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Ce texte n'est pas de la canaille, cela aurait été un plaisir d'écrire quelque chose de ce style

 

Il est vrai que son auteur, Alain Accardo, a quelques compétences scientifiques et militantes, des repères autres que les plateaux de petits fours des ministères entre ceux de télévisions pour traiter ce sujet qui est dans les débats que ce blog cherche à titiller.

 

Faisons devant cette bonne fortune très bon coeur et même si on peut souhaiter d'autres solutions sur le moyens voir court terme, pour l'immédiat, réjouissons-nous ensemble à la lecture de ce petit cristal de clartée:

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VIDONS LE BOCAL !*

ALAIN ACCARDO

Au soir des élections régionales, comme il est de tradition
pour l’ensemble des participants, je me suis déclaré satisfait des résultats.
Certes, j’avais bien quelques petites raisons d’être dépité : la bigoterie
alsacienne avait conservé à la droite sa seule et unique région ; le
racisme fascisant avait repris des couleurs ; l’opportunisme cohn-bendiste
faisait encore illusion et surtout l’imposture socialiste se voyait encouragée
à tromper de nouveau les Français.


Mais cette déconvenue était plus que compensée par le
triomphe éclatant de mon propre parti, celui des abstentionnistes :
« plus d’une moitié de l’électorat a boudé les urnes », comme on le
coassait dans la mare médiatique, sans d’ailleurs se préoccuper d’analyser plus
profondément l’embarrassant phénomène. Il est tellement plus excitant de spéculer
sur les futurs présidentiables ! Des commentateurs moins chabotisés que
nos journalistes et nos politologues auraient pu faire quelques remarques
instructives. Essayons de suppléer à leur défaillance.


Il est clair qu’une part croissante de l’électorat, qui sera
un jour largement majoritaire, a enfin compris que le système du
parlementarisme bourgeois est un stratagème qui consiste, sous apparence de
démocratie, à faire avaliser par les petits et moyens salariés des politiques
favorables, à tous les niveaux, aux intérêts des gros possédants, des
affairistes et des spéculateurs, toutes catégories de profiteurs que les
politiciens comme Mme Lagarde appellent « les forces vives de la
nation », mais que nous sommes de plus en plus nombreux à appeler des
maffias. Au train où vont les choses il n’y aura bientôt plus que les
fétichistes de l’urne et du bulletin de vote pour répondre aux convocations
électorales. Les gens avertis, désormais indifférents à la question de savoir
s’il vaut mieux se faire pendre à un croc de boucher par la vraie droite ou
écorcher vifs par la fausse gauche, s’abstiendront d’aller bêler leur
soumission à leurs égorgeurs.


« Mais, m’objectera-t-on, n’est-ce pas là faire le jeu des
forces réactionnaires ? » De grâce, qu’on m’épargne cette rhétorique
éculée ! Où et quand avez-vous vu, depuis plus de vingt ans que dure la
contre-révolution néolibérale, de Reagan et Thatcher en Bush et Blair, de
Mitterrand et Jospin en Fillon et Sarkozy, que des élections prétendument
démocratiques aient abouti, dans les sociétés occidentales, à autre chose qu’à
renforcer la spoliation et l’asservissement des peuples en leur extorquant leur
consentement dans un isoloir ? Quand par extraordinaire une population a réussi
à exprimer massivement son opposition à l’entreprise de démolition sauvage de
notre civilisation par la mondialisation capitaliste, comme lors du référendum
sur le projet de constitution européenne, tous les pouvoirs en place se sont
carrément assis dessus. Croyez-vous sérieusement que nos aïeux se sont farouchement
battus pour la démocratie, pour laisser s’instaurer au bout du compte la
mascarade à laquelle nous persistons à donner ce nom ?


Etant donné qu’aujourd’hui, à tort ou à raison, nous
répugnons à répondre par la violence à la violence des institutions capitalistes,
le refus de jouer les comparses ou les benêts dans la sempiternelle farce
électorale cesse d’être une coupable abstention pour prendre une
signification proprement
 révolutionnaire : puisque le capitalisme
est comme un poisson dans l’eau trouble de la manipulation électorale, alors
ôtons-lui l’eau de son bocal. « Mais dans ce cas, insistera-t-on, le
Pouvoir de l’Argent pourra continuer à exercer ses méfaits avec simplement le
soutien d’une infime minorité de complices ! » Peut-être bien, mais il ne
pourra plus, avec le soutien d’une majorité de dupes, prétendre être le pouvoir
du peuple et il n’y aura plus lieu de parer du nom de démocratie la dictature
avérée du Capital. On en aura fini avec le mensonge du régime actuel qui lui
permet,
 de toute manière, de gouverner au nom du peuple contre le
peuple. Cette clarification est la seule voie pour mettre un peu de clarté et
d’honnêteté dans un jeu politique complètement perverti par les maffias
régnantes de droite et de « gauche ». On verra alors où et qui sont
les véritables partisans de la démocratie, et la lutte des
classes retrouvera son vrai visage.
 

* Chronique pour La Décroissance (mai
2010)

 

Oui, A mettre d'urgence dans ce paniers des outils indispensables aux débats : quand le capital est comme un poisson dans l'eau, à défaut de pêcher le barracuda, asséchons l'aquarium, il sera temps de le remettre en eaux pour d'autres espèces plus conviviales. 

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