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En septembre, de quoi rêves-tu?


Contribution aux journées de luttes, patrimoine de l'histoire sociale.


En période de montée de la colère et des luttes qui doivent l'accompagner, n'ajoutons pas d'obstacle et aidons tout ce qui fait avancer. Pour autant, que cela n'empêche pas  plus que jamais rester lucide pour voir comment contribuer à ce que la poussée soit efficace.

A l'initiative de la CGT, Il semble y avoir une évolution encore plus que timide parmi le tour de table intersyndical dans la façon dont les syndicats se positionnent pour mener efficacement la contre-offensive à la déferlante capitaliste contre les acquis sociaux.

On aurait tendance à dire enfin. A la lecture, ce n'est que  seulement tant qu'alors que l'urgence est là les freins sur lesquels Chérèque tire à tout va sont puissant. Evolution pour en appeler aux travailleurs, pas encore pour leur laisser la conduite de leur lutte. Tout est là. Ceux qui s'affrontent au patronat dans les entreprises ne sont toujours pas ceux qui ont la maitrise des actions, leurs formes et leur calendrier. Or le succès n'est possible qu'avec cette option là. C'est le rôle des directions d'aider, d'impulser et coordonner cela. Les intersyndicales ne poussent pas dans ce sens c'est le moins qu'on puisse en dire. Rassembler les sigles fait bien sur les banderoles mais si le rassemblement n'est pas portée d'abord par la mobilisation constante dans les chantiers bureaux services, le temps roule pour le patronat et son pouvoir qui ont à leur disposition la mobilisation de l'appareil d'état et leurs idéologues de droite ou du FMI et appareils attenants.

Concernant la CGT, mon syndicat c'est sa crédibilité durable comme outil des luttes qui est en débat. Si l'interview au Monde de B. Thibaut semble montrer une approche allant plus dans le sens d'une impulsion plus offensive des actions, dire parlant du climat politique que "le gouvernement prend la responsabilité On peut aller vers un blocage, vers une crise sociale d'ampleur. C'est possible. Mais ce n'est pas nous qui avons pris ce risque. Ceux qui manifestaient hier n'avaient pas en tête l'élection présidentielle de 2012. Ils pensaient, et c'est apparu clairement dans les défilés, à la réforme des retraites sachant d'expérience que ses effets continueront de se faire sentir bien longtemps après le départ de la scène politique de ses auteurs" porte autrement le besoin du rapport de force que de dire on veut une autre réforme, mot d'ordre qui pourtant reste exclusif.

Si la phrase est moins consensuelle qu'avant l'été nous sommes encore au milieu du gué : le rôle d'un dirigeant syndical est-il de menacer l'adversaire d'une crise sociale ou de mobiliser pour faire reculer voir disparaitre le capital et sa crise systémique qui le nourrit sur le dos de ses victimes, et déjà d'exiger le retrait du texte du pouvoir ?

La politique du capital au pouvoir génère une crise sociale permanente inégalée dans l'histoire du pays. Chômage, accidents de travail et de trajet, dépressions, maladies, pénibilité de l'organisation de masse du travail font que la crise sociale existe, mise en coupe réglée des services publics par les milieux financiers et spéculatifs avec injections de cadres aux ordres dans les tatas majors de ces services. Le mouvement social et les arrêts de travail ne sont que réaction à cette agression. Est-ce un risque ou une défense légitime face à une attaque ? Comme le dit B Thibaud :"Ceux qui manifestaient hier n'avaient pas en tête l'élection présidentielle de 2012" et c'est juste. Alors plutôt que de répondre sur ce terrain, parlons profits, accumulation, bas salaires, désindexation des retraites et cadeaux fiscaux au capital choix de ses critères pour mener toute la société.

En 1981 Giscard avait cloué Mitterrand d'un "vous n'avez pas le monopole du cœur" aujourd'hui plus encore qu'hier le pouvoir bat au rythme du cœur des monopoles.

De Bettencourt à Tapie, aux lobbies bruxellois en passant par les magnats de la presse, de l'industrie,  et du luxe, la banque et la rente, les liens avec les choix politiques, les lois et ceux qui les mettent en œuvre ont démontré durant l'été l'impérative urgence de sortir de cette logique. Le financement de l'UMP par le premier cercle si c'était nécessaire mettrait la cerise sur le gâteau. L'ambre solaire pour les salaires de l'ombre…

Donc, face à l'ampleur de l'agression, nous ne sommes pas encore au diapason des exigences populaires. Des freins (qui ne sont pas que dans la seule direction de la CGT) à la désignation claire des obstacles et des moyens de les surmonter existent*.

Le boulet de cette CES commune à la CGT, La CFDT, FO et d'autres plombe la capacité revendicative comme elle obère la capacité d'analyse de toutes les forces anticapitalistes qui privilégient la piste électorale à celle du mouvement populaire.

Syndicalement, puisqu'il s'agit ici du terrain revendicatif, des stratégies pilotées par des organisations internationales qui ont choisi contre financement et reconnaissance de l'UE ont mandat de défendre les intérêts du patronat rassemblée dans la CES. Elles freinent des deux pieds pour empêcher la remise en cause obligatoire du marché et de l'exploitation capitaliste comme condition de la réponse aux revendications et l'émancipation des travailleurs. Elles laissent volontairement pendante la question de la suppression de la condition salariale qui permet au capital de capter et piller les richesses.

Autant l'ostracisme envers la CGT était inadmissible, autant l'entrée de la CGT dans la CES pour utile qu'elle fût comme reconnaissance d'une forme du syndicalisme de lutte sur une base de classe n'a pas eu les effets escomptés.

A l'évidence, c'est le contraire : la dimension de classe du combat revendicatif  a été considérablement amoindrie. Avec l'entrée de la CGT comme membre de l'état major de la CES, plutôt que pour mener l'action, plutôt que d'en appeler à la démocratie syndicale et à la démocratie ouvrière les deux piliers de sa fondation, dans un fédéralisme qui en fait le troisième, cela a conduit à faire primer des pratiques où des rencontres discrètes (jamais démenties) avec les conseillers de l'Elysée ou de Bruxelles et des intersyndicales avec ceux qui travaillent assidument à trouver un atterrissage qui porte l'échec et la résignation.

Le bilan d'activité et les bénéfices revendicatifs de fusion dans une internationale syndicale consensuelle devra être faite, les syndiqués doivent l'exiger.

Comment crédibiliser le syndicalisme dont ont besoin les travailleurs quand cette pratique est celle qui est la plus visible de ceux qui pourtant ont besoin d'un syndicalisme de lutte, un syndicalisme de classe pour se défendre? La FSM qui existe toujours travaille à son renouveau. Mais la stratégie bloc contre bloc, les sclérose antérieures qui porte de l'histoire et son échec, comme les pratiques d'exclusion de la CES pour jouer son rôle d'amortisseur aux dégâts du capital, dans le rapport de force actuel ne lui ouvre pas aujourd'hui d'horizon.

Hors de la gestion sociale démocrate au mieux et pire le plus souvent, la CES et son appendice CIS verrouille toute issue revendicative. Il faudra y revenir.

D'attentisme des seconds tirant vers la résignation en rendez-vous déconnectés de la nature du mécontentement, les manifestations à dates convenues prennent à contrepied les dynamiques établies et n'aident pas celles à établir. Pourtant, les luttes comme celles menées par le PAME en Grèce ouvre des voies pour une organisation syndicale internationale de classe que la monté des luttes imposera à coup sûr pousse à explorer, la CES s'y noiera. Une FSM rénovée y a un grand rôle à jouer. La CGT, vu son histoire doit-elle resté engoncée dans le drapeau bleu étoilé ? Ne peut-elle pas participer de rassembler le monde du travail, internationalement, à partir de ses principes fondateurs ? Combien de milliards de salariés laissé pour compte par la CES et la CIS ? Là est la question de la mondialisation et sa réponse revendicative.

Ici, face au patronat et son pouvoir politique, après le 24 juin et la force du 07 septembre, les directions des branches professionnelles, les unions départementales et certaines unions régionales semblent mesurer ce décalage et donne l'impression de plus et mieux agir pour solliciter les réactions dans les entreprises. C'est la nouveauté des cette rentrée. Elle est fragile mais là est l'issue. Souffler sur les braises pour faire s'élargir  le feu de l'action revendicative.

Seule l'attente rend implacable la déferlante du capital. Il est battable face au nombre debout. Nous sommes le nombre. Relisons Brecht et Arturo UI : l'ascension reste résistible.

Il faut renverser la pression : le 7 septembre et ses manifestations montrent la voie  pour le 23, le 15  aura raccourci l'intervalle dans les calendriers distendue de l'intersyndicale. Si l'objectif n'est pas que d'en rester là (les déclarations de la CGT portent cela), les possibles existent ; la CGT ouvre la piste. L'air parait déjà plus pur et plus vifs.

Reste la forme. Viser que Paris et grandes métropole régionales?

Hors de ces rendez-vous, les Chambres patronales et consulaires, antennes du MEDEF, les sièges sociaux, les permanences d'élu et mairies ou autres des parlementaires qui votent les lois iniques, voila ce qui devrait être les lieux de rendez-vous des salariés, des retraités et des chômeurs. Va-t-on les laisser tranquille ? Et comme ils sont géographiquement moins éloignés de la masse des gens et moins quadrillés par les cogneurs de Hortefeu que les alentours du palais Bourbon nous gagnerions en efficacité.

Les luttes, de par l'agressivité patronale et gouvernementale vont se durcir. Mais on le voit bien, ne rien faire laisse libre  la (ré) pression contre le monde du travail. Durcir pour durcir, mieux vaut être à l'offensive que subir, distribuer les baffes que les recevoir ; c'est la garantie pour progresser et gagner.

Ils veulent nous faire peur de l'avenir pour sauvegarder leur profit ? A nous de les terroriser pour leur dire qu'on veut les leur prendre…et qu'on va les confisquer, pour vivre… Et leur clamer aux oreilles que le rapport de force social établit va se donner les moyens politiques de le faire…durablement. A tous ceux qui ne cessent de répéter 36 et CNR ou 68, voila l'unique enseignement par le succès comme par l'échec.

Ce n'est une ni autre affaire, ni un autre débat, ni un espace interdit aux travailleurs, bien au contraire, il n'a d'avenir que si les salariés décident de l'investir.

C. le R. 18/09/2010

* Pour preuve la déclaration de Fr Parny dirigeant du PCF après les universités d'été 2009 du PCF qu'un nombre de dirigeant de la CGT sont passé voir: "Ensuite concentrer nos efforts sur la construction de majorité politique clairement ancrée à gauche et capable de porter des ruptures avec les logiques capitalistes. Nous ne voulons pas être complices de renoncements au changement et nous ne voulons pas nous cantonner dans un anticapitalisme sans alternative.

Nous sommes clairement altercapitalistes..."(sic)néologisme inconnu dans le dictionnaire mais si l'analogie linguistique marche au pas d'alter égo, on comprend pourquoi la teinte rosie de cette aquarelle la ne fait plus peur dans les hôtels particulier du Trocadéro.

 J'ai piqué sur El Diablo cette reprise "du Fakir" qui résume parfaitement la situation :

http://img.over-blog.com/605x769/0/32/46/53/images-5/mes-images-6/hold-up.jpg

 

 

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