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je ne sait si le conte est bon, mais elle fait des bonds sur ses comptes


Il parait que la moutarde lui monte au nez, c'est bon signe.

 

"Les profits des entreprises se divisent en deux et non en trois" aurait déclaré, péremptoire, limite fâchée, Laurence Parisot, la patronne du Medef.


Camarade !!

Je ne suis pas loin de lui donner raison.

D'autant  que la troisième partie, son existence même est un vol manifeste.

Je ne sais à qui nous devons cette Révélation, pourquoi au bout de plusieurs siècles de lutte de classe acharnée le patronat par la voix de sa présidente aura trouvé le chemin de la raison.

Donc répartissons en deux.

Ce qui va à la rémunération du travail, ce qui va à la pérennisation et la modernisation de l'outil de travail.

Attendez, ça sonne dans mon oreille droite.

"Oh !! Béotien inculte en économie", me dit la petite voix de la conscience de la bourse et de la présidente du Medef réunie, "Et comment rémunères-tu la prise de risque ? C'est cela que dame Parisot voulu dire."

"Bonne question" lui dis-je "de quoi parle-t-on ?

"Quelle prise de risque ? Qui prend des risques ? Celui qui attend son dividende ou celui qui attend son inscription à l'ANPE après le plan social qui fait monter l'action en bourse et mécaniquement fait monter les dividendes ?"

Cela mérite de ne pas se précipiter pour répondre. Foin de l'idéologie. Comme le disait un de mes multiples chefs de dépôt quand il était coincé, "restons pragmatique"*

"Comment l'entreprise fonctionne-t-elle réellement" dis-je, intéressé, à la muse de dame Parisot

Reformulons la question en langage audible pour un(e) médéfien(ne) moyen(ne), histoire d'obtenir  une réponse socialement cohérente :

"Comment rémunère-t-on la prise de risque par ceux qui réellement les prennent ?"

Elle a entendu, prise de risque, ça lui parle.

Cernons le propos:

"Et donc, qui les prend ? Sont-ce ceux qui téléphonent à leur agent de change pour liquider une poignée d'obligations pour pouvoir moderniser la passerelle du yacht ou sont-ce ceux qui sont victimes des accidents de trajet, de travail, les maladies professionnelles etc. qui assure la rémunération des obligations en question ?"

Silence comme si arrivait Pâques en Carême.

"Donc améliorer les conditions de travail augmenter les salaires et développer la protection sociale, si c'est bon pour beaucoup des uns c'est mauvais pour peu : les autres".

Personne ne répond, cela mérite d'être regardé de plus près.

D'un côté, d'après l'INSEE, 95% des actifs du pays sont des salariés et ensemble, d'après les chiffres officiels, ils ne touchent (chiffre moyens de ce début de millénaire) que 51% des richesses crées ?

La petite voix de l'ange gardien stridule dans mes oreilles "mais t'es fou, combien ça va couter ?"

Moi : "A qui ?"

Elle : "Et ma passerelle ? "

Moi: "Ca y est, nous y voilà."

"Cela coûte. Oui. Donc, il faut faire des économies ciblées, efficaces pour le plus grand nombre.

C'est pour cela qu'il faut supprimer le parasitisme économique que représente l'actionnariat".

(J'entends dans mon oreille le bruit d'une chute que la syncope créée par mes propos a due provoquer)

"A qui appartient l'entreprise alors ?" me dit mon facteur, de passage, qui n'avait pas encore entendu ce type de propos.

"Oui!!" se réanime la fondée de pouvoir de la probloc en colère, "oui, à qui qu'elle est l'entreprise hors de ses actionnaires ?"

Moi : "Bon, à mon tour de parler, stupide idéologue formatée par des années d'ESSEC et autre fac d'éco. Sache qu'elle appartient à ceux qui la font vivre: ses salariés qui la font tourner et ceux qui usent pour leur quotidien du fruit de son activité.

D'ailleurs s'ils sont 95% des actifs du pays c'est donc l'application de la démocratie à l'économie."

La nature des bruits qui parviennent à mon oreille indique un courroux de grande envergure.

Moi : "Comment, tu es contre ? Et ta chef aussi?"

"Dites, m'dame Parisot, z'êtes pas sur que la petite voix de votre conscience ne soit pas un tantinet totalitaire ?"

"Ah c'est pour cela que vous êtes en colère ?

Les luttes qui montent vous obligent à vous démasquer ?"

Hep camarades il y a urgence à pousser plus fort et vite

Quand le MEDEF se fâche c'est qu'on avance. Poussons les feux de sa colère.

Canaille le Rouge, 19/02.09


*pragmatisme : en gros, pour ne pas allonger, Le pragmatisme est une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement.


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