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Clearstream, ou des conjurations romano-florentines aux égorgements entre aristocrates à Paris.

Nous sommes devant un de ces abcès purulent qui risque de gangréner la démocratie. Qui peut la tuer au bénéfice des diffuseurs de la gangrène.
 

A Chaque époque de la bourgeoisie triomphante mais en crise systémique, des infections du corps politique apparaissent : Suez, Panama, Stavisky, les piastres, l'immobilier dès les débuts de la Vème, puis bureaux d'études et marchés publics et j'en oublie. Toujours les spéculations, fraudes et avantages vénaux de castes systématiquement ancrées à Neuilly jamais àBelleville. A chaque fois des organisations politiques liées au capital.
 

Aujourd'hui, le procès Clearstream ne déroge pas à cet environnement. 
 

Ses caractéristiques : ceux qui s'étripent ne sont jamais dans la misère, toujours dans les allées des pouvoirs et une fois le scandale purgé, le système comme après une saignée arrive à s'en remettre. Ces spasmes côtoient toujours des temps historiques où la civilisation réussi à ne pas basculer… ou bascule… dans la barbarie. Raison de plus pour suivre, réfléchir et ramener en permanence à l'essentiel.
 

Concernant les déclinaisons en France, il est certes important et intéressant de savoir ce qui s'est passé.
 

Comme à l'époque des rivalités dans la Florence des Médicis ou la Rome desBorgia, l'aristocratie du moment règle ses comptes. Aujourd'hui, le prétoire remplace les antichambres et escaliers dérobés, les listings font office de poison. On a vu des hommes politiques mourir bizarrement dans les trente dernières années.
 

Il faux drainer et désinfecter les abcès mais avec des médecins compétents et au fait des foyers d'infection. Peut-on faire l'économie de regarder sur quoi à chaque fois ils se développent ?
 

En quoi l'existence de société telle que Clearstream parfaitement honorable pour le système, oui, pour CE système sécrète les conditions de l'infection ?
 

Caisses hors contrôles publics de compensations financières internationales des coopérations, des échanges de tous les marchés, mais aussi et surtout, ces officines domiciliées dans des paradis fiscaux  garantissent l'anonymat des transactions bancaires et internationales.
 

C'est en cela que tout ce que la barbouzerie trafiquante compte de rémunérés, rémunérants, transitaires en capitaux gris ou louches qui gravite dans et autour de ces honorables établissements  dont le procès parisien, au delà de l'affrontement entre Nicolas Borgia et Dominique de Médicis, tente de masquer.
 

Saut dans l'histoire quand l'un se retrouve en terme choisie du vocabulaire d'une des parties au temps de l'Italie de la République de Salo où le fascisme italien agonise tel que montré par Pasolini, croc de boucher compris, face à la vulgate  révolutionnaire d'aucun qui, pour aller à Danton disent venir d'Austerlitz mais arrive en fait de St Sulpice. Ces deux-là, au service de la plus grande réaction, ne prennent jamais le métro. Trop connoté populaire.
 

D.Robert, moine copiste de notre époque, inculpé parmi d'autres dont les premiers couteaux, a eu accès aux textes fondateurs, aux manuscrits génériques. Il paie, explorateur de modernes grimoires comme un personnage du Nom de la Rose d'Umberto Eco revisité par l'informatique, le fait d'avoir vu et compris dans le global est poursuivi pour des détails Il n'a pas eu la puissance de feu pour se protéger et trouver les aides nécessaires pour convaincre tout en se démarquant. Les journalistes pétitionnaires qui pourtant l'ont soutenu n'ont pas repris en bannières collectives le travail d'investigation qui aurait pu sauver leur confrère.
 

Enseignement de la période (mais que et qu'ici ?) Borgia est roi quand la veulerie est maîtresse. Louis XIV ne se construira que par l'acceptation de la courtisanerie par ceux qui se laisseront abaisser et accepteront de courtiser.
 

Cela ne règle pas la question générique : en parodiant la maintenant célèbre phrase de Badiou : de quoi Clearstream est il le nom ?
 

D'une privatisation des relations financières internationales. Que cela, mais tout cela.

Depuis des siècles, pas par progressisme mais par besoin d'asseoir et contrôler les pouvoirs économiques, la puissance politique et ses outils de contrôles ont cherché à se doter d'une apparence de transparence, d'une régulation et maîtrise étatique par une organisation publique face à tout ce qui posait contentieux potentiels et risquait d'entraver les hégémonies princières ou monarchiques. Le plus souvent d'abord contre les peuples pillés (maintiens des octrois gabelles dîmes etc. pour remplir les caisses) et maintenue violemment dans la misère.  Spécificité en France, la lutte contre le Temple comme les campagnes contre les banquiers juifs (un des foyers de l'antisémitisme) élargie le champ et structure l'exclusion, elles accompagnent aussi de cette doctrine étatique monarchique quelque soit la forme de l'état.

Elle traversera l'histoire de Louis IX le sanctifié pour ses croisades et pogroms  à Pétain qui a poursuivi une œuvre qui sera interrompue par l'irruption du peuple en 1789.
 

Dans la nouvelles phase du capitalisme et ses crises, la dérégulation des marchés, la mondialisation capitaliste des échanges…et le besoin de rémunérer garants et gérants des places fortes (gisements des matières premières, zones de surexploitation massive de la force de travail, protection des circuits d'échanges, stabilité économique et sociale des lieux de rupture de charge industrielle et financière) a exigé la mise en place d'outil hors zones de contrôles des états et donc démarqués des implications fiscales (ce qui les rend d'autant plus attrayantes) pour faire échapper la part captée par les fiscalités à toute ponction.
 

La complaisance a ses pavillons pour transporter. Elle a ses états pour compenser et facturer. Clearstream c'est d'abord cela: un outil du capital administrativement légal de contournement du contrôle des états au service de la rentabilité du capital y compris par la rémunération par des moyens opaques des ses agents les plus moralement discutable. Dès lors, la fonction de ministre de l'intérieur ou des affaires étrangères d'une puissance impérialiste et néocolonialiste ou de proche des réseaux barbouzards de la République rend tout à fait crédible la présence d'un patronyme sur des listings de ce type. C'est la force de ceux qui ont usé de stratagèmes pour mouiller à juste ou fausse raison certaines parties du procès.
 

Si la transposition, n'est pas la règle; des comparaisons ne sont pas (encore) interdites.

Savoir qui de Guise, Bourbon ou Valois doit gagner dans les "poignardades" du Val de Loire ou massacres parisiens n'a que peut d'intérêt au regard du besoin d'asseoir la monarchie.  "On" agite la poule au pot mais la monarchie s'affermie, "on" assassine un roi mais l'absolutisme se construit. Qui aujourd'hui va gagner au procès de Paris ? Cela n'a que peut d'intérêt au regard du besoin d'asseoir la pérennité de la gestion capitaliste de la société comme horizon indépassable de l'histoire. Cela aurait même tendance à faire croire qu'il aurait des capacités à s'auto moraliser à défaut de se réguler. Au moment où ses choix tuent par accidents, misères, suicides à travers tous le pays.

La moitié du temps des actualités télévisées de ce jour pour un procès miroir aux alouettes alors qu'à Calais, malgré de furtives images montrant le contraire  un sinistre Besson se comporte au gouvernement comme un petit Laval en lâchant les forces de répression sur la population et les sans papiers, niant l'existence de violence policières. Cela une semaine après que Hortefeuxait stigmatisé les arabes; en digne successeur de Papon. Le préfet du pas deCalais illustrant au JT la jonction de ces deux sinistres de ce gouvernement.

Le scandale, ce ne sont pas les listings falsifiés ou non de noms. C'est l'existence juridiquement légale dans le monde du capital de ces officines qui échappent à tout contrôle public. Et là …
 

Qui en parle ? A ce jour personne. Normale pour le Figaro qui présente sa nouvelle formule dans les coursives de la Bourse des Valeurs mais même dans la presse ayant théoriquement des vocations à investigation ou (et) des références de classes et valorisant des écoles d'historiens permettant d'aborder ces questions, personne !! La question de l'effacement des repères historiques transpire dans ce procès.
 

Ne laissez pas l'histoire aux détenteurs de la pensée officielle des propriétaires. C'est la démocratie qui paiera la note avec la peau des démocrates.
 

Face à la pensée et au savoir unique, Explorez!! Popularisez ouvrez grand les débats cela gênes les partisans du secret et des combines.
 

Ecologie ? N'en restez pas Home financé par le casseur d'emplois PPR mais jetez un œil chez P Acot. Religions et Etat il n'y a pas que TF1, S. Moatti, la "chaîne histoire"-celle qui vous enchaîne- ou les représentant des officines religieuses officielles concordataires de toutes obédiences : faites un tour chez JP Scott et quelques autres. Histoire ? Sans parler de Michelet,  Jaurès, Labrousse, Bloch, Allez voir Vauvelle ou toute l'Ecole des Annales et les travaux des chercheurs contemporains, du moins ceux qui ne fabriquent pas de l'Histoire à partir des poubelles de la place Beauvau. Bousculez les idées reçues qui font le lit des condottieres de cette pensée officielle qui nous nargue à chaque bulletin d'infos.
 

Oui, pour les combattre et explorer d'autres voies, appropriez-vous, faites, faites faire de l'Histoire.
 

Juste comme un rétroviseur à avoir à disposition, cela va vous aider à avancer pour tracer un autre chemin.

 

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