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Chaque fois que ton poing se lèvera...(Violence- Melina Mercouri

         1er mai 2009 Bordeaux

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Dans le Monde diplomatique du mois de mai, l'édito de Serge Halimi revient sur  l'enjeu des révolutions, les violences qui peuvent les accompagner rapportées aux violences sociales et politiques de toutes les sociétés humaines.

Dame Parisot dans sa grande sapience nous donne de quoi éclairer le propos : « Jamais l'injustice ou le désespoir ne justifient qu'on transgresse la loi car si l'on appliquait ce principe à beaucoup d'autres domaines, très vite on ne serait  plus dans un Etat de droit ».

Au moment où la patronne du Medef énonce ses poncifs sur le respect de la loi, garantie d'une paix sociale, il n'est pas inutile de regarder de plus près de quoi il retourne.

Quand j'étais gamin, mon instit disait « on, il a un nom ou c'est un cochon ». Elle avait raison : on c'est l'autre. Ce n'est pas nous. Pour la patronne du Medef, c'est ce cochon de gréviste, celui qui a le droit contre lui...et qui n'a pas les moyens de l'écrire en sa faveur. On peut être un "on" indéfini pour le capital et êtres aussi digne qu'en colère. Vous pouvez être ce que vous êtes et bien définis : égoïstes cruels méprisant. D'ailleurs quand le faubourg parle du château il dit bien "ils se gobergent sur notre dos".

Si la violence est souvent liée à l'idée de révolution, ce qui fait le plus peur aux nantis et aux possédants, c'est plus le second que le premier des deux termes.

La violence de la répression des mouvements sociaux n'effraie pas le capital. On n'a jamais vu le patronat se mobiliser contre l'envoie des forces de l'ordre contre les grévistes. Le 1er mai, Fourmies est dans l'état de droit. : l'acier De Wendel de l'arrière grand père de dame Parisot fera les canons des fusils Lebel qui tireront sur la foule des mineurs qui enrichissent ce qui est déjà l'UIMM.
 

La convocation d'un patron chez un juge d'instruction pour travail clandestin, pollution industrielle, vente de produit non-conforme voire comme pour AZF mise en danger de la vis d'autrui et homicide par imprudence   met en ébullition chambres de commerce et fédérations patronales d'industries. Le Medef sait s'insurger contre la calomnie qui couvre d'opprobres de si bons patrons et demande qu'on modifie ces lois déplacées les concernant.

Qu'une compagnie pétrolière soit convaincue de pratiques esclavagistes, elle ne fait qu'appliquer la « législation sociale » en vigueur dans ce pays. Heureux patrons où débrayage rime avec  matraquage, revendication avec peloton d'exécution ou pendaison. Et là, elle dit quoi la dame ?  

Dans le champ politique, le discours des nantis est le même : un patron qui rentre avec 20 h de retard d'une réunion a été « pris en otage », « séquestré ». Qu'un chauffeur routier qui doit passer une nuit de plus pour livrer sur ordre avec des temps de présence et de travail dilatés ne subit  que « les aléas des tensions du marché ».

Il en est de même avec les plans de casse : la violence est toujours subie par les mêmes : casse des emplois, chômage, huissiers, expulsion c'est pour les mêmes. On n'a jamais vu la Ddass envoyer du monde pour voir comment doivent ou peuvent survivre un foyer de patron mettant la clef sous la porte. Ce n'est pas le milieu où se recrutent les gosses placés d'offices.

Si jamais (et c'est heureux pour chacun d'eux) un gosse de patron n'a du quitter l'école à cause de la fermeture d'une usine de papa, combien de gamin(e)s de licenciés qui inaugurent leur parcours de salariés par  l'ANPE en quittant précipitamment école ou université pour cause de chômage de leur parents ? Violence ou pas ? 

S. Halimi rappelle avec à propos la phrase de Laurence Parisot, si la dame se parfume d'Histoire, elle: « ...n'aime pas beaucoup la Révolution, ce fut un acte d'une violence extrême dont nous souffrons encore... ». Pour un garde suisse de mort brutalement devant les Tuileries, un officier massacreur liquidé lors de la prise de la Bastille, combien de milliers de morts pour protéger ce qui était déjà capital : le Capital et ses détenteurs ?

En quoi cette violence est-elle plus terrible que les dragonnades, pillages, pendaisons et bûchers qui l'ont précédé en France comme dans toute l'Europe ?

Qui, ici ou ailleurs jusqu'à nos jours s'est enrichi par une criminelle spéculation sur les productions vivrières productrices de disettes et famines. Et de nos jours en France ces même sont subventionnés à coups de millions d'euros pour casser l'emploi dans l'agro industriel par de l'argent public subissent des condamnations à répétions pour violation de la réglementation du travail. Le délit subventionné.

Ce que dame Parisot condamne, ce n'est pas la violence, qu'avec les membres de sa caste elle sait par ailleurs couvrir, solliciter et même, l'histoire des milices patronales le montre, si bien organiser.

Ce que derrière cette condamnation émerge, c'est la peur de la rupture de civilisation qui la priverait elle et les siens de son droit de vie et de mort sociale et même physique sur la force de travail qui alimente leur coffre-fort. Ce qu'elle et les siens redoute le plus, c'est la concrétisation de cette grande et belle phrase de C Tillier dans « Mon oncle Benjamin » : « Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions »

Le souvenir du 04 août 1789 les hante. Les parachutes dorés, retraites lingots, dividendes obscènes le montrent : devant la crise de leur système, ne sachant comment ils en sortiront, c'est "sauve qui peut, servons nous".

Leur principe de précaution est clair : goinfrons-nous. On peut le dire sans risque de  se tromper,  ce " nous", pronom personnels défini et ciblé, ce sont bien des cochons.

 

 

Puique la question est posée écoutons une grande voix de la démocratie de la culture : Mélina Mercouri.

Prépare ton homme à la révolution
Prépare ton corps à la révolution
Prépare ton âme à la révolution
Prépare ton cœur à la révolution

Violence !
J'ai grandi avec toi
Violence !
A l'ombre de ta croix
Violence !
Tu m'as mis hors la loi
Violence !
J'ai tant besoin de toi

Il paraît que ça ne sert à rien
Qu'il faut mettre un collier comme les chiens
Il paraît qu'il faut vivre à genoux
Et qu'il faut scier nos dents de loup

Dès demain tous en chœur par milliers
Les oiseaux vont chanter la liberté
Mon amant, mon fils, telle est la loi
La violence est ma tendresse à moi
{au Refrain}

Il y a de l'ombre et du soleil
Sur ton corps
L'amour s'y vautre avec la mort
Et je mélange à la froideur d'un couteau
La chaleur de ta peau

L'enfant grec a repris son cheval
Donne-lui de la poudre et puis des balles
Il est là l'enfant grec aux yeux bleus
Je t'en prie donne-lui ce qu'il veut

Chaque fois qu'un bourreau tombera
Chaque fois que ton poing se lèvera
Comme un astre un soleil en acier
De là-bas tu m'entendras crier...

Violence C'est la seule solution
Violence Est la seule ambition
Violence Est la seule solution
Violence La LI-BE-RA-TION


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