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Amnistie, lutte de classe et mode d'emploi

http://gauchedecombat.files.wordpress.com/2012/04/violence_policiere.jpg?w=620    

Pour avoir un antagonisme, faut être deux. Voila la réaction (nom bien de circonstance) de la CGPME a un texte qui n'est pas encore entré en vigueur et qui va certainement être un peu plus édulcoré à mesure des navettes parlementaires.

"L'organisation patronale CGPME a vigoureusement protesté jeudi 28 février contre la proposition de loi d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, votée la veille par le Sénat.

 "La violence ou la dégradation de l'outil de travail ne sont pour finir, au regard de ce texte, pas si graves que cela et ne méritent plus en France en 2013 de sanctions ! Clémence pour les syndicalistes !"

  

"UN TEXTE SCANDALEUX" disent ceux qui ne condamnent pas les agressions contre les inspecteurs et contrôleurs du travail, ceux qui harcèlent voir usent de violences physiques et sur les salariés, embauchent des milices.

Ils osent poursuivre :


"A l'inverse, il va de soi bien évidemment que le patron d'une entreprise de 11 salariés qui lui n'a pas exactement respecté la procédure lors des élections de délégués du personnel reste coupable d'un délit d'entrave passible d'un an d'emprisonnement", poursuit la CGPME.

 

"Sa culpabilité est flagrante et la loi doit s'appliquer dans toute sa rigueur. Pas de quartier pour les patrons de PME !, lance-t-elle. La CGPME réclame donc, si ce texte scandaleux doit être maintenu, son élargissement aux dirigeants d'entreprises notamment pour les délits d'entrave."

 http://img.over-blog.com/292x320/2/08/07/09/spip.jpg

Histoire d'en rajouter une louche, la poutinette du MEDEF monte au créneau :

 

"Un appel à encourager la destruction et le cassage" 

 

"Stupéfiant d'imaginer qu'il puisse y avoir une amnistie pour un petit nombre de personnes qui ont commis des délits, qui ont été constatés par la police". 

A l'UMP, l'indignation est également manifeste

 

"C'est un texte absolument clientéliste, un texte d'injustice et de lutte des classes", (Hervé Mariton),

 Eric Woerth (l'homme qui murmure à l'oreille des chevaux de retour de la finance) a estimé que "le Sénat avait pris une décision ahurissante avec la garde des sceaux", "C'est un chèque en blanc à la violence alors que souffle dans le pays un vent de colère absolument considérable et c'est une gifle au dialogue social",

 

Comme le dit le commentaire indigné d'un lecteur Monde : 

 

"Pour le PS et le Medef, des hordes de pue-la-sueurs n'attendent que cette amnistie pour "casser l'outil de travail" et donner libre cours à leur "violence" naturelle... L'impunité totale des patrons qui délocalisent, démontent les machines en douce, qui licencient illégalement (comme pour les Conti), qui font le chantage à l'emploi, qui mentent, qui renient leurs engagements après avoir pris les subventions... les laisse en revanche muets. La Réaction ne change pas, mais le PS l'a rejointe..."

 

Le PS tente de rassurer les marchés, le patronat la droite et tout ce qui fermente dans le conservatisme. Vendredi Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a déclaré sur France 2. :


"Le gouvernement sur ce sujet a toujours dit qu'il fallait respecter un équilibre entre la légalité républicaine – évidemment toutes ces actions doivent s'inscrire dans le respect de la loi –, et en même temps le droit syndical"

 

Histoire de préciser, Philippe Martin, vice-président du groupe PS, tente de rassurer via le Figaro.fr :

"Il y a eu un bon travail des sénateurs socialistes pour rendre le texte 'potable'. Il est possible que nous devions le compléter"(entendez compléter les dérogations à la loi d'amnistie

 

Pour cadrer le débat (et mesurer l'état des passerelles), le texte a été voté de justesse par 174 voix contre 171, après recomptage. Les groupes PS, CRC (communiste), EELV et RDSE – à majorité radicaux de gauche – ont voté pour, tandis que l'UMP et l'UDI-UC (centriste) ont voté contre.


La proposition de loi a toutefois été largement amendée par les socialistes, qui en ont limité la portée*. Sont amnistiées les infractions, commises entre le 1er janvier 2007 et le 1er février 2013, passibles de cinq ans d'emprisonnement au plus. Le texte d'origine prévoyait l'amnistie pour les faits commis avant le 6 mai 2012 et concernait les infractions passibles de dix ans de prison.

     

C'est ce qui permet dans un prêche aussi onctueux que déplacé dans ce cadre au révérant père Dartigolles de déclarer sur son missel informatique à propos du contenu et des formes de la loi d'amnistie : 

 

"Nous n’en faisons pas un acte d’indépendance vis-à-vis du gouvernement. Il ne faut pas emprunter le chemin de la menace, mais celui du rassemblement de la majorité sénatoriale de gauche. A la veille du vote, nous devons faire preuve de responsabilité et de solidarité vis-à-vis du monde du travail, qui attend beaucoup de ce vote. La meilleure façon d’y arriver n’est pas de tordre la main, mais de convaincre ceux qui doutent".

 

Un peu comme ces missionnaire qui tentait de dire aux anthropophages des contrées lointaines et si  sauvage qu'ils ne disposaient pas d'église, de pape ni même de conseil national,  qu'il ferait mieux de manger du cheval. Et vu ici l'image du cheval...

* on attend avec impatience la nature des limites que les mêmes vont baliser à l'occasion des cavaliers législatifs pour donner la soupe à leur clientèles.

 

 

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