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Scoop : WallStreet redoute l'arrivée des soviets


Le Veau d'or est malade

"Souvenez-vous du 14 mars 2008: c'était le jour où le rêve du capitalisme de libre marché est mort".


Une affirmation qui paraîtra surréaliste, provocatrice ou pourquoi pas osons ce terme si grossier dans les lieux d'où provient ce débat, marxiste.

Mais elle n'est pas de moi. C'est M. Martin Wolff, éditorialiste du Financial Times, le quotidien de référence en Europe des marchés financiers qui l'a écrit devant le sauvetage de la banque Bear Stearns par la Reserve Fédérale Américaine, le 14 mars dernier :

"Remember Friday March 14 2008: it was the day the dream of global free-market capitalism died."

Ce n'est en fait pas de gaieté de cœur qu'il énonce cela. Imaginez J-M Sylvestre commençant sa chronique sur France inter en déclarant "des soviets partout!" C'est là bas un séisme du même niveau.


Les convictions de notre Sylvestre d'outre atlantique sont ébranlées. Il part pour cela d'une analyse serrée des conséquences de la décision de la Fed.

Citons la presse spécialisée qui en conclus : "Selon Wolf, en sauvant Bear Stearns, la banque centrale américaine s'est en fait comporté comme un assureur qui garantit à toutes les banques d'investissement que, quoi qu'elles fassent, quelques soient les risques pris en spéculant sur les marchés, elles seront secourues."


Selon les lois du capital qui sont intraitables, si elle veut ne pas avoir à multiplier ce type de sauvetage, la Fed est dans l'obligation  d'imposer des règles plus strictes aux établissements financiers. Selon Wolff, les lobbys bancaires vont tenter de  résister, mais leur position sera intenable: les institutions qui reçoivent une protection officielle doivent en payer le prix. C'est aussi cela les lois du marchés, pas qu'une question de justice, mais d'efficacité dans le monde boursiers et capitalistique. "Un casino dérégulé, mais subventionné, n'allouera pas de manière efficace ses ressources", explique Wolf.

Faites vos jeux : devant la montée des périls pour les places financières,  il en conclu "qu'une plus grande régulation est à venir".

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Aux Etats-Unis donc, mais aussi dans les pays émergeants (Chine, Inde...) qui, voyant que si le système financier réputé le plus robuste de la planète s'écroule, ils vont être d'autant plus incités à calmer leur politique de dérégulation financière qu'ils ont des capacités de création de richesses matérielles (taux d'exploitation de leur peuples) pour         adosser leur croissance et ont ainsi des moyens de limiter les dégâts de la dérégulation financière.


Si M. Wolf ne conclue pas par l'annonce de la fin du capitalisme et l'instauration du socialisme, on sent pointer une crainte réelle d'une sorte de cataclysme économique et financier. On peut être économiste et poètes aux heures creuses : il reprend la métaphore du feu de la ruine financière et de la glace de l'inflation "Les temps sont périlleux", conclut-il.                   


Wall Street a peur... La bourse européennes aussi qui cherchent un moyen légal pour faire payer aux peuples leurs spéculations aventureuses. Elles ont déjà conduit des centaines de milliers de familles américaines à la ruine, elles débarquent ses temps ci en Europe (les fameuses subprimes) selon le vieux principe du socialiser les pertes pour privatiser les gains.


C'est dommage qu'on doive ici rassurer M Wolff, mais il ne m'a pas semblé que même si la crise est graves que le veau d'or soit sur le point de tomber de son socle ni que les forces capables d'assurer l'alternative, aux USA mais aussi ici, soient sur le pied de guerre pour faire face à ces nouvelles responsabilités par lui annoncées.

Par contre cela mets un coup sérieux dans les côtes de tout ceux tout azimut qui théorisent sur l'horizon indépassable du marché.


 

En illustration, N Poussin : Le Veau d'or.

 

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