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Côte d'Ivoire, pour y voir plus clair

 

http://www.alterinfo.net/photo/art/default/2539226-3578704.jpg?v=1291979001 

Des images qui sont bizarrement atteintes de bug depuis quelques jours comme si monsieur Bolloré n'aimait plus ses ex relations 

 

 

Voila. Il y a des moments quand les choses se compliquent, mieux vaut en appeler à des gens compétents que de tenter de défricher au risque de se tromper dans ce qui doit être coupé ou garder.

Ce qui se passe en Côte d'Ivoire n'est pas simple. Est-ce réductible qu'à une simple bataille interne entre clans rivaux ou est-ce l'expression d'autres enjeux colonialistes et néocolonialistes qui dépassent le périmètre d'une des possessions de l'ex empire colonial ?

Vous lirez ci-dessous, le point de vue de mon ami Jean Lévy, publié initialement sur son  blog http://canempechepasnicolas.over-blog.com/ .

 

Je l'avais trop vite lu, mais merci à El Diablo d'avoir insisté sur la pertinence de l'analyse.

Jean à la dent dure. Normal. Devant l'hypocrisie, seule la franchise est capable d'aider à y voir clair. Entre Gbagbo l'ex mercenaire et Ouattara le nouvel adoubé via le FMI (encore lui) faut-il choisir?

Et le peuple ivoirien, quelle autonomie réelle a-t-il ? N'est-ce pas la seule et vraie question?

Vous avez de quoi aider à y voir plus clair.

http://estb.msn.com/i/7C/478F56C2C2FD3451F659E2BA7AA.jpg

 

De la Françafrique à la Côte d’Ivoire

Depuis quelques jours, la classe politique et tous les médias ont l’œil rivé sur la Côte d’Ivoire. Le « méchant », c’est Laurent Gbagbo, l’actuel président. Celui-ci refuse de s’incliner devant le résultat des urnes, tel que l’ont proclamé les « observateurs » des Nations Unies.

La  France, l’Union européenne et les États-Unis considèrent que leur candidat, Alassane Ouattara, ancien secrétaire-général adjoint du FMI, a remporté les élections. Les dirigeants occidentaux fulminent contre ce qu’ils appellent "un déni de démocratie" commis par Gbagbo, qui conteste le verdict.

Ils menacent celui-ci de sanctions.

Certes, nous ne sommes pas en mesure de vérifier si des irrégularités ont entaché les résultats du scrutin, d’un côté comme de l’autre. Car rien n’authentifie les votes massivement recueillis par Alassane Ouattara dans le nord du pays, dominé par les ex- « Françafrique» rebelles, région d’où le pouvoir central, celui de Laurent Gbagbo, est absent.

Rappelons que celui-ci avait, jusqu’à présent, les meilleures relations avec les dirigeants des grandes sociétés françaises, avec Vincent Bolloré, en particulier, qui s’était vu adjugé les activités portuaires d’Abidjan.

Mais en affaires, le vent tourne avec la concurrence sauvage, que se livrent aujourd’hui les grands pays du monde, et parmi eux, la Chine, de plus en plus présente en Afrique.

La France, l’Union européenne et les États-Unis ne l’entendent pas de cette oreille. Ils veulent conserver leur pré carré.

La cohorte des Occidentaux exige donc le départ immédiat de Gbagbo.

Parmi les plus acharnés, Nicolas Sarkozy s’en fait le plus virulent promoteur. Au nom de la démocratie, bien entendu. Notre président ne transige pas avec les grands principes : Il se fait le gardien scrupuleux du « libre choix »des électeurs.

Certes, ce qui pour lui est intangible en Côte d’Ivoire, n’est pas forcément valable en d’autres lieux.

Exemple : chacun s’accorde à considérer comme truquées les élections en Tunisie, où Ben Ali, le président obtient près de 100% des suffrages, les opposants étant dispensés de campagne, du fait de leur séjour en prison.

Mais qui a entendu Nicolas Sarkozy menacer Ben Ali de sanctions ?

Les exemples en ce sens sont nombreux. Récemment, le président égyptien a éliminé d’avance toutes les oppositions au Parlement. Qui s’en offusque ? Au mieux, ces pratiques sont du folklore qu’on déplore en souriant. Et ne parlons pas des États du Golfe, de l’Arabie saoudite, des Émirats, pour qui le mot « élection » n’a aucun sens.

Va-t-on montrer leurs dirigeants du doigt, et se priver ainsi de leur pétrole ?

Il n’en est pas question.

C’est sans parler, non plus, du code électoral en France même : Le charcutage des circonscriptions, découpées sur mesure par le pouvoir, est destiné à assurer au parti arrivé en tête, une représentation surdimensionnée au détriment des autres courants de l’opinion, exclus de toute représentation.

C’est cela la « démocratie » ?

Mais il y a mieux, ou pire.

Les propos martiaux de Nicolas Sarkozy résonnent alors que la télé, "France 2"précisément, vient de diffuser un reportage en deux épisodes sur « La Françafrique (1)», les réseaux de l’État français, qui de de Gaulle à Sarkozy, en passant par Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, ont mis en coupe réglée l’ancien « empire français », « indépendant » depuis les années 60.

Le documentaire, authentifié par les acteurs des multiples subversions, montre comment l’impérialisme français a tout mis en œuvre, depuis un demi-siècle, pour garder intactes les richesses naturelles des anciennes colonies, leur pétrole, d’abord, mais aussi l’uranium et autres matières premières stratégiques.

On y voit les « chefs d’État » de l’Afrique noire, pratiquement désignés par les autorités de la métropole, adoubés par tous les présidents de notre république, de droite comme de gauche. Le film fait mention des multiples interventions militaires des forces françaises, contre leurs peuples récalcitrants dans ces pays dits « libres ». Il nous rappelle les massacres de masse des élites africaines, en lutte pour une réelle indépendance, les assassinats d’État perpétrés contre leurs leaders, par l’ancienne puissance colonisatrice. Le gouvernement français va jusqu’à commanditer une sécession dans une province du Nigeria, riche en pétrole, le Biafra, armant et formant ses combattants. On connaît le prix de cette sanglante aventure : un million de morts dans cette guerre civile déclenchée par la France. Et le documentaire ajoute que les agresseurs, pour justifier leur forfait et le « vendre » à l’opinion publique, qualifièrent le conflit ainsi provoqué de l’extérieur, de « génocide du peuple biafrais » auquel, bien sûr,  « il fallait humainement répliquer» !

La formule a, depuis, été largement reprise.

Aujourd’hui, l’Afrique noire et ses richesses sont devenues un enjeu mondial. La concurrence entre États, conduit les potentats locaux, les Bongo père et fils, les N’Guesso, les dirigeants du Niger et, peut-être, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo lui-même, à être « plus exigeants » vis-à-vis de la métropole. La concurrence est dure. Aussi, chaque État, alléché par ces pays de Cocagne, place ses pions et protège ses agents aux plus hautes places du pouvoir « africain ». Il s’ensuit des conflits, souvent sanglants, qualifiés « d’ethniques », entre les factions concurrentes.

Faut-il y voir autre chose, aujourd’hui, à Abidjan ?

Jean Lévy

http://www.spheremetisse.com/images/stories/actu/gbagbo_sarkozy.jpg

du point de vue des images: Ite missa est 

 

 

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Michel CONNANGLE 22/12/2010 10:39



Infos interrssantes car il est vrai que je n'étais pas très armé sur le sujet.


Juste un petit oubli sur la démocratie française : le déni de démocratie sur le traité européeén quand le NON est transformé en OUI par nos sorciers du capital.



canaille le rouge 22/12/2010 10:51



Tu as raison, mais d'aucun disent (et certainement avec raison) que mes messages ont tendance à ressembler aux volumes de la Pléïade, si en plus j'y remet à chaque
fois l’environnement ça va singulièrement alourdir.