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"Contribution" au débat sur l'identité nationale ou la colère


 

Je ne voulais pas y tremper ma plume.
 

Mais d'un seul coup, devant le cloaque qui se révèle, monte une envie grandissante de mettre en branle la machine à distribuer des baffes :
 

Longtemps, j'ai réfléchi avant de porter avis sur l'ineptie de ce débat.
 

Comment croiser le fer avec des idées si rétrogrades qu'on a un sentiment de salissure à aller sur ce terrain? Comment ne pas non plus le laisser vacant pour le déploiement des idées les plus réactionnaires qui visent à corseter et la pensée et l'organisation de la société dans une idéologie totalitaire d'état ? Et donc comment ne pas alimenter la pompe.
 

Et puis coup sur coup, les arguties insupportables de la camarilla de l'UMP.
 

D'abord Estrosi qui, pour parler un langage de la mécanique qu'il connaît bien est à l'intelligence ce qu'une chaine à godet  est à l'injection électronique : une préhistoire longtemps et maintenant une obsolescence.
 

Citation du sinistre de l'industrie:

« Si à la veille du second conflit mondial — dans un temps où la crise économique envahissait tout — le peuple allemand avait entrepris de s'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande — héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme — alors peut-être aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne ». (AFP)
 

Si besoin était de démontrer la nécessité d'enseigner l'Histoire il en fait la démonstration.
 

Quid du traité de Versailles, des mises en selle des fascismes par le capital ?
 

Quid des camps de concentration (KZ en allemand) dès 1933 pour y parquer communistes démocrates syndicalistes avant d'y conduire tous les déportés sous critères raciaux à anéantir (juifs-tziganes).
 

En France les camps de concentration, (même appellation d'origine hélas contrôlée et administrativement réglementaire) mis en place dès 37 avec le même objectif  d'alimenter les trains de la mort et les pelotons d'exécution n'ont pas poussé les prédécesseurs de messieurs Besson, Sarkozy, Fillon ou madame Morano  à s'interroger sur ce qui fonde l'identité française.
 

Il est vrai que l'héritage des lumières et de la Révolution française qui en est la continuité, n'est pas ce qui se cultive le plus parmi les valeurs de la droite, au point qu'ils sont historiquement en campagne pour le dénoncer.

Quand Pétain rétablit par les armes la place de la bourgeoisie à Strasbourg contre les conseils ouvriers de novembre 1918, il préfigure le même qui en 40, ses Besson et Lefebvre d'alors et ses héritiers identitaires, les Lefebvre et Bessons d'aujourd'hui. Bourgeois catholiques et réformés- piaillent contre ces rouges qui seront bientôt  pour Hitler et Pétain des judéo bolchéviks.
 

Ceux qui aujourd'hui refoulent les minarets égorgeaient sur les marches des temples huguenots il y a trois siècles, fuyaient à Koblenz haut clergé en tête voila deux, priaient pour les fusilleurs à Paris 80 ans plus tard, les même se satisfont de ces clochers (que l'argent public entretien) qui scandent la catholique vie religieuse des campagnes. Ils se sont acclimatés ici ou dans les colonies, durant de décennies aux barbelés et miradors et les remontent en 2010 autour des centres de rétentions.  
 

Racistes ? Non que des choix…de classe : Ils ont leurs bons arabes : Luxe et  apparat : émirats d'or; bande de Gaza : les miradors.  
 

Bon, les petites phrases d'Estrosi, des dérapages d'un chamboulé de la connectique ? Mais moins d'une semaine plus tard, rebelote :
 

"La secrétaire d'Etat chargée de la famille et de la solidarité, Nadine Morano, a déclaré, lundi soir 14 décembre, vouloir du jeune musulman français "qu'il ne parle pas verlan", lors d'un débat sur l'identité nationale à Charmes (Vosges). "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers", a expliqué la secrétaire d'Etat à un jeune homme qui l'interrogeait sur la compatibilité de l'islam avec la République.

Lors du débat, le président de l'association locale Mémoire de Barrès, invité comme "grand témoin" à la soirée, a exalté la pensée de l'auteur lorrain, assurant notamment que "la patrie est plus forte dans l'âme d'un enraciné que dans celle d'un déraciné", ou défendant le "nationalisme de Barrès" par opposition au "cosmopolitisme"." (Rendu public par "Le Monde.fr").
 

Moralité, démonstration à l'appui de la sclérosée du cortex : Gavroche, sa gapette en biais et son argot de barricade où le Verlan est une composante historique est le représentant du cosmopolitisme. A quand V. Hugo l'inspirateur de Ben Laden, et quasimodo le mollah Omar?


      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e6/Gavroche_(Les_Mis%C3%A9rables).jpg

 

Existe-t-il un enseignant dévoué, patient qui aura droit à la médaille du sauvetage pour monter en première ligne qui tentera d'  expliquer à ces incultes que Le verlan ou l'inversion de lettres ou de syllabes date de plusieurs siècles. (Wikipédia précise : "Les premières occurrences de verlan utilisées à l'oral afin de créer un langage cryptique, uniquement compréhensible par les initiés, sont difficiles à établir car peu de références historiques existent dans la littérature").
 

 Sauf qu'à Paname au 16ème –siècle, pas arrondissement- Rabelais le connaissait comme un des outils du peuple parisien pour parler librement, dès le 15ème la cour des miracles fréquentée par Villon en usait, et il y a 50 ans dans mon école primaire c'était un des jeux de récré. Vite, les ch'ti, les bretons et les basques d'alors, dans des charters pour Douai, Quimper ou Ustaritz.

 http://www.linternaute.com/musee/image_musee/540/50523_1271060971.jpg

Brassens avait raison :"nanq no tse noc, no tse noc"*.
 

Le père d'Henri Krasucki (pour ceux qui ne le savent pas, comme sa femme et son fils, résistant dès 40, mort en déportation parce que communiste et juif) secrétaire du syndicat CGT des casquettiers alimentait le "cosmopolitisme" du témoin d'la Nadine comme on dit dans l'Est: La casquette,  symbole des luttes sociales  contre les messieurs à chapeaux, images des manifs du front populaire, c'est d'ailleurs LE "reproches" que les héritiers de Barrès (celui qui voulait au nom de la France, du moins l' idée qu'il en avait, interdire au métèque Zola de défendre Dreyfus le juif) clamaient mort au métèques et aux rouges, ils matraquaient sur les boulevards à coups de canne les "salopards en casquettes" isolés qui la portait dans ces années 30. La boucle se bouclera totalement quand on rappellera en cours d'histoire (s'il y en a encore) que Barrès et ses idées vénéneuses fut un des maitres à penser de  Vichy ou de la rue Lauriston. Ses idées sont maintenant  accueillies comme grand témoin par ceux de la rue de La Boétie (siège de l'UMP)  qui tendent les micros à ceux qui redressent la tête pour les porter.
 

 Et Lefebvre qui justifie le tout. Brassens devait en connaître un comme lui.**
 

Alors précisons aux Estrosi et quelques autres, que les rejetés de la nationalité d'aujourd'hui (antillais, africains etc.), historiques citoyens de la République ont quelques droits à rigoler devant leur  contorsions. Toussaint l'Ouverture était un général de la Révolution  quand Nice était province de la maison de Savoie.
 

Quand à la zébulonne du web, Morano ? Morano ! Ce n'est pas un peu extra identitaire ça si on en croit l'Intérieur ? De quel Sud improbable ça provient? Compatibles avec les racines chrétiennes défendues par le président? Attention madame Morano,  attention avec votre  idéologie qui n'est pas un faux pas, dans trois ans, allez, cinq, votre carte d'identité nationale, c'est à Nantes qu'il faudra aller la chercher. Ou, au vu du patronyme,  vous irez entre deux fonctionnaire de la PAF vous asseoir en silence  dans un charter.
 

La Révolution française, pour accueillir chez elle, a valorisé le droit du sol (qui nait en France est français) contre le droit du sang.
 

Devant les dégâts de votre politique, le sol se dérobe. Voila pourquoi vous cherchez à vos servir du sang.
 

Petit fils dans un désordre volontairement affirmé de Pierre, Sarah, Shaïm et Germaine, deux des quatre morts en déportation pour n'en rester qu'à ce niveau de parentèle,  quatre qui de conscience se sont engagés à divers degrés contre les nazis, Pétain ses maitres et ses féaux, contre ceux qui les finançaient,  moi, Canaille le rouge, j'attend avec curiosité de voir comment vous aurez le courage de vous excuser.
 

Canaille le Rouge qui ne vous salue pas.
 

*En occitan…" langued'oilien": "quand on est con on est con"

** comme ci dessus

 

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