Chemin de fer Corse : quand les luttes mettent tous les élus devant leurs reponsabilités.

Publié le 8 Février 2013

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Pour la première fois, loin des lieux donc à partir des éléments connus, Canaille le Rouge porte une appréciation sur ce conflit.


Pas sur la façon dont les cheminots corses mènent leur lutte, ce qui est de leur responsabilité et comme en plus en situation équivalente, il a et procéderait encore comme eux, pas besoin là dessus d'épiloguer


Mais plus pour pointer sur ce que sur le fond porte ce conflit.


C'est de deux ordres.


Déjà savoir si en matière de service public (commençons déjà là) il est possible de répondre aux besoins sociaux contre ceux  qui ont charge au quotidien de concrétiser cette réponse. D'entrée cela a des conséquences en matière de choix budgétaires et en matières de conceptions démocratiques des modes de gestion.

 

Ensuite cela pose la question des moyens et comment les affecter: Cadeaux au capital exonérations et cadeaux fiscaux au patronat et aux actionnaires au plan national et régional qui globalement affaiblissent les moyens de l'intervention publiques, ou mobilisations des ressources pour d'abord répondre au besoin dans les meilleurs conditions pour ceux qui travaillent à y repondre ?

 

Être de gauche (si le critère garde sa validité) c'est choisir le camp du travail et des populations contre celui du Medef, de la CGPME et ses déclinaisons consulaires au sein des CCI.


C'est même dans certaines régions (et pas qu'en Corse) le meilleur moyen d'interdire les dérives mafieuses.

 

Hier, il y a eu du grabuge à l'assemblée de Corse. 


La Canaille vous laisse lire le compte rendu.


Pas sûr que l'appel au préfet par le président de la collectivité (et sous réserve que le compte rendu soit conforme à la réalité) participe de la construction démocratique.


Si les mots ont été prononcés, celui ci devrait s'interroger sur les valeurs de la Commune, celles qu'autour de Pascal Paoli porte l'histoire révolutionnaire dont la souveraineté populaire, le mandat impératif et révocable. Voila ce qui fait le creuset des valeurs révolutionnaires qui construiront la République et les choix du peuple corse.

 

Voici le compte rendu de Corse Matin  (si d'autres sources d'informations sur le sujet sont disponibles évidemment la Canaille est prêt à les répercuter):

 

 


Le conflit social aux Chemins de fer de la Corse s’est invité à l’assemblée de Corse. Le refus du président de l’OTC de renécogier l’accord a provoqué la colère des grévistes et une crise politique dans la majorité

Décidément, le dossier des transports ne sied pas à la majorité régionale. On avait déjà remarqué des turbulences dans l'aérien et le maritime, on constate à présent que le ferroviaire est en train de faire dérailler les wagons de la gauche plurielle. Le conflit social des cheminots semble se transformer en crise politique et les tensions entre les élus communistes et l'exécutif, jusqu'à présent contenues, s'exposent au grand jour.

Hier, l'assemblée de Corse a été tirée de son train-train habituel avec le conflit aux Chemins de Fer de la Corse. Pendant que les grévistes CGT étaient à « quai » à l'extérieur du bâtiment, Marie-Antoinette Santoni Brunelli a mis le feu aux poudres en interpellant vertement le président de l'office des transports : « Vous faites preuve de surdité pendant que votre collègue, Michel Stefani, président de la SEM des CFC, en appelle, par voie de presse, à l'ouverture des négociations ». L'élue du groupe Rassembler pour la Corse a dénoncé les divergences de la majorité qui entretiennent une situation de blocage. « Je n'ai pas disparu », a répondu Paul-Marie Bartoli, faisant allusion à son silence médiatique depuis quinze jours.

Le « Niet » de Bartoli

Sur le fond du dossier, le président de l'OTC a été sans ambiguïté. L'exécutif a tenu ses engagements : les AMG sont en route, un schéma directeur sur 10 ans a été approuvé, un statut social juridique a été donné aux Chemins de Fer (SEM) et un statut social a été octroyé aux salariés. Paul-Marie Bartoli a précisé qu'il a signé un accord, « dans la concertation », a-t-il rappelé,avec le syndicat majoritaire et s'il est prêt à gommer des imperfections « à la marge », il est hors de question d'une renégociation. « C'est niet », a-t-il tranché, alors que son collègue Michel Stefani blêmissait sur les bancs du Front de gauche. Dénonçant l'absence d'une intersyndicale et les conflits de chapelles au sein des syndicats, Paul-Marie Bartoli a ajouté : « J'ai essayé de faire de mon mieux, mais il y a malheureusement aux CFC une culture syndicale exacerbée. La CTC ne peut pas être responsable des divergences syndicales… Je ne peux pas négocier avec les 250 salariés ». Pour le président de l'OTC, la discussion doit, à présent, s'engager entre les cheminots et la direction de la SEM. A enveloppe constante, bien sûr. « Ma mission est terminée », a-t-il ajouté, refilant le « bébé » à Michel Stefani.

« Pas l'habitude d'agir sous la menace »

Le « niet » de Paul-Marie Bartoli a résonné jusqu'à l'extérieur où une quarantaine de grévistes étaient contenus. A l'issue de cette réponse négative, les esprits se sont échauffés et les manifestants ont forcé - descellé - une des grilles principales de l'Hôtel de Région pour s'introduire, dans la confusion, au sein de la CTC. Une intrusion aussitôt dénoncée par le président de l'exécutif. Virulent, il a déclaré : « Les dégradations sont inadmissibles. C'est fait exprès. J'attends les explications du préfet et j'espère qu'elles vont arriver rapidement. Je n'ai pas l'habitude de siéger sous la menace, ni d'agir sous la menace. Par conséquent, je trouve cette situation inadmissible, mais elle illustre bien l'absence d'une volonté de l'État d'appliquer la loi dans cette île ».

Le simple conflit social entre un employeur et des salariés a donc glissé lentement vers une crise politique plus profonde. Au fil des questions orales, les échanges, courtois mais directs, se sont multipliés entre élus du Front de gauche et l'exécutif. « Les salariés ne sont pas des criminels, ils demandent l'ouverture de négociations », a martelé Michel Stefani, refusant la mission que souhaite lui confier la CTC - gérer la crise aux CFC- sans moyens supplémentaires. Le président de la SEM semblait sur le point de rendre son tablier : « Si on me pousse à formaliser l'impossible, ceux qui sont plus forts que moi le feront », a-t-il déclaré, pendant qu'Etienne Bastelica apportait son soutien aux grévistes, « 193 salariés qui signent une pétition méritent d'être écoutés. C'est ça la démocratie », a-t-il ajouté. « La situation est très tendue », confirmait un militant CGT.

Une réunion mi-figue, mi-raisin

Malgré ces tensions, qui ont fait l'objet de toutes les conversations, la majorité tentait de jalonner les voies. Antoine Orsini, qui il y a quelques jours avait interpellé l'OTC à propos de la reprise des négociations, rejetait d'ailleurs le principe de la crise politique. Pour François Tatti« tout le monde a tort et tout le monde a raison ». Et si les nationalistes sont restés silencieux, la droite semblait extrêmement satisfaite par la tournure des événements. Pour elle, cette affaire sort aujourd'hui très largement du simple champ social.

Du haut de son perchoir, le président de l'assemblée de Corse a joué les tampons en demandant à l'exécutif de « renouer assez rapidement le fil du dialogue pour essayer de sortir de ce problème qui ankylose la société insulaire ». Poussé sur la voie en remblai, le président de l'OTC a finalement reçu une délégation de grévistes. Une réunion a été longue pour déboucher sur une situation mi-figue mi-raisin : on ne rouvre pas les négociations, on discute. Deux cabinets d'expertises vont à nouveau rencontrer la direction de la SEM et les syndicats pour rectifier les erreurs qui apparemment se sont glissées dans la rédaction du statut des personnels. Pas grand-chose d'autre. Ce matin, une nouvelle assemblée générale des grévistes aura lieu pour décider de la suite à donner au mouvement.

Quant à Michel Stefani et à ses amis communistes, ils se donnent également le temps de la réflexion. Seule certitude, il ne veut pas être le dindon de la farce.

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Du côté des luttes

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