Buvons ! Buvons ! Buvons !

Publié le 16 Mars 2008

Il faut classer Neuilly et Levallois en zone d'AOC de Champagne.

D'abord ce ne serait que justice : c'est certainement  avec Auteuil et Passy une des plus grandes concentrations de consommation de ce divin breuvage.

Il est tellement dans les mœurs que là où dans le 93 ou la "zone" de mon 13ème on se jette parfois une canette de kro ou une boite de Coca, quand les nerfs ne se dominent plus, là-bas dans ces banlieues là, c'est à coup de Moët & Chandon qu'on s'invective.

Signe d'un manque de goût inqualifiable, la TV (qui n'est plus tenue dans les rédactions; oh combien A. Peyrefitte nous manque !), la TV donc, a osé montrer qu'alors ils le servent dans un de ces récipients cartonnés qu'on peut trouver dans les échoppes de masse pour bas peuple.

Mais bon là n'est pas notre propos, c'est moins dangereux pour se jeter du Baccarat au visage.

Figurez-vous que dans la région de production,  ils viennent de redéfinir les zones de plantation de la vigne, de celles qui outre servir aux batailles électorales sus mentionnées, permettent de fêter ici les un an du petit, là le bac de la grande ou le mariage de la petite sœur voir la retraite du camarade. Il parait qu'on en manque, loi de l'offre et de la demande. Donc on agrandit le terroir. C'est comme Paris : à l'étroit, on pousse les murs au-delà des barrières d'origines.

Et la Bingo. Sans construire, avant même que le premier promoteur ait mis le premier pneu de son Porsche Cayenne, le prix du m2 est multiplié par 300 ou 400. Ce n'est pas Jacquou le Croquant qui en bénéficiera. Les ruraux du coin, c'est plus la vallée Chevreuse que le Périgord noir.

Mieux que les opérations Pasqua Sarko dans la zone de la défense; mais sans la boue, ni les grues ou et les palissades qui font tâche depuis St James ou Bagatelle.

Allons, ne soyons pas si sarcastique. A notre façon, positivons :

Dès que les salariés des Ardennes vont arriver à faire plier leur patron et l'UIMM qui est derrière, quand les gars d'Armittal qui font de même gagneront,  on fera pêter les bulles.

On aura alors une pensée pour Pierre Maître, militant CGT et communiste des Verreries Mécaniques Champenoises, assassiné par des nervis payés par une de ces caisses noires dont le patronat sait si bien abonder les fonds.

Et si les lendemains qui chantent , pour tous, se fêtaient avec une coupe ? Et oui, là encore, avec un bon rapport de force,  l'utopie est à portée de mains.

Comme le dit le premier couplet  et le refrain du chant des ouvriers :

 
Nous dont la lampe, le matin,
Au clairon du coq se rallume,
Nous tous qu'un salaire incertain
Ramène avant l'aube à l'enclume,
Nous qui, des bras, des pieds, des mains,
De tout notre corps luttons sans cesse,
Sans abriter nos lendemains
Contre le froid de la vieillesse.

Aimons-nous, et quand nous pouvons
Nous unir pour boire à la ronde
Que le canon se taise ou gronde
Buvons ! Buvons ! Buvons !
A l'indépendance du monde !

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #polémique

Repost0
Commenter cet article