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"22 avril, il est vingt heures, nos estimations ". La manipulation continue.

http://medias.lepost.fr/ill/2009/10/21/h-20-1752184-1256104929.jpg

 

Ceci est écrit à 21h00 le 22 avril.

 


Avant de regarder les stratégies politiques regardons vite les pratiques de ceux qui tiennent les leviers.


Il leur faut casser toutes velléités de dynamique. Donc à 20h00 après une campagne qui de Libé au Figaro en passant par le Monde et leur partenaires multimédia dans l'opération ont fait monter la tension pour annoncer le "fn" à plus de 20 et le FdG à 10.


Ça douche. L'effet est garanti.


A 21h00, l'écart est 18,5-11.7. Cela ne change pas la donne mais les paramètres ne sont plus les mêmes. L'effet psychologique étant installé il est possible de sortir les orgues de Staline pour pilonner tout ce qui bouge et le caporal chef Apathie passe les obus au reste des artilleurs de Koblenz.


Ce ne sera pas ici une surprise que d'entendre La Canaille dire que cette élection est un piège. Malgré les mises en gardes qui vont bien au-delà de l'auteur de ces lignes, une nouvelle fois le mouvement populaire est embarqué dans la nasse. Pourquoi et surtout comment.


Pour avoir négligé, oublié et surtout refusé de voir que le cadre institutionnel de la classe dirigeante est bornée pour fonctionner par et pour les idées de l'idéologie dominante.


Tentons de clairement développer. Pour perpétuer sa domination le capital à besoin d'une approbation d'un cadre institutionnel qui permette que le système ne soit pas remis en cause.


Nouveauté dans cette campagne, une crise violente, structurelle, consubstantielle à la nature du système le menace dans ses fondements. Pour caler un cadre solide qui interdise toute subversion, d'abord très vite engager la campagne électorale pour que toute tentative du mouvement social de construire des issues par l'action revendicative voit soit l'opposition des institutions soit la proposition de leur possibilité légale comme issue.

 

Cela a été entre autre le rôle d' l'immersion dans les cortèges revendicatif d'un PS qui y était interdit de séjour suite à l'épisode des privatisations après la CSG et autres délicatesses du même acabit.


Cette volonté d'interdire de sortir du cadre institutionnel conduira extrême droite, PS et la droite parlementaire mais aussi pour une grande part la gauche de la gôche parlementaire, dès 2010 à donner rendez-vous en 2012.


Nous avons été quelques uns à dénoncer le piège. Montrés du doigt par les précédents mais aussi par ceux qui dans la campagne criaient "luttes, luttes, luttes" comme d'autre encouragent les coureurs dans le Tourmalet en cavalant une cinquantaine de mètres à coté du pédaleur en veillant qu'une caméra saoit là pour pouvoir le passer à19h00 à soir3.


C'est comme cela que la somme de ceux qui se sont battus contre la réforme des retraites ne se retrouvera pas dans les candidatures qui disent vouloir répondre à la revendication. Vote utile PS, et protestataire "fn" cela existe (pour le "fn" il est au même niveau qu'en 82 participation comprise)(relu 24h00 plus tard il y a une erreur importante rectifiée ici : oui le FN a progressé en voix et la carte de cette progression, ville par ville va demander analyse). Pour ce dernier (vote ouvrier) à reprendre en détail pour démontrer qu'il ne structure pas un électorat même s'il y participe, comme toujours depuis que l'extrême droite existe ; le poujadisme est une réalité française.

 

Ensuite une non campagne ou un dévoiement du débat par tous les moyens, jouant de toutes les opportunités, pour le tirer hors du terrain social pour l'amener sur les thème racistes et sécuritaire qui cimente les passerelles entre la droite dite parlementaire et son extrème qui rêve de la devenir. Toulouse aura été une bénédiction dont il faut mesurer l'éventuelle part de non divine.


Pourtant la vague se donnait l'impression de grossir et prendre force…mais que dans ce cadre. Raison pour laquelle La Canaille après avoir dit dès avant 2010 qu'il y voyait piège n'a pas fait campagne autre que de dire que l'expérience montrera, qu'elle risque d'être douloureuse et qu'elle est pour le mouvement social, déconvenue possible comprise, un passage obligée à la construction de ses repères si il ne s'affranchit pas du calendrier électoral.


Maintenant, à l'issue de ce premier tour, si nous en restions qu'à regarder les plateaux parfaitement polis de la balance, il ne resterait qu'à choisir entre les roses eurocrates et  la coalition du ramassis des réactionnaires renforcée par les fondateurs de l'UDF lesquelles sont aux luttes sociales ce qu'un yearling de Bayrou est à un cheval de débardage : une élégante inutilité génétique mais clinquante pour attirer le chaland.


La solution avancée pour chasser la peste et casser son tremplin programmé pour élargir via l'Axe brun Merkel Sarkozy renforcé par les auxiliaires Le Pen-Orban est bien ce que La Canaille dénonçait ici depuis des mois : il faudrait aller épauler les partisans-initiateurs du oui au traité constitutionnel qui ont tous participé au contournement du suffrage universel pour jouer leur partition dans la musique dénoncé aux premiers paragraphes de cette p@ge.


Pour autant, pas question de jeter anathème, fatwa ou procès de Moscou à ceux qui se retrouvent berné. Si La Canaille et ceux qui partagent son approche avaient eu plus de conviction et si ces convictions avaient été plus largement partagées peut-être que … Mais comme ce n'est pas le cas, pas la peine de s'y attarder.


Par contre, point d'accord avec JLM, c'est le constat dans ces conditions de l'émergence d'une volonté d'intervenir dans le champ politique pouvant ouvrir une base de rassemblement. Il faut s'en réjouir. Reste la question du contenu et de l'orientation.


La Canaille n'ayant pas la prétention de cultiver le "je vous l'avais bien dit, voila comment faut faire" il se gardera bien d'être donneur de leçons. Juste dire que dans cette construction qui demande de quitter les défroques mitées qui ne tiennent que par rapiéçages et bains d'amidon, retailler des habits neufs, se déssaper    pour enfiler les neufs est certainement plus efficaces que d'empiler des loques qui pèsent et empêchent le mouvement.


Si ceux qui ont engagé ce chantier ne veulent pas le voir figé, il leur faut regarder ce qui limite ses capacités d'essor. C'est la non contestation frontale du système. Il y a ceux qui défendent pieds et poings le capital ? Ne pas le combattre avec la même détermination les laissent en positions dominantes. Chautard, patron du CNPF disait dans son langage de l'époque qu'on ne faisait pas la même politique avec un PCF à 20% qu'avec un PCF à 10% nous avons payé, et cher agio compris qui ont ramené le PCF à 2%.

 Aujourd'hui la question n'est pas de savoir ce qu'il pèse ou pas dans le FdG, La Canaille n'en à que faire. Par contre il va falloir dès maintenant montrer les crocs pour que le Medef apprenne qu'il n'a plus les coudées aussi franches avec 15% des votants qui contestent ses choix, des votants majoritairement issue des entreprises.

 

C'est là que le mouvement social doit reprendre la main sur tous ses outils. Il ne s'agit pas de s'inféoder ou de rejeter ceux qui ont cru à l'issue par les urnes (comme disait le vieux Vladimir, cela donne les joue rose et un peu de souffle) mais de permettre à chacun dans son champ de compétence de jouer son rôle sans être dépendant d'un calendrier institutionnel qui est fait pour justement que le grand orchestre des colères populaires ne puissent entamer le Requiem du Capital.


La période est décisive. La réussite du premier mai, avant tout la discussion avec ceux appelés à y participer du contenu des exigences revendicatives va être déterminente.


Il ne s'agit pas d'être en masse le 1er mai pour appeler à voter Hollande le 6 mais d'être en masse dans la rue pour dire à Hollande ce qu'on exige, pourquoi les manifestants vont tenter de chasser le Troll et sa peste brune et ce à quoi il doit répondre favorablement s'il est élu le 6 mai. Dit autrement qu'il sache que ce sont ceux qui défilent qui portent l'avenir et qu'ils ne sont pas les fantassins d'une force électorale.


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charlotte 23/04/2012 22:59


Bien évidemment je ne partage pas ton analyse, si nous n'avions voté FDG qui est en dynamique partout quel aurait été le résultat et l'impact du vote FN et Droite ?

canaille le rouge 23/04/2012 23:12



Je crois qu'on ne se comprend pas. Pas question pour moi de condamner ceux qui ont voté FdG , NPA LO voir pour certains PS. Mon propos est de dire que la question du piège n'est pas posée et
qu'on court à la cata si on continue. Ensuite que chacun dans cette logique cherche une issue, normal. Mais quand va-t-on s'attaquer au cadre aliénant (et tu sait bien ce que ce mot signifie) de
l'election présidentielle créée par la classe dominante pour exploser la proportionelle et vérouiller le rôle des assemblées élues.


Je ne dis que cela à ce moment ni plus ni moins. Ensuite tu noteras que je me suis bien garder de semer la désespérance (encore que vu mes moyens la récolte eut été marginale) et ai concentré mes
coups contre la droite et l'extrême droite à chaque jours de chacune de mes mises en lignes.



Roquet 23/04/2012 10:26


J'ai été frappé personnellement par ces propos de Jean-Luc Mélenchon dans sa déclaration au soir du 22 avril :


"Nous avons eu raison de concentrer notre campagne sur l'analyse et la critique radicale des positions de l'extrême-droite. Nous avons eu raison de le faire, et si nous ne l'avions pas fait
peut-être le résultat de ce soir serait-il encore plus alarmant"


Est-ce si sûr ? Cette campagne "front contre front", comme on l'a nommée, était-elle vraiment réfléchie ? Avec d'un côté une Marine Le Pen se présentant en paroles comme l'adversaire du
capitalisme, de la finance, de la mondialisation, la championne de la souveraineté nationale dénonçant l'euro et l'Europe, et de l'autre côté un Mélenchon se présentant comme prioritairement
l'adversaire... de Marine Le Pen, et ne laissant apercevoir comme perspective réelle d'application de son programme que la transformation de l'Europe du grand capital en "Europe sociale".


Mais avoir orienté ainsi la campagne,était-ce vraiment une erreur ? N'est-ce pas simplement que la subordination à la mystification européenne du Front de Gauche, à commencer par celle du PCF, ne
permet pas d'apporter des réponses convaincantes à l'attente protestataire des milieux populaires. 


Je n'ai évidemment pas un poil de sympathie pour le FN, je n'ai pas la moindre illusion sur la nature démagogique de son "anticapitalisme", j'ai la plus totale répugnance à l'égard de son
racisme, bien sûr qu'il faut le combattre résolument. Mais si le vote ouvrier est à 30% pour Marine Le Pen, est-ce vraiment en réaction à l'immigration alors qu'il a été établi que dans les
préoccupations des Français pouvoir d'achat et chômage viennent en tête, l'immigration et la sécurité n'arrivant qu'en cinquième ou sixième position ?


Je le répète, interrogation personnelle, et qui ne doit pas être prise pour un blâme à l'égard de camarades qui se sont impliqués à fond dans la campagne de Mélenchon. Mais quand donc le PCF en
reviendra-t-il à aller au fond des choses, quand donc retrouvera-t-il une lucidité de classe ?  Fraternellement, Roquet