de coalition même avec le parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel tunisien (RCD), le cœur du système Ben Ali et qui a dilapidé toutes les richesses du pays au service d’une seule famille et autour duquel gravitent des milices qui tentent de semer le désordre.

La deuxième vision est représentée par la rue qui a déposé Ben Ali et qui s’organise maintenant en des comités populaires dans les villes et villages pour défendre la sécurité des personnes et des biens, et les partis comme le nôtre, PCOT, le Congrès pour la République de Moncef El Marzouki, des structures régionales de l’UGTT, les organisations de la société civile comme le Conseil national tunisien pour les libertés, les avocats et les militants des droits de l’homme. Ce bloc refuse donc de travailler avec les hommes de Ben Ali et exige la mise en place d’un gouvernement d’union nationale sans les sbires de l’ancien régime. Le passage vers la démocratie ne peut se faire avec les caciques de Ben Ali. La dictature ne se démocratise pas. Le passage vers la démocratie nécessite l’élection d’une Assemblée constituante qui mettra en place les nouvelles institutions.

-Donc, ce n’est pas encore la victoire finale contre l’ancien régime…

Sans doute, nous sommes à mi-chemin de la victoire finale. Les hommes de Ben Ali tentent de voler la victoire au peuple. Nous considérons que les manœuvres d’El Ghannouchi et du président par intérim ainsi que le président de la Chambre des conseillers, qui est un des hommes de main de Ben Ali les plus cruels, sont une menace pour la révolution. Il y a risque de voir cette belle indépendance récupérée par ceux-là mêmes qui, il y a quelques mois, réprimaient et opprimaient le peuple tunisien. Nous sommes très vigilants et nous demandons aux partis qui veulent prendre part au gouvernement d’El Ghannouchi de faire attention, la colère du peuple ne s’est pas estompée.

-Pourquoi n’êtes-vous pas associés aux consultations menées par El Ghannouchi ? 

Il faut souligner que nous sommes toujours considérés comme des partis «illégaux» comme au temps de Ben Ali, alors que c’est le combat d’une génération de militants qui ont connu les pires atrocités dans les prisons de Ben Ali et l’exil. C’est le combat d’un peuple qui en a ras-le-bol de la terreur et de l’injustice d’un pouvoir tyrannique et qui a décidé d’en finir définitivement avec un régime et les hommes qui le symbolisent. Il est évident que nous ne soyons pas associés à des consultations menées par un des symboles justement de l’ancien régime. Nous aussi nous refusons de travailler avec lui. Tout comme le peuple, nous exigeons son départ. Nous voulons une rupture radicale avec l’ancien régime. El Ghannouchi doit rendre le pouvoir pacifiquement au peuple.

-Et pourquoi les partis «légaux» ont accepté de composer avec El Ghannouchi ?

De notre point de vue, ces partis ont commis une erreur en acceptant la proposition d’un gouvernement de coalition nationale sous la direction d’un Premier ministre qui est là depuis des années. Nous craignons fort le retour à un 7 novembre et l’avortement de la révolution démocratique. Il ne faut pas qu’on soit naïfs, les hommes de Ben Ali sont en train de manœuvrer pour se maintenir au pouvoir et échapper ainsi à des poursuites. Je dois dire aussi que les partis qui ont accepté de travailler avec El Ghannouchi de tout temps sont en embuscade et ne demandent qu’une part du pouvoir. Ils étaient aux aguets lors des événements. A aucun moment, ils ont exigé le départ de Ben Ali, se contentant d’appeler à des réformes et laisser Ben Ali y aller jusqu’à la fin de son mandat.

-Que faut-il donc pour faire aboutir cette révolution ?

Les Tunisiens ne vont pas rentrer chez eux tant que les barons de l’ancien régime sont encore là. Il y aura encore des manifestations de rue jusqu’à faire tomber le régime. Les Tunisiens s’organisent dans les villes et les quartiers. Si les hommes de Ben Ali avec la complicité des partis qui ont accepté de faire partie du gouvernement de coalition sous les institutions de la dictature pourraient connaître le même sort que Ben Ali.

-On s’interroge sur le rôle et le poids de l’armée dans cette phase cruciale…

L’armée tunisienne a de tout temps été écartée du pouvoir. Il faut rappeler que la Tunisie sous Ben Ali était un véritable Etat policier. L’appareil sécuritaire était structuré autour du ministère de l’Intérieur avec des milices parallèles composées des éléments du parti au pouvoir, le RCD. Le tout est contrôlé par le dictateur Ben Ali et sa belle-famille qui avait une grande une influence sur l’appareil policier. Le fait que l’armée était écartée du pouvoir lui permet de jouer un rôle dans cette phase. Nous avons toujours appelé cette armée pour justement intervenir afin de déposer Ben Ali. Elle jouit d’une autorité morale pouvant lui permettre d’agir dans l’objectif d’assurer le passage à la démocratie.

recueilli par Hacen Ouali pour El Watan

 

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

La Tunisie vit depuis le 17 décembre 2010 une révolte populaire contre le chômage, l'exclusion, la pauvreté, la vie chère, l'exploitation éhontée, la corruption, l'injustice et la tyrannie. Ces protestations populaires sont parties de la ville de Sidi-Bouzid pour s'étendre à toutes les régions du pays. La pauvreté et la tyrannie, endurées dans la ville, sont un phénomène général qui touche tout le peuple tunisien. La rage et l'indignation est la même dans tout le pays.

 

Le régime policier et dictatorial du président Ben Ali a affronté la révolte dans son style habituel. En s'appuyant sur la désinformation, la tromperie, les mensonges et la répression brutale de la police qui a tiré sur des masses populaires désarmées, tuant des manifestants ne portant sur eux aucune arme. Tout cela avec l'intention de réprimer rapidement les protestations et d'empêcher leur propagation au reste du pays. Ces méthodes ont échoué cette fois, elles ont alimenté les protestations, qui ont étendu leur rayon d'action, et ont poussé les manifestants à transformer leurs demandes de simples revendications sociales à des exigences politiques sur la question des libertés. Même quand Ben Ali a prononcé son discours, au douzième jour de la révolte, pour promettre à nouveau hypocritement qu'il diminuerait la répression, personne ne l'a cru et les masses ont répondu que les protestations devaient se poursuivre.

 

Les pancartes et les mots d'ordre mis en avant par les masses en révolte, du sud au nord, sont un signal clair du processus de prise de conscience politique dans la tête des Tunisiens au cours des vingt dernières années du règne de Ben Ali.

Des mots d'ordre du type: « Le travail est un droit, bande de voleurs », « Bas les pattes du pays, bande de corrompus », « Travail, liberté, dignité », « Liberté, liberté et non présidence à vie », « A bas le parti de la constitution, à bas les tortionnaires du peuple», « Ben Ali lâche, le peuple ne se laisse pas faire »...

 

Finalement, les masses populaires ont compris qu'elles sont dirigées mais pas représentées et que le système représente « une bande de voleurs », une poignée de familles qui ont pillé les ressources du pays, l'ont vendu au capital étranger, qui prive les personnes de leur liberté et de leurs droits, en usant de la force brutale de l'appareil d'Etat, transformé en un « État des familles », afin d'humilier, de soumettre et d'intimider le peuple et le dissuader de lutter. Transformant la Tunisie en une grande prison, et faisant de la torture une règle et un moyen de gouverner.

 

Le peuple exige le changement avec la conviction que les aspirations à la liberté, à la démocratie et à la justice sociale ne peuvent se réaliser sous le régime de Ben Ali.Les masses populaires justement par la lutte, par l'Intifada, ne veulent plus de la dictature, etc'est un nouveau processus qui s'ouvre en Tunisie.

 

Le peuple tunisien a besoin d'un nouveau gouvernement démocratique, national et populaire naissant de la volonté et de la représentation de ses propres intérêts. Et un système de ce type ne peut voir le jour à partir du système actuel et de ses institutions, ou de sa constitution ainsi que de ses lois, mais seulement sur ses ruines par une assemblée constituante élue par le peuple dans des conditions de liberté et de transparence, après avoir mis fin à la tyrannie. La tâche d'un Conseil populaire est l'élaboration d'une nouvelle Constitution qui pose les bases de la République démocratique, avec ses institutions et ses lois.

 

Les manifestations populaires sont encore en cours, personne ne peut prévoir ni leur durée ni leur développement. En tout cas, la Tunisie entre dans une nouvelle phase de son histoire caractérisée par la montée du peuple et sa volonté de retrouver sa liberté, ses droits et sa dignité.

 

Cette situation pose les responsabilités de l'opposition, en particulier de son aile la plus radicale, à trouver de nouvelles solutions politiques qui mettent au centre les exigences du peuple tunisien, pour un programme prévoyant un plan de changement global de la Tunisie.

 

L'opposition avec toutes les forces politiques et non-politiques, est invitée à serrer les rangs en vue du changement démocratique, pour former l'alternative à la tyrannie et à la dictature.

Le Parti communiste des ouvriers renouvelle son invitation à convoquer une assemblée nationale de l'opposition tunisienne qui affrontera la question le plus rapidement possible.

Est également renouvelée l'invitation à une coordination quotidienne, au niveau national et local, de soutien aux mouvements populaires, et dirigée vers les revendications concrètes et spécifiques afin que le mouvement ne s'essouffle pas. Parmi les revendications les plus importantes et les plus immédiates : l'arrêt des campagnes de répression, la libération de tous les prisonniers et que les responsables de la répression, du pillage des biens, des assassinats de citoyens et citoyennes soient contraints de rendre des comptes. L'abrogation de toutes les restrictions de sécurité, de libertés juridiques et pratiques, d'expression, d'organisation et de manifestation.

 

L'adoption de mesures immédiates pour le monde du travail : la garantie du revenu, de la santé et la reconnaissance immédiate du syndicalisme de base et indépendant des précaires et de chômeurs.

 

Le Parti communiste des ouvriers restera, comme il l'a toujours été, du côté des travailleurs, des démunis et des pauvres, en première ligne pour un nouvel ordre en Tunisie, pour la liberté, la démocratie et la justice sociale.

Tunisie, janvier 2011

 

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

 

 

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