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redéplaire encore, hélas. Tournez manège, mais sans moi.

Appels, pétitions et autre textes divers tombent comme grêlons d'avril, ou fleurissent comme lilas en mai, sont souvent indigestes comme des pavés volants. Le TSS (tout sauf Sarkozy) permet bien des ellipses et des rideaux de fumée.


Au cœur de ces placets, comment lier l'aujourd'hui de 2008 aux souvenirs de l'avant-hier de 68 pour porter de l'avant des attentes sans perspectives ?

Tous ces textes étant par définition publics, s'y associer, les signer revient à la fois à soutenir le contenu et à partager avec les cosignataires le sens de la démarche.

Tout cela pour parler de l'appel lancé par cet appel relayé par Politis pour une énième tentative de refondation (rafistolage ?) ou équivalent à gauche de la gauche, intégrant dans ses rangs certains qui, référence à l'Italie sont souvent très sinistres et sont bien éloignés des pratiques et valeurs fondatrices des idées de gauches.


Le texte paraît séduisant au premier abord. Dès qu'on gratte un peu, il pêche par une absence de taille et ... une présence de trop.

L'absence : la place du monde du travail et de ses luttes, la place des jeunes, le contenu anticapitaliste une dénonciation franche de l'impérialisme. On ne fera pas de construction alternative sans laisser à ceux qui en on le plus besoin, à toutes les victimes en première ligne du système  toute la place nécessaire à leur réflexion pour la construction de cette alternative.

La présence envahissante :  il survalorise l'espace politicien qui par définition rogne et ponce le politique.

Plus grave, il se pose comme l'autorité politique en capacité d'apporter LES réponses, comme chargé d'une mission auto attribuée, le texte se propose d'offrir aux masses en colère et déboussolée la perspective politique qui leur manque et qu'ils attendent.

" À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l'ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?"

Ils offrent de la perspective, ils prétendent donner le ton. Combien de jour de grève nos émérites diapason ?


Dire cela montre qu'il n'ont tiré aucun enseignement de 68 et qu'ils sont aveugles et sourds, ne perçoivent pas ce qui n'arrive pas encore germer mais qui craquelle et pousse pour s'émanciper de la vielle carapace. Au lieu d'aider à l'éruption ils la cantonnent au nom de leur présupposée mission.

Des signataires tenant la baguette chargée de donner de l'harmonie à la chorale, disposant les maitres de chœur pour faire reprendre ce que les initiateurs du texte vont mettre sur la partition.


Est-ce cela qui ouvre une perspective? La France est bord du gouffre, avec eux, c'est le grand pas en avant d'assuré :



Nous pourrions être en plein dans la définition clinique de l'autisme :

Rappelons : L'autisme est un désordre neurologique grave caractérisé par un repliement sur soi qui limite considérablement la communication et l'interaction du malade avec son entourage, elle se détecte souvent vers les 30 mois après la naissance.

Lorsqu'il s'agit d'enfants, il s'agit de pathologie lourde, subie, douloureuse.

Alors qu'en politique pour le plus grand nombre, il s'agit maintenant de choix délibérés, qui confine à la recherche d'un confort sécurisant.

C'est souvent passé 30 ans et (ou) 30 mois de mandat que cela se manifeste. C'est pour cela qu'un autre terme est nécessaire pour clarifier et laisser au trouble douloureux des enfants le champ médical et se servir des outils de la pensée sociale pour parler des plus vieux.

Je propose la nostalgie délégataire obsessionnelle. Cela semble contagieux mais d'une forme de contagions atypique qui est définie pour partie par la dimension délégataire : n'atteint d'abord que le ou la muni(e) de notabilité. Comme si une mission leur était dévolue puisqu'avant tout par une sorte, de syndrome synodal, leur fumée blanche annoncerait notre possible libération.

En fait, c'est  surtout un refus de se coltiner avec ce neuf qui butte sur les pratiques anciennes dont les leurs que cette démarche renforce : C'est pour cela que leur pas en avant est condamné au vide.

Il n'y a d'autre issue que la co-élaboration de la perspective par ceux-là même qui en on besoin pour  avancer leurs revendications et se donner des appuis pour en garantir la pérennité dès lors qu'elles se concrétisent. Problème, cette démarche tend à se passer des autoproclamés indispensables qui refusent d'admettre qu'ils puissent ne pas l'être.

Quitte à se référer à 68, autant tenter d'en tirer les bons enseignements, ce n'est pas la démarche qui nous est proposée.


Pourquoi ces limites? Le kaléidoscope des signataires porte explication. Voir cohabiter des noms qui portent engagement sur des grandes valeurs humaniste, des batailles démocratiques, combat pour les libertés avec ceux de personnages rompus voire corrompus à toutes les combines politiciennes d'appareils bordent la démarche d'un mur d'incompréhension.

Voir dénoncer (à juste titre) les pratiques d'un PS en pleine gestion de la crise par ceux là même qui ont accompagné, légitimé cette gestion, voir combattu dans leur propre rang ceux qui refusaient de l'accompagner affecte profondément et durablement la démarche, lui retire toute crédibilité, lui donne un cadre aussi politicien qu'il est peu politique. Nous descendons des sommets de l'alternative pour clapoter dans les marais de l'alternance

Signer ce genre de texte reviens à s'afficher avec eux.


Est-ce à dire que rien n'est possible sans les écarter ? Non. Je suis prêt à signer à leur côté sur des valeurs humaines repères : la Paix, la Laïcités, les Droits de l'Homme, la Démocratie. Oui sans hésitations, même si sur certains de ces aspects certains ne sont pas à l'abri de reproches très peu contestables. Mais figurer à leur côté sur un projet politique qui renouvelle les impasses dont le mouvement populaire doit impérativement se sortir, non, mille fois non.

Sans citer de nom, qu'ils fassent leur ménage ou leur aggiornamento. Nous verrons ce qui va en sortir, outre qu'au vu de la liste des signataires et de certaines prises de positions des unes et des autres je pourrais leur donner rendez vous lorsqu'ils auront fait autant d'effort à atteindre la parité des genres dont certain(e)s se sont gargarisés que pour la diversité des approches.

Pour le fun, je serai curieux de localiser le centre de gravité politique entre un Gayssot,  un Mermet et un Jennar, (faut-il rappeler cette loi fondamentale de la physique ? Tout corps dont le centre de gravité est extérieur à son polygone de sustentation est condamné à se ...casser la gueule.)


Autant je suis assez proche de toute une partie des signataires. Autant pour d'autres... et j'ai envie de rester debout

Les premiers mesurent-ils le risque de se voir instrumentaliser pour des projets qu'ils ont pourtant à un moment contribué à dénoncer par ceux qui portaient et portent toujours ces mêmes projets ? Je me refuse de près ou de loin à partager toute collocation dans ce domaine?

Pour ces raisons, je pense que l'appel portée par Politis porte plus de limite que d'ouverture. Considérons-le comme un faux pas à côté de la ligne éditoriale souvent moins hasardeuse.

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