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C'est moins gouteux que la pintade : le déficit budgétaire

  Moins frivole que le précédent :

Il faut se méfier des arguments de bon sens, ils cachent le plus souvent les poncifs les plus éculés et la justification de tous les mauvais coups.


Il en est ainsi de la proposition de mettre dans la constitution l'obligation de l'équilibre budgétaire.


Derrière la question de l'équilibre budgétaire et l'interdiction des déficits, se profile une agression frontale contre l'organisation républicaine de la société française et toutes les valeurs de solidarité constituant ce qu'on appelle le "pacte républicain".


Quelques exemples simples pour présenter ce danger:

Pour moderniser les hôpitaux il faut investir.

Attaché au service public, pour moderniser les hôpitaux publics, il faut investir de l'argent public.

Ces investissements s'amortissent sur plusieurs exercices budgétaires, parfois plusieurs dizaines d'années sur des projets très lourds (Centres anticancéreux, dépendance, maladies orphelines etc.). Mais lors de leurs réalisations ils apparaitront en négatifs dans les comptes de nombreuses années puisque la somme des travaux nécessaires a été payée et sera ensuite remboursé par les retours monétaires (tarifications) ou sociaux (amélioration de l'offre et de la qualité de soin) que ces investissements vont permettre.



Il y a ensuite un autre argument, de bon sens : à qui faire croire que le financement d'un outil public : pont, tunnel, équipement de communication ou de surveillance (cross maritimes, rail d'Ouessant,  hôpital (encore), universités ou écoles devrait être financés par ceux qui les réalisant les utiliseront le moins dans la durée.

Le périph, à Paris, sert mille fois plus aujourd'hui qu'à ceux qui l'ont construit et financé. Le rail d'Ouessant, parce qu'on ne calcule jamais ce qu'il a permis d'économie par son rôle préventif ne rapporte rien, mieux, il coute, cher, mais il rapporte  gros socialement et économiquement.

Ceux qui dans les années 65-70 ont imposé la construction de Censier, de Jussieu ou de Vincennes-St Denis-Villetaneuse, par définition, ne l'ont pas utilisé. Par contre les savoirs accumulés par ceux qui s'y sont formés créent aujourd'hui des richesses qui paient l'investissement, aident à en financer l'entretien et permettent d'en réaliser de futures qui à leur tour serviront aux générations suivantes qui etc.

Ce qui vaut pour routes, hôpitaux, surveillance maritime ou autres vaut pour tous les secteurs qui garantissent l'égalité de traitement en tout point  du territoire des habitants de notre pays ou assure une protection civile et militaire du pays : défenses, écoles,  transports, santé, énergie (en cours) réseau routier, logement social etc.

Avec cette proposition inique, les investissements publics sont rendus impossible dans le cadre des financements publics mais le privés lui y trouvera son compte non soumis à cette règle et bénéficiant ainsi de fait, comme fournisseurs et comme substitut à la puissance publique des désengagements de l'état imposés par cette proposition.On le voit avec la privatisation progressives de tous les forbniseurs de la défense nationale ou la méthode Halliburton qui a fait les choux gras du clan Bush s'implante progressivement dans les armées de la République.

Notons, pour ne pas nous en étonner, que les cadeaux fiscaux au capital réalisés sur le dos du travail sont absents (c'est cohérent) du raisonnement de nos vertueux gardiens des équilibres budgétaires

.

Oui, Il s'agit bien de la plus grave attaque frontale contre le service public que nous ayons à contrer.

Défendre le droit au déficit budgétaires et le droit pour le pays d'y recourir n'est pas une marotte  de bolcheviks  tentant de s'emparer de la société ou un appel à la gabegie post soixante-huitarde : C'est un des piliers historique de la construction de la société française qui est mis à mal. C'est l'argument de Colbert qui faisait planter des forêts pour garantir les approvisionnements en bois les chantiers de constructions navales. C'est ce qui a piloté l'assèchement des Landes au milieu du 19ème siècle.  C'est la démarche de De Gaulle lors de la mise en place de la politique énergétique de la France (avec déjà de somptueux cadeaux aux monopoles qui maintenant veulent (volent?) tout le gâteau. C'est comme cela malgré le désengagement de l'état que les entreprises publiques ont financé le TGV, Airbus, le réseau téléphonique, les infrastructures de transports collectifs des grandes villes etc.

La recherche du profit maximum s'attaque maintenant au noyau dur de la survie de la société française et de son pacte républicain.

C'est aussi la façon de contourner l'organisation de la solidarité intergénérationnelle qui construit le financement de la protection sociale, des retraites, la formations, le logement etc. Le moindre déséquilibre démographique devra être absorbé sans lissage ni compensation. C'est ainsi que toute la génération de ceux qui ont reconstruit le pays lui ont donné son niveau économique et industriel devront se serrer la ceinture (en fait crever) parce que la génération suivante, sur une vingtaine d'années sera moins nombreuse alors que les richesses produites ne cessent de croitre grâce à la productivité du travail permise par les efforts de ceux que la proposition mets au rencart.

Ces richesses, notons-le, depuis 1983, de plans de rigueur en  privatisations, de bouclier fiscal en harmonisation fiscale européenne vont toujours plus vers le capital : si tu possèdes tu vivras, si tu n'a rien, tu crèveras!

Que le PS ne réponde que par des arguments de gestion comptables ("il faut se garder des marges") et non sur le fond des choix de société montre qu'il partage pour partie cette approche. C'est normal, elle est une des clauses des critères de convergences de l'UE et de l'encadrement des déficits publics, c'est dans le traité de Maastricht que le PS a soutenu puis repris dans les suivants qu'il persiste à défendre. La seule différence réside dans la volonté du capital, son MEDEF et sa majorité parlementaire d'aller à marche forcée vers le modèle américain.




 

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