Après le numéro de bateleur du monarque

Publié le 6 Février 2009


La rue est en 1788, le château prône la restauration.

Comment aider les premiers et battre le second ?

 

Tout le monde ou presque tombera d'accord sur la diversité, la masse des mécontents de la politique du gouvernement.

Dans le camp progressiste ou revendicatif, la quasi-totalité va stigmatiser à juste titre le nouveau cadeau au capital que représente la suppression de la taxe professionnelle qui, notons le au passage, va asphyxier un des lieux fondateurs de la citoyenneté : la commune et ainsi renforcer le poids d'un pouvoir autoritaire sur les collectivités et le mouvement associatif, poursuivre l'étranglement de la démocratie.

La nature des réponses politiques est déjà moins unanime. Il est vrai qu'entre ceux qui veulent garder le système avec ou sans aménagement rue de Solferino, ceux qui n'ose plus dire qu'il faut le supprimer ou lui trouve des vertus ponctuelles qui lui permettra de rebondir place du colonel fabien, ceux qui adoptent des stratégies de conclaves et laissent aux autres l'organisation de la procession s'en remettant à st Denis,  et ceux hélas totalement marginalisé voir atomisés mais peu rayonnant  qui persistent à affirmer qu'il n'y a pas d'avenir sans une subversion totale du capital et son abolition, Fa#  et sa camarilla ont de beau jour devant eux, Parisot pourra se permettre ses insolences, Besson ses remugles vichystes, Hortefeux réfléchir à une charte du travail qui élimine le droit de dire non aux patrons et de l'exprimer. Le rêve de Weygand dans sa lettre à Pétain en 40.

Pour que les reproches, cris et autres imprécations aient du sens il aurait été mieux que ceux la même qui les profèrent arrêtes de lui dérouler un tapis aussi moelleux que bleu horizon devant lui.

Parce qu'enfin, si jeudi soir il a pu parader tranquille, c'est quand même bien parce que ceux qui avait réussi à mettre 2.5 millions de personnes dans la rue le 29, n'ont pas cherché à en mettre deux fois plus avant sa prise de parole à l'abri des grilles du château.

Qu'on soit entraineur sportif, instructeur à l'école de guerre ou jardinier paysagiste, on sait bien que quand on a pris l'ascendant sur l'élément adverse, sur l'ennemi ou qu'on a acquis la maitrise du terrain, on ne reste pas la balle, le fusil ou la bêche au pied en attendant de voir ce qui va se passer. On le sait trop bien, le temps que le camp d'en fasse reprenne son souffle, il repart à l'offensive et blessé il est plus agressif encore. La lutte de classe, ce n'est pas la guerre en dentelle, "Messieurs, les réacs, tirez les premiers. Je vous en prie cher exploité à vous la main". Durant ce temps dans les cités, les Zup, on crève !!


 

Dans le cas politique qui nous préoccupe ici c'est doublement inconscient au mieux ; criminel au pire (mais restons mesuré),  irresponsable à coup sur. D'autant qu'avec le courant de sympathie du 29 et les potentialités de mobilisation élargi qu'il porte, jumelé à la force et la maturité du mouvement universitaire, tout montre combien cet élargissement indispensable est possible, réalisable. A croire qu'il effarouche une partie de ceux qui ont réussi le 29.

Vite ne pas attendre faire confiance à ceux qui sur le pavé et les piquets de grèves on réussi fin janvier et ne pas attendre mars. D'autant que pour nombre d'entre eux il s'agit de leur première mobilisation et que leur engagement durable dans l'action dépend de notre volonté à les aider à poursuivre ce qu'ils ont commencé de mettre en chantier.

On ne battra pas un capital qui est pour part au abois devant sa crise mais est toujours détenteur de tous les leviers de commande économiques, idéologiques et coercitifs en faisant l'économie d'une lutte de classe qui pour être aussi efficace que sereine, aussi  pacifique que rassembleuse, n'a d'autre choix que chercher à mobiliser le plus largement possible autour de ses objectifs revendicatifs.

Ces revendications, au fond consciemment exprimées ou non, posent la question de la mise à disposition des richesses crées par le plus grand nombre et captées par le capital, que Fa# a annoncé hier soir vouloir encore plus arroser. La rue exige de les affecter à la réponse aux besoins immédiats et aussi durables du plus grand nombre. Elles portent la question de la sortie du système et la construction d'un autre monde. Or le syndicalisme comme les forces politiques qui se réclament du monde du travail se sont constitués autour de cet objectif; certains semblent avoir délectation s'efforcer de l'oublier.

Se tromper une foi, c'est une erreur, deux fois une faute, trois fois de la gourmandise mais à la quatrième on est en droit de se poser la question de savoir s'il  s'agit pas d'une stratégie délibérée : Ne rassembler qu'autour de sigles et non autour de la base revendicative qui porte la solidité du rassemblement est condamné à l'échec et fait le jeu de l'adversaire : nous avons l'expérience des retraites, du code du travail, les privatisations du service public et la casse des statuts, l'attaque du droit de grève, le laminage de la protection sociales, l'Unedic, tout montre que l'erreur se perpétue.

Il y aura toujours une CFDT ou une CGC ou CFTC pour aller à Canossa. Alors que tenus par le col par l'exigence revendicative massivement portée, il leur sera moins aisé de poursuivre leur tractation de coursives qui leur permettent de sauter du bateau avant de l'avoir fait couler.

On continu ou on change de stratégie?

Vu la place qu'elle tient dans le dispositif, une place que je souhaite encore plus forte et visible, c'est aussi à cette question que devra répondre le prochain congrès de la CGT.


Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #En passant - juste un mot

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