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Molex, "une complicité coupable". Mais faut-il s'en étonner ?

 

Tiré d'un article de la " presse économique"
 

Christian Estrosi attaqué par la gauche et la CGT après le dénouement du dossier Molex. Le secrétaire général de la confédération syndicale, Bernard Thibault, a ainsi accusé, mercredi 16 septembre sur i>TELE, le ministre de l'Industrie de "complicité coupable" à l'égard de Molex, exprimant son "mécontentement" sur l'issue de ce dossier…

…Bernard Thibault a réagi en se plaignant que les salariés aient dû se prononcer sur le plan social "en ayant le pistolet sur la tempe

Christian Estrosi a réagi à ces propos en estimant que le leader syndical était "dans son rôle vis-à-vis de sa base". "La réalité en matière de complicité, c'est que lorsque moi, j'ai dit à Molex qu'ils avaient à assumer leur responsabilité sociale et en même temps à accepter de discuter avec un repreneur, alors qu'ils le refusaient, j'ai le sentiment d'avoir été beaucoup plus accusé par Molex d'une attitude qui leur déplaisait que la CGT ne l'a été", a-t-il ajouté.


D'abord, confirmons que la réaction prêtée à B. Thibault n'a rien d'outrancière.


Ensuite, derrière la forme journalistique du propos, l'article pose deux ou trois questions qui renvoient aux expressions d'orga de la CGT, menant des luttes difficiles, dont ceux qui ont organisé cette belle et réussie manif du 17 septembre où hélas la direction confédérale était peu visible.
 

S'interroger quant aux stratégies misent en œuvre par la Confédération : caractérisation de la situation, évaluation des acteurs dans le champ de l'affrontement social, capacité à prendre en compte les responsabilités des pouvoir publics, appréciation du positionement syndical à tous niveaux n'a rien de subversif mais fait parti des droits de chaque syndiqué.
 

Ces stratégies sont portées par des directions qui rendent compte dans leurs congrès statutaires.
 

Ces directions font elle preuve de lucidité dans leurs appréciations ? Cela fait partie du débat.
 

"Complicité coupable" dit B.Thibault parlant du ministre chrgé du dossier de l'industrie.

Que d'illusions porte cette phrase!

Complicité du ministre avec le Medef? Oui, mais pas coupable comme une faute  mais de classe consciemment assumée. Comme le doigt qui presse la détente du pistolet est complice du cerveau qui donne l'ordre de tirer.
 

Cela pose la question de la façon dont les syndicalistes apprécient leurs interlocuteurs, la nature des rapports pouvant ou non être établis. Depuis quelques années, les dérapages sont importants, allant jusqu'à la validation d'un  surprenant concept de "partenaires sociaux" qui a enluminé nos textes de façon perverse.
 

Cinq siècles plus tôt, avec ce raisonnement Giordano Bruno et l'inquisition sont donc partenaires : ils sont ensemble sur le bûcher! Qui tient le brandon ? Qui est brûlé vif ?
 

Aujourd'hui. Partenaires ? Avec ce Medef ses 622 morts au travail en 2007, plus de deux par jour ouvrable ? Partenaires les 11% de chômeurs officiels? Partenaires les suicidés par la privatisation de France Télécom, de Renault, et les autres moins connus ?
Qui meurt ? Qui accumule, et qui légifère pour accentuer l'accumulation ?
 

Dit autrement, hors rapport de force, quelle confiance accorder aux engagements du patronat, au capital et au gouvernement ?
 

Faut-il être naïf  pour croire à la bonne fois d'un ministre de ce gouvernement,  politicien connu depuis des années comme un opportuniste roublard et cynique, un homme qui sécrète la haine du monde du travail (nos camarades des Alpes Maritimes comme la population niçoise peuvent témoigner) ?
 

Comment persister à prendre à témoins les salariés du grand écart entre les mots et les actes de l'hôte de l'Elysée et ne pas appeler à se rassembler pour imposer la satisfaction des exigences sociales du plus grand nombre contre l'accumulation insolente des richesses par la minorité ? Les stock options indexées sur la capacité effective de casser l'emploi annoncées ce jour pour les deux premiers dirigeants de la BNP donne envie de laisser le clavier pour prendre le fusil.
 

Mais aussi, quelle puérilité de laisser à penser qu'hors  rapport de force fermement établi le capital industriel et financier puisse être de parole dans une négociation. Les congés pays n'ont pas été négociés entre partenaires sociaux. Comme tous les acquis sociaux, ils été imposés à un adversaire, un ennemi de classe.
 

Le trouble que portent ces faux pas (pour ,n'en rester qu'à ce qualificatif) ouvre la porte à toutes les spéculations en matière d'un agenda social préétabli entre l'Elysée et les syndicats, CGT comprise. C'est ce que répandent insidieusement les conseillers de l'Elysée, Guéant et Soubie en tête.
 

La meilleure façon de tordre le cou à ces bruits de couloirs, c'est de se tourner vers les salariés (et d'abord eux, en direct, sans attendre que les signataires des reculs de 1947 à 2008 soient en état de grâce revendicative) pour les appeler à construire le rapport de force. Cette construction lèvera toutes les équivoques.
 

Cela pose une question majeure qui touche à la nature de même du syndicalisme et de l'action revendicative : l'objectif est-il la négociation ? Ou la satisfaction des revendications ?
 

La négociation se faisant dans le cadre d'un rapport de force qui interdit toute illusion sur la nature de la partie adverse.
 

La question posée au syndicalisme est-elle la place respective du public et du privé dans les forces organisées ou comment, dans l'affrontement de classe, salariés du privé et du public fédèrent leurs énergies en confédérant leurs exigences sociales et revendicatives contre le capital et le gouvernement qui se sert de tout les moyens de l'état en son pouvoir pour servir les intérêts du capital. Tous les moyens : policiers juridiques et législatifs.
 

L'environnement économique est-il un des éléments principaux ou bien la vie des salariés au travers de leur emploi n'est-il pas l'aspect fondamental ?
 

Dit autrement, être responsables comme syndicalistes ce n'est pas prendre en compte l'environnement extérieur. C'est d'imposer à cet environnement extérieur la prise en compte des besoins de ceux qui produisent les richesses et dont ils sont spoliés par ceux qui fabriquent idéologiquement cet environnement extérieur pour légitimer leur profit exclusif.
 

D'ailleurs, hors alibi des périodes de crise pour les retreindre, le capital accepte-il de débattre spontanément des augmentations de salaires, des embauches et reconnaissance des qualifications ?
 

Non. Et c'est même un des socles de la nature de classe et du rapport social d'exploitation qu'est le capital.
 

Le pistolet sur la tempe, c'est la nature même du système. Et parfois même, il ne reste pas que posé. Il tire, directement : Répressions sanglantes, criminalisations des luttes, aujourd'hui encore, et là aussi, la nouvelle FSI est bien trop timide.
 

Le niveau et la brutalité des agressions sont tels qu'il n'est pas possible de penser obtenir le moindre maintien d'acquis sans même parler de progrès sans d'abord construire un rapport de force en terme de lutte autour d'objectif fixés par les salariés eux-mêmes, leurs cahiers revendicatifs …qui vont au-delà de simples repères.
 

Ensuite, pour retirer le pistolet de sur la tempe il faut bloquer le poignet qui le dirige, et, de grés ou de force, l'arracher de la main qui le tient.
 

Ne pas partir de cette réalité condamne le monde du travail à d'autres défaites, à d'autres reculs et à des morts toujours plus nombreux.
 

Ne pas mettre toutes ses forces dans ce combat est aussi irresponsable que de croire à la bonne foi de ce qui est plus que jamais l'ennemi de classe et ne doit jamais être abordé en termes de partenaire : le capital.
 

Oui, camarades, les barricades n'ont que deux côtés. 

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