Bengladesh suites d'un massacre, colère ouvrière.

Publié le 4 Décembre 2012

http://www.courrier-picard.fr/var/plain_site/storage/images/actualites/monde/incendie-d-usine-au-bangladesh-des-cadres-arretes-5.000-manifestants/8458852-1-fre-FR/Incendie-d-usine-au-Bangladesh-des-cadres-arretes-5.000-manifestants_reference.jpg

le  capital est un rapport social d'exploitation. Derrière la définition, le réel.

 

 

Vous avez peut-être en mémoire ce lourd silence médiatique lors de l'incendie des usines textiles du Bengladesh.


 

Stylos, micros et caméras n'en avaient que pour le duel au paint-ball à balles dorées dans les rues d'OK Vaugirard.


 

Pendant ce temps dans une usine en feu, 120 ouvriers et ouvrières se faisaient assassiner par la course aux profits des enseignes de la grande distribution.


 

Je reprends ce qui suit des p@ges de J Tourtaux.


 

Cela permet de faire le point des luttes que les incendies meurtriers n'ont fait qu'amplifier et d'autre part de stigmatiser le silence ici du mouvement syndical au 03 décembre, rien, vide, silence sur CFDT, Solidaire. Plus grave pour La Canaille, pas un mot sur le site de la CGT, même pas sur celui de sa fédération textile habillement cuir.


 

Le Bangladesh est aujourd'hui :

 

le deuxième exportateur mondial de textile (80% de ses exportations),

4 000 usines de prêt-à-porter.

4 millions d'ouvriers, dont 90% de femmes, travaillent dans le secteur textile,

soit 40% de sa main d’œuvre industrielle.

 


 

http://actualite.portail.free.fr/monde/25-11-2012/incendie-dans-une-usine-au-bangladesh-plus-de-100-morts/2012-11-25T111957Z_1_APAE8AO0VHB00_RTROPTP_3_OFRWR-BANGLADESH-INCENDIE-20121125.JPG

Ceci était une usine textile aux portes bloquées ou encombrées

 

 

 

Le Bangladesh, nouvel Eldorado des multinationales avec un salaire minimum d'1 euro par jour


 

Au Bangladesh, comme en Indonésie (cf. Grève historique fin septembre début octobre en Indonésie : trois millions d'ouvriers en grève, 200 000 manifestants dans les rues de Djakarta contre la précarité généralisée et les salaires de misère) ou la Malaisie, la surexploitation de la classe ouvrière par les multinationales occidentales, dans le cadre de la division internationale du travail, conduit à des révoltes de plus en plus fréquentes.

 

 

A l'origine de cette vague de protestations, un incendie ce 24 novembre dans l'usine Tazreen Fashion, dans la banlieue de Dacca. Un bilan meurtrier, près de 120 morts dont une majorité de femmes, aggravé par l'attitude de la direction de l'usine qui a minimisé l'incident pour maintenir les ouvriers dans l'usine.

 

 

L'indignation initiale des ouvriers de l'usine s'est transformée en action, et en convergence des luttes avec les ouvriers de tout le bassin industriel.

 

 

Les ouvriers de près de 500 usines de confection du complexe industriel d'Ashulia se sont joints à la colère et ont réclamé justice pour les victimes et amélioration de leurs conditions de travail pour tous.

 

 

Pas un jour depuis deux semaines sans manifestation dans les cités ouvrières de la banlieue de Dacca.

 

Ce lundi 3 décembre, ce sont 10 000 manifestants qui ont occupé le complexe d'Ashulia.

 

 

Le Bangladesh est devenu le nouvel eldorado des multinationales du textile.

 

 

Avec un salaire minimum de 28 € (soit moins d'un euro par jour), et un salaire moyen compris entre 40 et 80 €, le « coût du travail » défie toute concurrence au Bangladesh. Une concurrence dont ne pâtissent pas seulement les pays développés mais aussi l'Inde et même la Chine, où le salaire moyen dans le secteur tourne entre 150 et 250 €.

 

 

 

Le Bangladesh est devenu en 2011 le deuxième exportateur mondial de textile (80% de ses exportations), avec 4 000 usines de prêt-à-porter. 4 millions d'ouvriers, dont 90% de femmes, travaillent dans le secteur textile, soit 40% de sa main d’œuvre industrielle.

 

 

A l'origine de l'attraction des capitaux internationaux, la politique d'exploitation maximale en cause dans l'incendie du 24 novembre : absence de règle de sécurité, installations vétustes, cadences infernales, travail jour et nuit, femmes et enfants compris.

 

 

C'est cette politique qui a conduit au Bangladesh les clients de l'usine « Tazreen Fashion », les multinationales C & A, IKEA, Carrefour ou encore Wal-Mart.

 

 

Depuis les grandes grèves de 2010, qui avaient permis une augmentation de 80% du salaire minimum, les manifestations et conflits du travail se multiplient dans le secteur, notamment à la suite d'accidents de travail révélant au grand jour les pratiques inhumaines des sous-traitants des multinationales.

 

 

Selon les ONG, 500 ouvriers sont morts dans le secteur depuis 2006, victimes d'incendies sur leur lieu de travail.

 


Mardi 4 décembre 2012

 

 

http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2012-11-27T132612Z_1359922094_GM1E8BR1NE001_RTRMADP_3_BANGLADESH-FIRE_0.JPG

 

Précisions sur l'enquête de police et la colère ouvrière, sa répression. 

 

 

Déclaration des autorités :

 

  •  
    • Le propriétaire en fuite de l'usine Tazreen Fashion, Delwar Hossain, a été retrouvé mardi (il avait réussi à s'éclipser) et était interrogé sur les circonstances du sinistre survenu samedi soir dans la zone industrielle d'Ashulia, proche de Dacca.
    • Il était également entendu au sujet d'une violation "présumée" des normes de construction en vertu desquelles le bâtiment de neuf étages n'aurait jamais dû en dépasser trois.
    • "Trois cadres (intermédiaires) de Tazreen. Des rescapés nous ont dit qu'ils n'avaient pas autorisé les ouvriers à fuir le feu, expliquant que c'était un simple exercice d'incendie. Certaines informations les accusent d'avoir verrouillé les portes".
Les mêmes autorités déclarant (La canaille laisse ces infos dans leur jus) :
  •  
    • Selon la police, au moins 5.000 ouvriers ont quitté leur ateliers et ont défilé en caillassant les façades de plusieurs des 500 usines de confection de la zone.
    • La police a fait usage de balles en caoutchouc, déployé des canons à eau et projeté de l'eau chaude pour disperser les manifestants qui s'en prenaient aux forces de l'ordre.

 

 

IL semble que les canons à eau sont plus disponibles et efficaces pour réprimer les colères ouvrieres que pour lutter contre les brasiers industriels : le capitalisme à Dacca est en pleine expansion. La voila la société de libre concurrence chère à dame parisot.

 


Si c'est lignes sont lues du côté de la porte de Montreuil, il n'est pas trop tard pour exprimer une solidarité indispensable et dénoncer les relais patronaux en France et faire publiquement le lien avec la casse de notre industrie textile ici. 


 

Sinon tous les discours sur la mondialisation et ses besoins de convergences ne resteront …que des discours et donc n'auront aucune utilité.

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Colère

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