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Dépendance idéologique, esquisse d'un tableau clinique.

 

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/80/Padlock_kl%C3%B3dka_ubt.JPG

A propos des maladies de la dépendance * .

Le gouvernement a donc annoncé engager un travail de fond

sur le grand chantier de la dépendance.

Il s'agirait de faire le point et de trouver des moyens

pour accompagner les personnes qui sont victimes

d'une des formes de maladie dégénérescente

actuellement répertoriée.


Certes, deux d'entre elles tiennent le haut du pavé (Alzheimer et Parkinson) et relève d'un domaine strictement médical mais d'autres dont une plus spécifique sont plus dans les cordes de La Canaille, du moins pour le diagnostique, et demande une thérapie sociale de groupe à l'image de celle que cherche à mettre en oeuvre le peuple tunisien.

Il s'agit de la dépendance idéologique dont différentes formes sont connues même si leurs descriptions restent un peu trop confinées dans des publications spécialisées.

Un exemple connu est le syndrome de Rocard qui attaque très jeunes les cellules cérébrale au point de faire d'un révolté de 1958 un très rapidement calmé de 68, un notable du PS en 78, un premier ministre en 88, un cacique du parlement de la CEE en 98 et un compagnon de déambulateur idéologique d'un Juppé en 2008. Le danger ici est l'illusion de guérison par l'usage des mots : "Il faut essayer de retrouver l’indexation des salaires sur la productivité, car il nous faut de la croissance"(22/01/201). Le piège est subtil : non pas indexer les salaires sur le coût de la vie à partir d'un indice fiable négocié mais sur la productivité. Cela permet de lier la rémunération à l'intensité du travail et permet ainsi de ne pas toucher au curseur de la répartition des richesses entre le capital et le travail, le niveau de surexploitation permettant de donner l'impression de gagner plus alors que c'est le capital qui y trouve d'abord son compte. L’ancien Premier ministre se prononce aussi (et c'est complémentaire) pour la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). «A condition qu’on le remplace par un impôt annuel sur l’ensemble du capital des entreprises (et donc qu'on ne touche pas au capital accumulé stocké hors comptes sociaux), et que cela se fasse à un niveau tolérable», dit-il. La tolérance, vous connaissez la phrase célèbre : "la tolérance, il y a des maisons pour cela". Qu'elle soit de Claudel ou de Clémenceau (les historiens en débattent) ils auront l'un ou l'autre le mérite d'avoir dégagé la voie au troisième en matière de trajectoire doctrinale.

On le voit donc très bien, la dépendance idéologique et sa dégénérescence a pour conséquence de contraindre et mutiler le corps social, c'est en cela que le concept de maladie de la dépendance est pertinent.

Cette dépendance idéologique est d'une grande perfidie. Elle est capable d'engager ses ravages y compris parmi ceux qui furent réputés pour la déceler et la combattre. C'est le cas du vecteur "Y.D."- de la souche "ex-section éco" qui fait qu'un économiste qui fut à la pointe du combat contre la mise en place des outils économiques de l'U.E. en vient à chercher comment appliquer une réforme de gauche à la BCE ou le vecteur DD qui fait qu'un ex secrétaire du syndicat CGT de la Banque de France devenu expert,  affiche sa peur tremblante devant le risque de disparition de l'instrument anti lois sociales qu'est cet euro-monnaie des lobbyistes du capital. Deux exemples caractéristiques de la pathologie.

Pire, cette dépendance idéologique se traduit essentiellement à proposer des traitements qui enrichissent les labos à idées consensuelles et n'ont au mieux que des effets placébos, au pire aggravent la situation du corps social en lui instillant des repères qui l'éloignent de la claire conscience des thérapies efficaces.

L'élection présidentielle nous en offre un exemple épidémiologique remarquable :

Comment expliquer sinon par cette dégénérescence que les mêmes qui se sont battus, avec énergie pour certains, pour démontrer le caractère antidémocratique de ce scrutin, qui sans cesse ont expliqué aux générations suivantes ses risques et les dangers autocratiques de son principe, se bousculent sur les liste d'attentes voire s'empilent les uns sur les autres pour prétendre s'y mesurer ?

Si on n'en appelle pas aux ravages de cette dépendance idéologique, comment expliquer que parmi ceux ci certains revendiquent l'usage des méthodes de sélection de ceux là même qu'il prétendent dire vouloir combattre ? D'autant que de plus ils annoncent que de toute façon, à partir de leur lecture des enjeux, qu'ils appelleront à voter pour le ou la "moins pire" pour éviter le ou la "plus honni (e)" lors de la deuxième mi-temps ?

Cette dimension de la maladie leur interdit de regarder les raisons d'une abstention de masse devenue phénomène politique chez ceux qui de cette façon se prémunissent de cette forme de la dépendance.

Les cliniciens s'interrogent à partir de ces cas de savoir s'il n'existe pas des passerelles avec Alzheimer ? Pour La Canaille, quoique non spécialiste de la partie Alzheimer du couple étudié, c'est non. Sinon la mémoire dominante des repères anciens qui la caractérise empêcherait cette dérive et hélas notre patient semble bien hameçonné par le processus qu'il tend à justifier y compris par sa relecture de ses repères initiaux vus par le prisme de ses inclinations actuelles.

L'hygiène de vie semble une piste d'étude à explorer : à trop rester confiné dans des espaces et salons divers, des laboratoires financés sur le modèle de la recherche pharmaceutique, lieux ou l'air comme les idées sont conditionnées par les promiscuités, le manque de contact régulier voir permanent avec le monde réel conduit certainement à des mutations parfois théorisées qui induisent ces comportements.

Cela dit et c'est son originalité, alors que les maladies classiques de la dépendance poussent à un repli sur soit et que, si ce n'est la guérison du moins la maîtrise thérapeutique exige des efforts de sociabilité, ici c'est l'inverses. Comme si le prosélytisme était un des moyens de se prouver sa "non atteinte". Comme si gagner de nouveaux dépendants ou entraver les efforts de ceux qui veulent s'affranchir de celle-ci devenait la règle (on l'a vu avec le cas Rocard au plan économique).

Il nous faut donc rechercher le lieu ou se nouds le lien de dépendance de manière à si possible le rompre sinon faire que les plus atteints puissent survivre dans leurs illusions sans contaminer autour d'eux.

Il semblerait que tout se joue autour de la perte de maîtrise de la nature de l'écosystème global (au sens de socio-"éco"-nomique). Dès lors que la volonté de rompre les liens d'aliénation consubstantiels au rapport social d'exploitation qu'est le système capitaliste n'est plus prépondérant et que la recherche d'une issue par des chemins détournés conduisant au moyen terme de l'accompagnement voir le traitement social ici, colbertiste là devient dominante, le sujet est devenu, le plus souvent sans s'en rendre compte, un porteur de la dépendance idéologique. (Un des aspects quotidiens le plus visible de l'affection est la non dénonciation permanent de la forfaiture et de TOUS les forfaits de Versailles en février 2008).

C'est d'ailleurs ce que les premiers cliniciens avaient pointé en disant que toute tentative d'émancipation ne pourra être victorieuse que si elle s'affranchit de l'idéologie dominante. Montrant que toute pratique est aussi pratique d'une théorie et que ne plus affronter franchement revient à accepter le moule dominant. L'histoire des idées n'étant que celle de l'affrontement entre la dépendance et l'émancipation.

La lutte des classes existe, et c’est la mienne qui est en train de la remporter.» a déclaré le milliardaire Warren Buffet. La lutte de classe est, parce qu'un fait et non un choix, le seul outil disponible pour ceux qui militent à l'émancipation. Et il serait illusoire de croire que parce qu'atteint par une crise systémique qui semble la mettre en assistance médicale permanente le classe victorieuse et son système sont à bout de courses. Ils disposent de la maitrise de cette dépendance idéologique et aussi des recours pouvant aller jusqu'à la barbarie. Ce sont les deux leviers qui doivent être paralysés pour sortir de cet étau.

La rive sud de la méditerranée et surtout ses peuples nous montrent qu'il ne faut jamais se résigner ni désespérer.

http://q.liberation.fr/photo/id/236727/r/23/13/w/460/m/1295773900

 

 


 

 

 

* voir Alerte, le château ...s'occupe de dépendance ...  (note du c@arnet du 09-01-2011)


 

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