Coucou, de passage.

Publié le 10 Août 2012

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Aujourd'hui transit par Paname (pour raisons familiales et militantes qui permettent de vous passer ce bonjour).

L'occasion de passer un mot ou deux, fruits des cogitations estivales de La canaille.

Pour commencer parce que nous sommes le 10 aout, jour anniversaires du déclanchement de la grève insurrectionelle des cheminots, un petit point d'histoire qui n'est pas sans liens avec la dite grève insurectionelle.



"C'est par un des plus anciens des lecteurs de La Canaille par ailleurs vieux complice de plusieurs décennies militantes ferroviaires politico syndicales que l'info lui est parvenue. Pourtant, pour réussir à l'encolérer il lui en faut pas mal. Faut dire que parmi les exotismes éditoriaux de l'été, au milieu des marronniers, poussent des palmiers du genre de celui qui suit.


Recevant son courrier La Canaille a rapidement saisis le pourquoi de son ire.


Pour comprendre, il faut savoir que la fédération des cheminots avant même d'être CGT a créé un orphelinat (ONCF) qui par le militantisme de ses membres a assuré et assure toujours une solidarité active aux gosses de cheminots victimes des divers accidents liés à la vie professionnelles, la maladie et aussi, il y en eu besoin, militante (répression, usure physique etc.). La Canaille s'honore d'y avoir ses plus de 37 ans et demi de cotisations et il a personnellement pu mesurer son utilité et le niveau du dévouement de ses animateurs.


Un ONCF que sa présence comme chaque année à l'Arc de Triomphe ce 10 aout a confirmé dans sa volonté de tenir sa place dans l'histoire sociale et les valeurs progressistes.


Comment ne pas marquer un étonnement plus que profond en lisant dans son bulletin de juillet dans un article partant d'une volonté fort louable de donner des repères, que le front populaire fut la constitution d'un "vaste parti politique rassemblant toutes les tendances de la gauche française. Ce parti s'appelle le front populaire il descendra dans la rue avec les syndicats pour appuyer leur revendications parti de gauche qui permit par la victoire de 1936 …le  FP accédera au gouvernement après les législatives du 4 juin et c'est dans la nuit du 07 au 8 juin que sont signés les accords Matignon …" (sic).


Le fait de dire à des jeunes que les acquis sociaux n'ont pas toujours existé est certes une bonne chose encore faut-il que la simplification à outrance ne conduisent pas à des raccourcis contre productive.


C'est d'abord oublier que le front populaire n'est pas un parti politique, qu'il ne se constitue pas pour gagner les élections, qu'il regroupe nombre d'associations et organisation, partis, qu'il se crée pour lutter contre la montée des fascismes en Europe, qu'il se fédère autour d'un mot d'ordre rassembleur au sein d'une société en crise ou dictature, exploitation et répression se conjuguent. C'est pour cela qu'il sera "Front Populaire pour le Pain, la Paix et la Liberté".


Quand les élections législatives sont gagnées en 1936, rappelons que pour des raisons qui ressemblent à celles de 2012 mais sur une analyse un tantinet plus affutée et révolutionnaire qu'aujourd'hui la SFIC (le PCF) qui est initiateurs et un des cofondateurs et signataires du pacte de Front Populaire ne participe pas au gouvernement, la CGT non plus, tout comme les mouvements intellectuels et pacifistes qui en font le troisième pilier. Le FP n'est pas un parti politique de gauche.


Dès la victoire électorale des partis devenus majoritaires à la chambre, la CGT  exige des mesures sociales et pour cela coordonnent les grèves qui éclatent en Normandie et font tâches d'huile les travailleuses et travailleurs occupent les usines singulièrement dans la métallurgie, la chimie le textile. C'est la panique au CGPF (Medef de l'époque), la droite se déchaîne et une part des députés dit de gauche appelle au calme que quelques semaines avant que Blum appelle à la pause. (Pour ne rien dire de la question espagnole).


Léon Blum qui est au soutien des luttes sociales ce que la feuille d'eucalyptus est à l'alimentation du tigre de Siberie est contraint (le terme est aussi fort que réel) d'organiser une négociation à Matignon où la délégation de la CGT réunifiée conduite par B Frachon arrachera reconnaissance de fait du syndicalisme, et imposera contre le patronat et le gouvernement une augmentation massive et immédiate des salaires, les conventions collectives, la semaine de quarante heures, les congés payés pour tous les salariés. La valorisation du rôle de Jouhaud dans l'article et l'absence de référence à Frachon demande à coup sur une suite à cet article. Les accords Matignon marqueront le tournant de 36 démontrant que ce sont les luttes qui ont marqué le pli et l'on maintenu.


Faut-il voir dans l'article de l'orphelinat une tentative d'édulcorer l'histoire ? La Canaille ne le pense pas. Par contre il met en évidence que si la bonne volonté est nécessaire, elle ne suffit pas et qu'un travail d'élaboration est indispensable. Comme il ne manque pas de militants compétents en matière historique au sein de la fédération CGT des cheminots et son IHS, gageons que cette bonne initiative éditoriale qui s'engage par une trébuchante précipitation se poursuive avec un partenariat qui avec régularité et rigueur en évitera les pièges. Les adhérents de l'ONCF et ses pupilles auront ainsi à disposition des outils de connaissance pour avancer dans la vie. 


Nul doute que le bulletin de l'ONCF va dans sa prochaine édition apporter les éclairages nécessaires pour préciser le cadre de l'article incriminé. Mais La Canaille étant attaché à l'Orphelinat et connaissant les difficultés militantes pour faire vivre une telle structure bénévole surtout dans la période, autant aider à la rectification en attirant ici l'attention."

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Mémoire et Histoire

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