Espagne la colère du sous sol émerge au grand soleil

Publié le 20 Juin 2012

http://www.ledauphine.com/fr/images/6986DC0F-4498-494F-BDF7-9573D852A48D/LDL_06/espagne-des-mineurs-ont-manifeste-hier-dans-le-nord-de-l-espagne-utilisant-un-tronc-d-arbre-comme.jpg

Ne jamais oublier que par définition un mineur, il sait boiser...

 

Depuis des jours, les mineurs du nord de l'Espagne mènent une lutte difficiles contre pouvoir et patronat.


Elle prend une dimension d'une violence extrême qui montre ce que sont les choix de la droite et du capital.


Pas question pour La Canaille de porter depuis son clavier une appr"éciation sur les positionnement des direction madrilènes du syndicalisme  espagnol dans cette situation.


Affirmons simplement ici une grande active et fraternelle solidarité à toute une population qui subit les choix économique d'intégration de force à l'UE menée depuis la fin du franquisme. Une façon de dire que ceux qui ont été à la tête du combat contre Franco subissent les coups de tout ceux qui ont tiré les marrons du feu et veulent pouvoir continuer à aller à la soupe.


description de l'ambiance prise sur la toile, les pages de l'huma sont peu garnies mis à part le cactus de J Fort (voir ci paprès):

"Attention, ils arrivent!", crient quelque 200 mineurs qui viennent de mettre le feu à des barricades, certains tapant sur les rails de sécurité pour prévenir de l'arrivée des policiers anti-émeute, venus lever les barrages enflammés qui coupent la route et la voie ferrée. 

  
Tout ce village de 1.000 habitants, la plupart mineurs ou leurs familles, depuis plusieurs générations, se mobilise.
Ce n'est pas la première fois que les mineurs coupent le trafic routier et ferroviaire entre Gijon et Leon depuis que les  ont décidé la grève illimitée, le 31 mai.
Mais aujourd'hui, ils sont encore plus déterminés, persuadés que le  ne reviendra pas sur sa décision de réduire les aides de 63% au secteur du charbon s'ils ne se font pas plus violents.
"On ne va pas s'arrêter"
A la clé, selon eux, la survie de 30.000 emplois directs ou indirects, menacés par la fin programmée des aides publiques au charbon.
"On ne va pas s'arrêter, ils se fatigueront avant nous. Pour nous c'est la guerre", assurent en choeur plusieurs mineurs.
Alors qu'au loin on entend le claquement des premiers fumigènes tirés par la police, les manifestants, tous encagoulés, le visage sous des foulards, se préparent, s'armant de bouteilles, de cailloux, de frondes. Certains prennent position avec des lance-pétards aux allures de lance-roquettes.
Commence alors une bataille rangée entre policiers et manifestants. Les mineurs lancent tout ce qu'ils peuvent, bouteilles, cailloux, pierres, à la main ou à l'aide de frondes.
Les policiers, casqués, protégés par d'épais gilets pare-balles et par des boucliers, répondent par des tirs de balles en caoutchouc et de fumigènes. Certains visent le ciel mais d'autres tirent vers les manifestants.
"Bande de fils de p..., ils nous tirent dessus", hurlent les mineurs. Les balles en caoutchouc fusent, certaines brisant des vitres. Des voitures de police garées sont aussi touchées par des jets de bouteilles et de pierres.
Les policiers se retirent
Après une demi-heure d'affrontements, les policiers se regroupent et se retirent du village, harcelés par les manifestants.
"Le gouvernement doit comprendre qu'ici, c'est Belfast. En 1991, le conflit a duré cinq mois. Ca ne nous fait pas peur. On est prêt à aller jusqu'au bout", affirme Ramon, un mineur retraité de 52 ans qui préfère comme les autres conserver l'anonymat.

 

http://www.lessentiel.lu/diashow/17213/minuersespagne-6677a116d1186b2191eddab0fce9b96d.jpg

...qu'un mineur, il sait miner...

La canaille vous propose deux autres articles sur la situation.


Un sur la phase d'affrontement ci après suivi d'un papier de José Fort dans l'huma où les forces de répression se plaignent qu'on leur résiste avec efficacité (ce second papier pour grave que soit son sujet est un petit moment de plaisir : dur pour les patron de la gardia civil de triste mémoire, de voir comment au pays du bleu porteur de réaction les bleus uniformes ont des bleus douloureux.


 

mineurs en colère en Espagne

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Créé le 18/06/2012 à 22h04 -- Mis à jour le 19/06/2012 à 14h25

Des mineurs de charbon espagnols manifestent à Langreo, dans le nord le 18 juin 2012

Des mineurs de charbon espagnols manifestent à Langreo, dans le nord le 18 juin 2012 CESAR MANSO AFP.COM

SOCIAL - Ils protestent contre les coupes des aides au secteur...

Barricades, pneus et poubelles enflammées pour couper des routes, opérations "ville morte" et manifestations: à Langreo comme dans d'autres villes d'Espagne, les mineurs ont crié leur colère lundi pour la journée de grève générale contre les coupes des aides au secteur.

Venues en famille, du bébé en poussette aux grands-parents, environ 50.000 personnes, selon les syndicats, ont défilé dans le calme en fin de journée dans cette ville du nord du pays, vivant principalement du charbon.

Une image qui tranchait avec les rideaux des commerces baissés et les rues quasi vides durant toute cette journée de grève générale "suivie à 100%" dans tout le bassin minier des Asturies, selon les syndicats UGT et CCOO qui appelaient au mouvement.

Un succès également au niveau national dans la cinquantaine de villes minières étaient également appelées à la grève générale dans les régions d'Aragon et de Castille-et-Leon. Entre 10.000 et 15.000 personnes ont défilé à Leon, selon les syndicats.

"On ne peut pas donner 100 milliards aux banques et jeter des milliers de mineurs d'un coup à la rue alors qu'ils n'ont besoin que de 300 millions", résume Carlos Martinez, un employé de banque de 47 ans de Mieres, également "ville morte" lundi.

"Et les mineurs ne s'arrêteront pas. Mais il faut faire attention car parfois, à force d'avoir l'impression de se faire avoir, les choses finissent par vous échapper", renchérit pour sa part Vicente Turrado, un mineur en pré-retraite de 54 ans.

Car dès le matin, des mineurs ont bloqué routes et voies ferrées, comme ils le font quotidiennement depuis qu'ils ont décidé le 30 mai de prolonger leur mouvement pour une "durée indéterminée".

Encagoulés ou le bas du visage masqué par des foulards, une cinquantaine de mineurs, la plupart entre 20 et 30 ans, ont érigé des barricades sur une route devant le puits de Santiago de Aller, non loin de Langreo, prêts à en découdre avec la police.

La police n'étant pas intervenue, les jeunes mineurs, ont fini par incendier des pneus et les barricades de bois et de ferrailles, fronde en main, tandis que la vallée résonnait du bruits de gros pétards, avant de quitter les lieux.

Signe d'une tension croissante, la Garde civile a renforcé ses effectifs de 250 agents en Castille-et-Leon et dans les Asturies.

Vendredi, des incidents ont fait sept blessés près de Mieres.

"C'est la seule façon de faire pour que les politiques nous écoutent un peu. Si les mines ferment, tout ferme. Nous, on ira jusqu'au bout", assure un jeune mineur de 24 ans, qui, comme les autres, préfère conserver l'anonymat sous sa cagoule.

"Nous sommes tous de familles minières. Ce que nos grands-parents et parents ont obtenu, ça a toujours été par la lutte", renchérit Cristina Fanjul, auxiliaire de gériatrie de 25 ans venue soutenir son petit ami qui fait partie des trois mineurs enfermés dans le puits.

"Je suis inquiète pour lui. C'est humide en bas, mais il se bat pour les autres". Et pour elle, "il n'y a pas d'autre solution".

En pleine restructuration depuis 20 ans, les mines de charbon espagnoles ont progressivement fermé. Une quarantaine sont encore en activité, principalement dans le nord, faisant vivre 8.000 mineurs, et maintenant de 20.000 à 30.000 emplois indirects, selon les syndicats.

Les mines sont promises à la fermeture d'ici à 2018 mais le gouvernement a mis le feu aux poudres en annonçant un réduction des aides, de 301 millions d'euros en 2011 à 111 millions cette année, ce qui condamne le secteur plus rapidement que prévu.

Les syndicats ont d'ailleurs annoncé l'organisation de futures marches vers Madrid afin de faire entendre leur voix.

http://po.org.ar/wp-content/uploads/2012/06/huelga-mineros-asturias-2.jpg

...et ce n'est pas à eux qu'il faut apprendre comment aller au charbon.

L'article de José Fort : 

Pitié pour les CRS espagnols

Quelques jours avant la grève générale du 18 juin décidée par les mineurs asturiens et après plusieurs semaines de conflits avec ces travailleurs menacés de liquidation par le gouvernement de Mariano Rajoy, le chef des unités de police spécialisées dans la lutte contre les « désordres publics » (les CRS espagnols) vient de déposer une plainte devant le tribunal d’Oviedo dénonçant les « violences » des manifestants. Prié de commenter cette action judiciaire, il a déclaré à la presse locale: « Avez-vous vu les biceps de la plupart des mineurs. D’une simple gifle, ils arrachent les casques de nos hommes.»

Les CRS espagnols regrettent les interventions contre les étudiants et les Indignés. « Eux, on leur file un coup et le sang coule de leur nez délicat », soupire un CRS, concluant: « J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement forts physiquement, ils ont surtout la rage: on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus. J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à estourbir un taureau. »

Une audience a été demandée au ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, celui avec qui Manuel Valls vient de « trouver une bonne entente de coopération ». Ce Diaz en question, homme de la droite musclée, en connaît un rayon en matière de répression, puisque plusieurs de ses proches, du temps de la dictature franquiste, ont mis les mains dans le cambouis ou plutôt dans le sang pour tenter de mater les opposants au régime et les mineurs lors de la célèbre grève dans les Asturies en 1962 et 1963. L’Espagne tétanisée vivait à ce moment-là le premier mouvement populaire qui allait déclencher l’élargissement de la lutte contre Franco. Les Diaz de l’époque ne pouvaient pas savoir que quelques dizaines d’années plus tard, leur rejeton aurait à gérer les états d’âme des policiers effrayés par les biceps des mineurs…

José Fort

 

 


 


 

 

 

 

 

 


 

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Coup de gueule

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