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À propos de la colère des petits commerçants. Au risque de déplaire

Qui tient l’échelle à ceux

qui coupent l’arbre 

qui leur apporte les fruits ?

À propos de la colère des petits commerçants. Au risque de déplaire

Certes ils sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire. Eux qui pensaient pour leur plus grand nombre d'entre eux ne subir que les dégâts collatéraux de la crise économique (encore que dans les zones où le capital détruit l’appareil productif on ne les a pas vu souvent dans les manifestations pour l’emploi), celle-là les rattrape avec une brutalité amplifiée par les choix du gouvernement.

Parfois, quand tout un bassin est sinistré par une fermeure d'usine, d'une maternité, les rideaux se baissent le temps d’une journée d’action et...ensuite, faut bien que les affaires reprennent.

Oui, on a vu des commerçants au sein des colères populaires, c'est certain. Canaille le Rouge en connait qui en plus quand ils persistent dans leur choix sont des merles blancs montrés du doigt  dans leur environement. Dire que cette solidarité n’existe pas sera donc erroné.

Mais par exemple, les limonadiers et restaurateurs, y compris ceux qui se goinffrent le tiroir-caisse tout le long des parcours des manifestations des salariés, ne sont que très rarement à la tête de cette solidarité. Ceux qui protestent le plus fort sont ceux des beaux quartiers et des tables à 150€ et plus le repas boisson non comprise. 

Le monde des commerçants dans les luttes sociales, Comme dit Gabin, dans Mr le président : "c'est comme les poissons volants, ça existe, mais ce n'est pas la caractéristique première de l'espèce". On pourrait même ajouter, et cela sur tout le territoire national, concernant la quasi totalité des dirigeants de leurs fédérations professionnelles - par eux, commerçants électeurs des chambres consulaires- élus et mandatés, qu'ils se recrutent plus parmi les piranhas que parmi les éperlans.

Toujours parmi ces restaurateurs et  limonadiers, pour ne parler que de ceux qui font partie des faiseurs d’opinions médiatiques, combien de ces interrogés durant les grands mouvements sociaux qui s’étalent dans les micros trottoirs et la grande presse pour stigmatiser les "feignants à statuts, preneurs d'otages, gréviculteurs" quand nous nous battons depuis un quart de siècle pour les services publics, l'emploi et les salaires qui assurent leur trésorerie.

Les mêmes qui se plaignent de la faiblesse et du côut de leur couverture sociale, qui parlaont de leurs salariés ne parlent que charges,  mais dont leurs organisations se sont battues depuis 75 ans contre la sécu ? Combien ont-il été à manifester avec les personnels de santé quand on fermait un service , la maternité, les urgences voire tout l'hôpital? Ils étaient - sont- où ?

La compréhension, voire une certaine solidarité n’interdit pas, au risque de déplaire, de dire franchement les choses et de leur rappeler que dans de nombreuse villes, ils font partie, apolitiques, de ces notables parfois élus derrière des caciques de toutes les droites qui cassent les outils qui permettraient aujourd’hui de plus et mieux faire face. 

Et cela vaut pour tous les services publics. Ces tenanciers de bureaux de tabac, restaus point de livraisons, qui se précipitent pour se transformer en bureau de poste, en agents des impôts, ou en agent SNCF se sont-ils un jour poser la question d’à qui ils participaient à prendre le boulot ? Ils sont avec leurs fédérations professionnelles les chambres de commerce les auxiliaires de ceux qui épargnent la grande distribution et cassent le tissu social et économique du pays. 

Leur réflexe « pourquoi nous et pas eux » se comprend. Mais que ne s’interrogent-ils pas sur les choix faits par ces élus que massivement ils soutiennent. Pour le mesurer, les élections sénatoriales la composition du sénat où les commerçants et professions libérales sont sur-représentés au regard de leur place dans la société sont un excellent indicateur. 

En cela, toute une catégorie sociale liée au petit commerce tient l’échelle à ceux qui coupent l’arbre qui leur apporte les fruits.

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