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De la gourmandise politique comme un des arts de la table :

 


Bon appétit, messieurs ! – Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !

Islande, Grèce, ici l'Espagne, demain le Portugal.

Du grand Hugo dans Ruy Blas

Quelle actualité que ce texte.

 

http://www.consuls-marseille.org/images/ruyblas.jpg

Munis de cette expérience lançons une pétition pour attribuer à Francis Wurtz le prix Nobel d'économie libérale:

Interview de l'aigle royal du haut koenigsburg qui livre sa pensée économique dans l'Huma du 16 mai. Ben mazette, quelle dérive, à rester pantois.

Le système financier craque de partout devant les exigences du capital à laminer les peuples.

L'UE bras séculier des marchés en Europe est prise entre crampes et paralysies. Elle reste tétanisée devant la boite de pandore qu'elle a construit délibérément à partir de la CECA des années 50 et qu'elle a ouverte avec le traité de Lisbonne. Fuite en avant, en fait au devant des marchés, l'UE organise l'explosion de toutes les bases de souveraineté qui pourraient lui faire obstacle.

Et F. Wurtz, accompagnateur du déclin de l'idée communiste sur toute une carrière, ce qui lui confère l'Honorariat si ce n'est du grade, au moins du mandat, ne trouve rien de mieux de dire dans l'huma: " Premièrement, il faut tout faire pour ne plus faire dépendre le développement de l’Union européenne (UE) des marchés". Cela revient déjà à dire qu'on ne la rejette pas. En plus de postuler qu'il est possible de réussir de l'accumulation sans exploiter ce qui revient à dire qu'on peut des omelettes sans casser d'oeufs ou faire la guerre sans destruction.C'est comme cela qu'on approuve la présence militaire française à Kaboul.

Au mieux une ineptie, au pire et là le pire est le plus probable une dérive de la pensée qui fuit par tous les trous percées dans tous les repères patiemment construit par deux siècles et demie de luttes populaires. La boite à idée transformée en passoire.

Ce qu'il avance n'a plus rien de marxiste, ni de marxiens, même un disciple de la tendance Groucho n'y retrouve pas de repères. Le parlementarisme lui a mis un tel coup de barre que là, plus de Marx pour que ça reparte, le Monsieur loyal du cirque strasbourgeois nous sort de sa manche un lapin rose: "Cela suppose d’aller dans le sens d’une proposition des économistes communistes : le crédit sélectif".

On connaissait le tri avant la poubelle et ses difficultés. Caricature? Que nenni, lisez la suite :" C’est-à-dire que l’on n’accorderait pas un crédit de la même manière d’une part à une entreprise dont l’investissement produit de l’emploi, élève la formation des salariés, favorise la recherche ou la défense de l’environnement, ou à un pays pour créer des richesses durables et utiles ; et d’autre part à des investissements qui servent à financer des opérations spéculatives" (les parties soulignées le sont par CleR).Un tri sélectifs où les déchets ultimes cohabitent avec le recyclable.

Donc à situation de crise grave, réponses wurtziennes fortes et révolutionnaires : le robinet du crédit (qui n'est que de la richesse créée et soustraite aux producteurs ou à créer par les peuples pourrait –dans certaines conditions, lesquelles- continuer "à financer des opérations spéculatives"? Oh, Francis! T'en est où?

C'est ça la visée communiste du 21ème siècle? Permettre au prisonnier de distraire une partie des ficelles pour tresser la corde qui va l'étrangler et la donner au bourreau ?

Et fier de la trouvaille, il s'acharne et confirme y compris en inversant l'ordre pour que rentre bien dans les têtes: " Combien va au marché ? Combien va aux peuples ? Là est l’enjeu de cette bataille sur les critères et sur les taux d’intérêt. C’est une confrontation de classes moderne. Renoncer à poser cette question reviendrait à capituler devant les exigences du marché".

  Donc l'horizon indépassable de la lutte des classes du 21ème siècle, c'est d'accepter le racket des marchés et la stérilisation de tout ou parties des richesses dans l'accumulation pour financer à crédit tout ou partie de la spéculation ?

A ce compte là, il faut que Goldman Sachs renfloue les caisses PCF au titre de souscription pour service rendu et que Jean Peyrelevade (celui du Crédit Lyonnais et de Confrontation réunis) en devienne vite le trésorier.

Un congrès d'étape devrait suffire pour mettre cela en route.

Faut calmer la mirabelle ou le pinot gris. Sinon, cela donne cette péroraison du sermon :

  "L’Europe doit devenir un instrument de protection de l’emploi et des conditions de vie." Les centaines de milliers d'emplois à statuts dans les services publics supprimés au travers de l'UE, les augmentations des tarifs et le démantèlement des activités non rentable pour le capital témoignent de cette capacité quasi religieuse à se préparer à un monde meilleurs quand la part spéculative des marchés sera maitrisée par la réorientation…etc.

http://www.danielriot.com/images/medium_blum.2.jpghttp://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/f_wurtz001.jpg 

De L Blum à F Wurtz, à 3/4 de siècle d'interval, la gestion loyale du capitalisme

 

Il nous prend pour des billes le Francis ?

Si les mots ont du sens, cela veut donc dire que la direction du PCF (il en fait partie et ne parle jamais sans avoir des garanties; cela aussi peut expliquer la longévité) par la voix de F Wurtz propose de s'inscrire durablement dans l'existence de l'UE, des marchés financiers, de la casse des protections sociales et services publics qui doivent les alimenter.

Pour cerner le débat et l'éclairer de façon non polémique, deux propositions :

La première: lisez, faites lire, et ceux qui le peuvent, svp,  transmettez à F Wurtz le texte de l'allocution de  Benoît Frachon en 1964 sur la construction européenne (il est sur ce blog :   Marché commun UE, syndicalisme de classe. retour sur ce qu'en disait Benoît Frachon ) au congrès de la FSM,

et au passage comparez: lequel des deux, F.Wurtz ou B.Frachon, collent le mieux aux réalités ?

La seconde: reprenez la collection de l'Huma pour voir ce qu'il était dit du congrès du SPD allemand initialement hostile à l'économie de marché, le SPD de l'Ouest finit en 1959 par l'accepter avec le programme de Bad Godesberg,

Dans un édito paru le 30 mai 2008 dans l'Humanité, à propos des déclaration de F Hollande :  « Depuis le temps que l’on nous sommait de faire notre aggiornamento ou notre Bad Godesberg, voilà qui est fait. » D Bègles écrivait : "L’aveu vient de l’actuel premier secrétaire du PS, François Hollande.  " Le congrès de Bad Godesberg, en 1959, marque un jalon aussi important dans l’histoire de la social-démocratie européenne que le Congrès de Tours (1920) dans celle de la gauche française. C’est lors de ce congrès que les sociaux-démocrates allemands ont décidé d’abandonner toute référence au marxisme, transformant le SPD en parti se soumettant à ce que d’autres ont appelé « la main invisible de l’économie de marché ». Et en remisant dans les placards de l’histoire tout décryptage de la réalité sociale par le critère d’antagonisme de classe". 

Deux ans plus tard c'est l'accélération de la glissade, F Wurtz ne rejette pas l'antagonisme de classe il s'empare de sa défroque pour masquer les dents du capital.



Clin d'œil d'Athènes: Retour chez nos amis grecs : Prométhée (qui devait être un jeune des banlieues de l'Olympe) vole le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonne à Vulcain (son Befeu-Hortesson) de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Son nom, Pandore. En grec signifie "doté de tous les dons". Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. C'est Épiméthée, le frère de celui-ci, qui est séduit par la jouvencelle, il fini par l’épouser.

Le jour de leur mariage, "on" remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité (ah les femmes!!), elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. Voila le mythe origine de la "boîte de Pandore", Elle symbolise bien la catastrophe qu'est l'UE. CQFD

 

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