Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A propos d'une bonne question dont on attend toujours la réponse

http://www.jeanmarcmorandini.com/sites/jeanmarcmorandini.com/files/styles/liste-centrale-petite/public/zapping_1262.jpg

 

Bousculé par tout un tas d'évènement qui s'engrènent les uns les autres, Canaille le Rouge en allait oublier de vous passer ce texte de Charles Hoareau qui en moins d'une trentaine de lignes non seulement renvoi derrière sa ligne d'en-but l'équipe gouvernementale mais le fait en portant éclairage sur celui qui se propose d'arbitrer le match en distribuant coup de sifflet et pénalités mais oubliant la nature du match, les règle du jeu, écrite par les défenseurs du capitalisme.


Il est vrai que le J-L Mélenchon tellement occuper par sa rhétorique en oublie le plus souvent que les travailleurs ne sont pas des incultes et qu'à question concrète il faut des réponse claires et concrètes.

 

Tellement obnubilé de planter le questionneur qu'il en a oublié de répondre à la question pourtant claire :


"monsieur Melenchon Si vous étiez premier ministre que feriez-vous pour PSA ?"


Voici ce que Charles nous en dit :


C’est la question que François Lenglet, un des économistes bien en cour auprès de nos chaines de télé a posée à Jean Luc Mélenchon et j’avoue que je n’ai rien compris à la réponse si tant est qu’il y en ait eu une… Et c’est regrettable car ce refus de répondre clairement donnait à croire qu’il n’y avait rien à faire de concret et d’immédiat pour empêcher la fermeture de PSA ou d’autres entreprises.

 

Mais c’est pourtant simple et il n’y a pas besoin de tourner autour du pot ou de partir dans de grandes considérations générales comme ce fut le cas l’autre soir.

 

Premièrement un gouvernement qui voudrait défendre le monde du travail, comme nous l’écrivions en juillet dernier, nationaliserait l’entreprise ou plus exactement la réquisitionnerait. Non pas pour en prendre les rênes et remplacer le patron PSA par l’Etat-patron, mais pour la rendre aux salarié-e-s afin que les travailleurs de PSA, du cadre à l’OS, soient aux commandes de leur usine.

 

Ils ne pourraient pas faire plus mal que leur employeur qui obéit à des lois capitalistes qui vont contre l’emploi ! Un gouvernement qui exproprierait la famille Peugeot aurait des tas d’arguments pour le faire et sans être marxiste (ne lui en demandons pas trop !) il pourrait dire aux actuels patrons : « On vous a déjà donné trop d’argent (4 milliards d’aide publique)  [1] soit l’équivalent de 106 624 emplois ou 13 ans de salaire pour les 8000 salarié-e-s de PSA aujourd’hui menacés ! [2]), on réquisitionne l’entreprise et on la donne en gestion aux salarié-e-s » [3]

 

Deuxièmement, face à la concurrence et au dumping social que ne manquerait pas de faire une multinationale afin de faire rentrer en force les véhicules produits ailleurs à moindre coût (rappelons que le coût de la main d’œuvre à Aulnay représente moins de 15% du prix de vente des voitures produites), le gouvernement pourrait prendre des mesures de protection aux frontières un peu à l’image de ce qu’a dit Dilma Roussef, la présidente du Brésil déclarant à Foxconn, le fabricant sud-coréen de téléphonie qui voulait fermer son usine au Brésil : « Je ne peux pas vous empêcher de partir d’ici, mais si vous le faites plus aucun de vos produits ne rentrera au Brésil ». Résultat des courses, non seulement l’usine n’a pas fermé mais Foxconn en a ouvert une autre.

 

Ces deux choses simples Jean-Luc Mélenchon ne les a pas dites. Tout simplement parce qu’il sait que ces deux mesures sont contraires aux règles de l’Union Européenne ? Et pousseraient la France à sortir de l’euro (ce qui « serait une catastrophe a-t-il dit » on se demande bien pour qui…), voire sortir de l’alliance du capitalisme ouest européen appelée Union Européenne ?

 

Voilà une autre question simple à lui poser et à laquelle on attend qu’il réponde autrement que par des invectives ou des effets de manche qui sonnaient creux comme il l’a trop souvent fait l’autre soir sans parler du reste de son attitude que l’émission a révélé ce soir-là. [4]

Charles Hoareau

 

[1] selon RFI citant Marisol Touraine

[2] 4 milliards divisés par 37515 euros (salaire annuel moyen chez PSA)

[3] article déjà cité

[4] On peut contester le procédé de la caméra cachée mais cela ne disculpe pas l’auteur de son propos sur les communistes, ni d’ailleurs de manière générale sur les journalistes qu’il "hait" et dont il aimerait voir « leurs têtes balancer au bout d’une pique » (sic !)

Source : Rouge Midi 

 

Charles est mesuré dans son propos.  Mélenchon bat la campagne mais ne vient jamais sur le fond. C'est bien de changer le numéro de la république, mais quel contenu économique, quel organisation politique pour que les propositions de Charles (par La Canaille partagées) puisse porter ces réponces et axes de concrétisation ?

 

De plus, conditionner toute transformation qu'au franchissement de ce seuil, certes objectif ici partagé, ne conduit-il pas a semer la résignation alors que seule la résistance au quotidien peut créer les condition de l'évolution institutionelle ?

 

Cette résistance au quotidien, sur le plan politique ne consiste-t-elle pas à dénoncer le piège de l'élection présidentielle faite pour pérenniser le système par le choix d'un de ses gardiens ? Et d'afgir et voter pour faire repaire dans les assemblée élues contre tout ce qui sert le camp de l'exploitation et du profit capitaliste...budget compris ? 

 

Dans la hiérarchie des gens qui sont obstacles politiques à toute transformation politico économico sociale, Mélenchon n'est pas l'ennemi à abattre. Outre les droites, d'autres avant lui sont impérativement à déboullonner : les officiels le PS ou par rebonds ceux qui s'abritent derrière lui. 

 

Le problème c'est qu'on ne sait pas ou plus où le FdG et ses composantes se situent. Elles appparaissent toujours sous la serre socialiste à la saison où les urnes germent sur le terrain politique et nous disent qu'elles sont ailleurs passés les scrutins ? Oui mais et ce débat le confirme, toujours hors sol .


De quoi JLM est-il porteur? Quelles propositions capable de mobiliser pour destructurer et subvertir le capital met-il en débat ?

 

La figure de proue du FdG si on l'écoute bien est au plus un ludion souvent un peu caractériel qui pense en fonction des pressions extérieures, certainement un social démocrate moins blettis que ses comparses initiaux, mais un pur fruit de ce système à subvertir pour le mettre au rancart.  


Cette question du contenu de la transformation et non de son cadre est un sujet non pas d'affrontement mais de débat naturel parmi ceux qui veulent faire partager un point de vue communiste. Le danger c'est qu'un bateleur armuré de plaques d'idées dont certaines peuvent paraître justes, autolégitimé parce qu'il à couru la demi finale de la course à l'Elysée refuse de mettre en débat comment assujettir les dites plaques et postule qu'elles assurent par une sorte de magnétisme idéologique spontanné leur force et leur cohérence. Pipeau !


Charles à bien raison de vouloir lui ré-ancrer les pieds sur terre. Même bien arrimée, La Canaille  a bien peur que la tête persiste à osciller en fonction des vents dominants.


Le jour ou JL Mélenchon répondra clairement à la question de F. Lenglet, c'est que le rapport de force sera tel...que nous n'aurons pas forcémpent besoin d'un JLM. 


Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Dom Ar Breizh 07/05/2013 10:08


Intéressante réflexion qui met le doigt sur un problème réel.


Celui de la réflexion et de la stratégie politique en lien avec la "mobilisation populaire".


Ou aussi comment également on modifie les "pratiques politiques" y compris dans la "gauche radicale", chez les militants de la vraie gauche.


JL Mélenchon est effectivement passé à côté de la vraie réponse à la question PSA mais il était dans sa stratégie : déglinguer une émission politique pourrie menée par les chiens de garde du
capital et du libéralisme. Il était aussi dans une situation malsaine face à des journaleux haineux et anti-FDG...


Nul doute que Mélenchon et son staff du Parti de Gauche avait décidé d'une stratégie face aux journalistes de cette émission pour les déstabiliser ce qui a été souvent le cas malgré leurs
tentatives de dérives et de provocations. Nous avons eu droit à un combat médiatique. Après chacun peut en penser ce qu'il veut. Personnellement ce type d'émission ne me passionne pas.


Je préfèrerai que JL  Mélenchon se limite à quelques courtes vidéos (maxi 2 minutes...) à diffuser via internet. Quand il veut il sait faire...


Il suffit pour s'en rendre de compte de regarder quelques autres interviews de Mélanchon dans la même période de ces 10 derniers jours pour s'en rendre compte : médiapart, TV5, BFM etc... les
médias ne se comportent pas tous de la même façon. Mais dans leur large majorité, les grands médias audio-visuel sont tenus par des journalistes totalement aux ordres du Capital et du pouvoir
donc "anti gauche radicale".


Ceci étant ne dédouannons pas totalement JL Mélenchon de ses propres responsabilités. Il joue son rôle et celui de son Parti de Gauche sur lequel il s'est recentré depuis la fin 2012. Depuis la
période où le Conseil National du Front de Gauche lui a refusé la présidence du FDG et d'en être le porte parole officiel...et l'opposition de la direction du pcf


Il est de notoriété publique qu'un affrontement, un rapport de force est engagé entre le PG et le PCF à l'intérieur du FDG. Il est clair également qu'à l'intérieur du PCF, il y a des
affrontements, des courants, des divergences d'opinion tant entre certains individus à la direction du pcf qu'entre forces internes. Personnellement j'ai compté plus de 10 groupes nationaux
d'envergure à l'intérieur du pcf, des pro et des antis FDG, des pros et des antis direction actuelle, des pros et des antis tout (je résume en caricaturant un peu, désolé...).


A l'intérieur même du FDG, la situation n'est pas simple. 6 composantes (Fase, GA, GU, C&A, R&S, Alternatifs)  sur les 9 sont en train de se rassembler pour former le 3ème pilier (ou
3ème grand courant) pour rééquilibrer le FDG face au duo PG/PCF.


Il faut aussi compter sur la 10ème force : celle des non encartés du FDG dans une des 9 composantes. Force qui constitue la moitié du Conseil National mais qui a été désigné/coopté par qui ?
comment ? dans quelles conditions ?


Pour l'instant le FDG fonctionne à tous les niveaux au "consensus"... Il y a des choses qui marchent et d'autres qui plantent. Il y a à tous les niveaux des rapports de force, des pratiques
différentes dont certaines rappellent un fonctionnement digne du "centralisme démocratique" des pires années ((l'esprit de chapelles revient bien vite et trop souvent), mais il y a aussi des
raisons d'espèrer quand des militants et sympathisants d'origine diverses se mettent ensemble et au delà de ce qui les séparent à construire, mettent en route des initiatives et des évènements.


Comment sortir de ce centralisme, de cette hiérarchisation (à tous les niveaux), de ce culte du chef (qui malheureusement frappent toujours les esprits et est profondément ancré dans nos cerveaux
surtout quand ce recours est lié à une volonté d'imposer ses idées...) ?


 


Voilà quelques réflexions que m'a inspiré cet article...


Je ne suis pas certain d'avoir raison sur tout mais je suis sur d'une chose :


ni Dieu ni Tribun...


Faisons fonctionner notre esprit critique...