Quand l'armée passe à l'ouest, c'est Bouygues qui encaisse.

Publié le 18 Février 2011

La photo aérienne donne l'échelle de l'opération :

 

http://s2.lemde.fr/image/2011/02/17/540x270/1481805_3_eb72_le-site-du-futur-ministere-de-la-defense.jpg

Les vautours embusqués attendaient le moment.

Ca y est, sur ce site, le racket organisé de l'état par ceux qui le gèrent peut reprendre son essor.

C'est dans Le Monde de ce jour : 

 

"Ce sera donc Bouygues avec l'équipe d'architectes composée de l'agence ANMA (Nicolas Michelin et associés), Jean-Michel Wilmotte, et l'Atelier 2/3/4 , qui construiront le pharaonique ensemble du futur ministère de la défense sur le site de Balard, 16,5 hectares dans le 15e arrondissement, au sud de Paris, entre la porte de Versailles et la Seine. (plus à l'ouest qu'au sud ; note de C.le R.)

Avec plus de huit jours d'avance sur les dates initialement prévues, les services du ministère de la défense ont rendu public, le 17 février en soirée, le choix du projet lauréat pour le futur "Pentagone" français qui doit impérativement ouvrir à la fin de 2014.

L'équipe Bouygues était opposée au groupe Vinci, qui avait choisi Dominique Perrault comme architecte, et à Eiffage, qui travaillait avec l'agence britanniqueNorman Foster.
Aucune image du projet lauréat, ni des deux projets perdants, ne sera rendue publique avant plusieurs semaines, délai que se donne le ministère pour préparer une exposition à la Cité de l'architecture (Palais de Chaillot).

Tandis que Nicolas Michelin réalisera le "cœur" du futur siège du ministère, l'architecte Jean-Michel Wilmotte sera chargé d'aménager "la corne ouest" du site (immeubles de bureaux locatifs) et l'Atelier 2/3/4 réalisera la rénovation de la Cité de l'air, à l'est. Il s'agira du plus vaste chantier à Paris depuis la Bibliothèque nationale de France, conçue par Dominique Perrault et inaugurée en 1995.

Pour le deuxième groupe français de BTP, le contrat dépasse 3 milliards d'euros, pour bâtir ou renover 467 000 m2 de bureaux qui accueilleront 9 300 salariés. Un contrat qui s'inscrit dans une procédure de Partenariat public-privé (PPP) particulièrement complexe pour un projet d'une telle ampleur.

Bouygues investit la totalité des fonds, en retour de quoi le groupe touchera un loyer compris entre 100 et 150 millions d'euros – sans soute une somme intermédiaire qui sera fixée lorsque le groupe et le ministère auront peaufiné le contrat de partenariat public privé (PPP) sur trente ans qui doit être signé en avril – payé par l'Etat pendant une durée contractuelle de 27 ans.

Au terme de ces vingt-sept années, le ministère de la défense récupérera l'ensemble du site et des bâtiments qui y auront été rénovés ou construits. Pendant cette durée le groupe devra répondre à un cahier des charges comprenant aussi bien la maintenance des édifices que des services comme la restauration, des crèches, une piscine, etc.

Faute de connaître les projets, ne serait-ce qu'à travers des esquisses, il faut s'en tenir aux informations que laisse filtrer l'équipe en charge du projet au ministère : la proposition architecturale signée Nicolas Michelin et Jean-Michel Wilmotte aurait séduit les militaires par son caractère pratique et évolutif. Une esquisse plus que détaillée – comme y étaient astreints les deux autres concurrents – puisqu'elle doit permettre une demande de permis de construire dans des délais extrêmement serrés si la date butoir de 2014 doit être tenue.

La vente d'une quinzaine de sites actuellement occupée par les militaires et les civils n'est pas censée couvrir la moindre partie du projet Balard et doit être affectée à d'autres besoins en équipement des armées."

Derrière l'annonce froide, les chiffres et les données, deux faits majeurs:

Paris n'a pas de terrains pour le logement social et les équipements sportifs et culturels mais là, on trouve l'équivalent de 23 terrains de football (unité de mesure commode mais non pour que cet usage soit exaustif).

Cela pour permettre au gouvernement, à l'image du centre conférence Kleber devenu la cantine des groupies de Ben Ali ou le ministère de la Marine place de la Concorde, de spéculer sur les batiments de prestiges du coeur de Paris. Pourtant, l'armée dispose rien qu'en Île de France de centaines d'hectares de fonciers en zones urbaines pour répondre à ses besoins si vraiment ceux ci étaient impératifs pour la défense nationale.

Second fait qui n'est pas le moindre : ces terrains sont des terrains publics qui, pour 27 ans pour commencer, vont être livrés à Bouygues, le copain du Fouquet's pour y réaliser et assurer la maintenance d'un équipement public majeur sans que le pays en ait la maîtrise totale et pour lequel Bouygues recevra un loyer de 2700 (pour appaiser les récriminations), à 3250 millions d'€uros (pour servir de base d'ajustement) cela pour un bail de 27 ans (sachant d'expérience que contrairement aux salaires, en la matière les prix s'envolent et ne reste jamais au niveau plancher. Sachant aussi que ce côut n'intègre pas les instalations sensibles que l'armée y réalisera mais dont Bouygues sera le titulaires de fait du bail. 

La moulinette Sarko libérale s'engouffre dans les partenariats public privé (PPP) engagés sous Jospin (les lignes TGV de Gayssot) pour venir au coeur des outils régaliens de la République. Et personne qui ne dise sa colère parmi les souverainistes à oeuillères bien calées.

A quand BNP Parisbas pour gérer la solde des soldats ? Combien de temps avant que PSA organise  la maintenance des véhicules ou Dassault pour exploiter les bases aériennes?

C'est déjà fait ou en cours voire en négociation ? 

Tiens donc et on ne l'avait pas dit?

Au fait, comment dit-on Halliburton* en français ?

http://www.international-communist-party.org/Francais/GaucheCo/img/ParisSiege1.jpg

*Petit rappel utile tiré du très consensuel "wikipédia" : Dick Cheney vice président des USA au coté de Bush dirige la société d'ingénierie civile Halliburton spécialisée dans l'industrie pétrolière. Le fait que cette société ait décroché de gros contrats en Irak en 2003 lui est très fortement reproché : Ses liens avec l'industrie pétrolière lui sont reprochés et il est accusé d'être intervenu pour que Halliburton obtienne de gros contrats de fournitures aux armées et de reconstruction.

 En dépit des vérifications les plus sévères, un seul document existe dans ce sens. C'est en l'occurrence un courriel du Pentagone indiquant que « l'attribution d'un contrat de 7 milliards de dollars à une filiale d'Halliburton, sans appel d'offres, en mars 2003, a été approuvée à tous les niveaux, y compris le cabinet de M. Cheney ».

 Halliburton a aussi été fournisseur officiel de matériel pour l'armée. Il serait passée du 19e rang des fournisseurs de l'armée américaine en 2002 au premier en 2003, après avoir profité de très gros contrats avec le gouvernement, jugés par certains passés dans des conditions douteuses, notamment pendant la guerre d'Irak.

Le président de la commission de contrôle du gouvernement à la Chambre des représentants, Henry Waxman, a dénonçé ces marchés attribués sans procédure d'appels d'offres à l'entreprise Halliburton et sa filiale KBR.
Le directeur de KBR de l'époque, Al Neffgen, a comparu devant la Chambre des représentants en 2004 pour défendre les surfacturations effectuées par Halliburton sur les services fournis à l'armée.

En février 2007, un scandale se développa à propos des conditions d'accueil des blessés de la guerre d'Irak. Or, une lettre de septembre 2006 par laquelle l'adjoint de général Weightman évoquait "un risque de défaillance des services de soins" en raison de la pénurie de personnel consécutive à une privatisation des services généraux de l'hôpital.

Cette privatisation a été réalisée par un contrat de 120 millions de dollars sur cinq ans pour assurer les services non médicaux et la maintenance des locaux. Ce contrat a été octroyé à l'entreprise IAP, dirigée par Al Neffgen, ancien responsable de KBR, filiale d'Halliburton.

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #polémique

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