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Un homme est mort. Tué par le colonialisme et ses complices*, une lettre ouverte à ceux qui me disent que je manie l'outrance.

Vous comprendrez que parfois les illustrations narquoises ou non  doivent céder le pas devant le tragique criminel.


Un homme est mort.

Un militant, un syndicaliste, comme un grand nombre de mes camarades.
Un militant de la justice sociale, engagé comme le plus grand nombre de ceux qui lisent ces lignes.

La responsabilité de ce gouvernement est totale.
Le constat de la crise, il l'avait. Ses préfets et médiateurs l'ont fait et lui ont dit, heure par heure.

Qu'a-t-il fait depuis deux mois ?

Pire, le sachant, quelles mesures pour effacer l'affront lors de son allégeance de presse où les habitants des DOM -TOM ont été ignorés et méprisés ?

Fa# comme Ponce Pilate s'en lave les mains et préfère  aller ensuite gérer la crise, à Val Isère, entre deux rangs de cow boy qui lui préservent sa neige pure.

Mais ce qui à cette heure m'indigne à la limite de la révulsion, ce sont les propos du dénommé Lurel, vice-président du groupe socialiste, radical et citoyen à l'Assemblée nationale (du moins présenté comme tel par le PS sur son site internet).
Pas un électron libre :il est un cacique de la rue de Solferino, porte-parole pour l'Outre-mer de Ségolène ROYAL.

Je vous livre in extenso ce que dit le Monde de ce mercredi midi :

"Le député et président du conseil régional de Guadeloupe Victorin Lurel regrette que le leader du LKP, Elie Domota, n'ait «pas changé de discours de ce matin», malgré la mort par balle d'un syndicaliste durant la nuit.

«Un homme est mort et j'entends les mêmes commentaires, les mêmes irresponsabilités, j'entends M. Domota qui n'a pas changé de discours ce matin et qui est même en colère», «j'entends un patronat qui ne bouge pas et un Etat qui s'est éloigné», s'insurge l'élu sur la radio RCI. Selon lui, le préfet «tente de gérer comme il peut» la situation. Lorsqu'il déploie les forces de l'ordre «on crie à l'assassin» et «lorsqu'il ne le fait pas, on crie à la même chose», a-t-il dit.

M. Lurel regrette que «la Guadeloupe continue dans sa même logomachie». Selon lui, M. Domota <«ne met pas un bémol dans son discours, il ne veut pas revenir, ni revoir, ni revisiter sa revendication de 200 euros: c'est toujours la même chose, comme si la négociation était la victoire par anéantissement». «Eh bien là, c'est la victoire par la mort», regrette l'élu.

Il souhaite que ses collègues élus «ne soient pas à la remorque d'un mouvement pour une parcelle de gloire : on peut dire à la Guadeloupe qu'on peut discuter»"

Salaud !! enfant de Pétain!!

Donc, comme le premier Jules Moch venu, si un syndicaliste est mort, c'est à cause des luttes et pas la responsabilité du patronat ni de l'Etat qui le soutient et qui ont conduit à lutter pour se défendre.

Le coupable, c'est Domota. Pas le préfet de région qui au lieu d'imposer au patronat le respect des lois de la république a multiplié les déclarations incendiaires, ni le procureur de la république qui souffle sur les braises en demandant des renforts de police plutôt que de faire respecter par le Medef local ces mêmes lois ?

Il dit, et vérifiez ci-dessus que je ne mange pas le trait que Domota (qui pourtant a démontré plus que tout autre son sens des responsabilités) a le tord suprême, cela après l'annonce de la mort de son, de notre camarade, d'être je cite : " même en colère". A sa place, qui ne le serait pas ?

Ici, hors de l'espace colonial avec dernier haut fait du PS la tuerie d'Ouvéa en Nouvelle Clédonie, la part la plus conséquente de ceux qui sont amenés à lutter contre le capital et sa droite n'ont pas connu l'histoire de la SFIO, celle qui dans ses congrès  a mobilisé son énergie à légitimer toutes ses répressions au nom de sa lutte contre le communisme (l'idée et moins les régimes, puisqu'en matière d'aggiornamento, cette SFIO savait faire appel à l'équilibre des forces pour demander le statu quo et légitimer son atlantisme outrancier et la renonciation aux luttes dans son électorat) et les répressions contre la classe ouvrière.

Disons aussi (et j'en prends ma part) que le PCF d'alors lui a permis de se reconstituer malgré ses faillites sanctionnées durement par le mouvement populaire, cela au nom d'une unité qui est restée, la période contemporaine l'a démontré, de façade. Il serait plus que temps que d'aucuns en tirent, ce qu'avec  beaucoup d'autres j'ai fait, les conclusions qui s'imposent.

Le mérite de ce "Moch-Lurel" est de rappeler cette vérité : c'est sur la tombe de Jaurès que la sociale démocratie a scellé sont pacte avec le capital. La déclaration de ce sinistre Lurel qui vient de gagner une triste place dans l'histoire, s'inscrit dans cette succession.

A charge ici pour les progressistes de faire connaître leur colère contre ces propos et de construire ici leur rapport de force pour leurs revendications convergentes avec celles de nos camarades des Antilles.

Parmi les plus lucides de mes camarades, il y a déjà quelques décennies, c'était avant la substitution de l'acrylique par les fourrures d'élevage, on parlait de socialistes "peau de lapin": l'apparence mais pas la tenue ni les qualités attendues du produit, ni la durabilité. Ils se sont trompés. Pas sur la qualité qui s'avère en permanence de peu, mais hélas sur la durabilité. Il est vrai qu'ils profitent toujours de ceux qui leur remettent le pied à l'étrier pour préserver leur strapontin politique.

Il est urgent de renouer avec une conception de l'internationalisme où le soutien va de façon indéfectible aux peuples qui veulent construire leur avenir.

Il apparaît de mieux en mieux que  pointe un fait national giadeloupéen,voire plus, qu'il se tisse  une solidarité anticolonialiste dans les DOM TOM.

Chacun devra dire où il se situe. Comme beaucoup de ceux que je rencontre en ce moment, j'ai choisi mon camp.

Et les forces sociales et politiques Zofficielles, que disent-elles ?





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