Crise de régime ,régime de crises 

Publié le 29 Novembre 2020

Processus de fascisation.

Crise de régime ,régime de crises 

«Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce »,

(Karl Marx, le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte).

 

Quand Gramsci avance dans sa définition du fascisme italien qui restera dans l’histoire comme celui du totalitarisme porté par l’ex socialiste Mussolini l’Italie traverse une crise profonde qui n’est pas sans rappeler un siècle plus tard la France de 2020 :

Quand Gramsci avance dans sa définition du fascisme italien qui restera dans l’histoire comme celui du totalitarisme porté par l’ex socialiste Mussolini, l’Italie traverse une crise profonde qui n’est pas sans rappeler un siècle plus tard la France de 2020 .

Les partis politiques dirigés par la classe libérale, déconnectés du monde social réel sans liens avec le monde du travail dans l’Italie de 1920 étaient faibles ou insignifiants. La gauche radicale avait été neutralisée et ne cherchait plus à proposer une vision alternative au capitalisme. Il y avait dit Gramsci une « crise d’autorité ».

Le fascisme montait et la répression d’État devenait de plus en plus dure et totalitaire.

En 2012, Razmig Keucheyan, université Paris-Sorbonne (Paris IV). Dans une conférence avance cette lecture de la société par Gramsci :

" C’est seulement lorsque les crises deviennent « organiques », c’est-à-dire qu’elles se transforment en crises du bloc historique lui-même, qu’elles contaminent toutes les sphères sociales : économie, politique, culture, morale, sexualité… Gramsci qualifie ces crises de « crise d’hégémonie » ou de « crise de l’Etat dans son ensemble ». Elles se caractérisent notamment par leur longue durée, et par le fait qu’aucune des classes antagonistes ne dispose d’assez de réserves matérielles et symboliques pour imposer aux autres une nouvelle hégémonie. S’ensuit un « équilibre catastrophique des forces », dont le césarisme – par exemple fasciste – est l’une des issues possibles."

Gramsci, toujours lui, parlant de l’état réel de l’économie écrit :

"Et personne n’est responsable, personne ne peut être frappé : toujours, partout, l’Etat bourgeois avec sa force armée, l’Etat bourgeois qui est devenu le gérant de l’instrument de travail qui se décompose, qui tombe en morceaux, qui est hypothéqué et sera vendu à l’encan sur le marché international des ferrailles dégradées et inutiles… "

Regardez l’actualité des situations et des mots, Mussolini le 11 mars 1926 devant le Sénat Italien déclare :

"Le fascisme repousse dans la démocratie l’absurde mensonge de l’égalité (...) La police doit non seulement être respectée, mais honorée (...) l’homme avant de ressentir le besoin de culture a éprouvé la nécessité de l’ordre. Et en un certain sens, on peut dire que le policier a précédé le professeur... "

Cette définition donnée par Jacques Serieys semblant bien cerner notre approche :

"… lorsqu’un pays est en crise profonde (économique, politique, sociale, culturelle) et (ou) que les capitalistes et autres privilégiés craignent une baisse de leurs profits. La fumée idéologique de la démocratie libérale cachant le capitalisme s’évapore alors, le peuple essaie de construire une république plus sociale et plus démocratique. Des forces évoluent majoritairement vers le fascisme ou veulent se servir de lui pour maintenir leur pouvoir : patronat, actionnaires rentiers, militaires et policiers, religieux, extrême droite et même préfets, élus de droite, nobles et royalistes, associations d’ »anciens combattants », juges et haut appareil d’Etat… "

 

A partir d’une approche toujours d’actualité de la dimension idéologique de l’affrontement  énoncé par Gramsci: si dans les régimes dictatoriaux c'est principalement la société politique qui fait l'oppression, il pense que dans les sociétés occidentales la société civile est une composante importante de la domination qui doit en conséquence être l'objet du combat.

Bien qu'il soit difficile de tracer une ligne claire entre « société politique » et « société civile », Gramsci met en garde contre le culte de l'État qui découle de l'identification des deux. Cela conduit tout droit à la définition donnée par Dimitrov le 02 août 1935 :

"Le fascisme au pouvoir est … la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier."

Si la France de 2020 n’est pas un pays fasciste, dans le cadre de causes bien identifiées comme étant génériques du processus, elle emprunte la voie qui y conduit de façon s'accélérant.

Ce n’est pas en cherchant un homme providentiel pour faire alternance que la véritable alternative pourra gagner.

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