Interrogations d'un Persan débarquant dans la capitale

Publié le 8 Octobre 2020

Et lutte contre la pandémie

dans la start-up nation

Interrogations d'un Persan débarquant dans la capitale

Débarquant d'ailleurs à Charly Airport, dûment sermonné avant de descendre du tapis volant par une hôtesse attentive aussi médicalement qu'impeccablement masquée, s'étant muni de son cache-nez réglementaire ajusté par sa mentonnière, notre Persan arrivant sur l'embarcadère du coche métallique articulé fut surpris de voir comment l'entassement sans ordre ni précaution prévalait sur les doctes consignes à lui distillées quelques instant plus tôt.

"Mais que faites vous demanda-t-il" à sa si proxi-contactée voisine à l'élégance assurée mais dont seul le regard azuré dépassait d'un fadasse tissu plissé ?

-"je vais à la Défense pour mon travail"

-"Mais, interrogea-t-il décontenancé, on nous a dit que l'emplois serait virtuel grâce à la technologie de pointe de la stratup nation et qu'il fallait rester travailler chez soi"

-"je suis serveuse en restauration au milieu de 20 tours de 40 étages dont au moins un tiers de l'effectif est présent et aura faim dès 11h45 . Vous savez servir les plats par ordinateur ? Vous avez déjà goûté une entrecôte maitre d'octets ? Vous prendriez une blanquette de souris sauce wifi ?"

-"Pour autant, les autorités s'alarment de dire que le flot contaminant ne cesse de monter et donnent des pourcentages qui font frémir"

Et la dame d'éclater de rire:

"Naïf que vous êtes. Les pourcentages ce ne sont pas celui des malades à soigner, c'est celui du nombre de lits disponibles.

- "Que voulez vous dire par là ? 

-"je dis que si vous avez 100 lits pour 50 malades le taux est de 50%. Mais si vous n'avez que 50 lits, c'est 100% et donc la crise majeure. La peur des autorités c'est de devoir expliquer pourquoi nous avons 50 lits pour 51 malades alors que du temps ou nous avions 100 lits il n'y aurait pas eu de problème.

-"il y a eu un temps où il y avait 100 lits ?" 

-"Oui mais les mêmes qui agitent leurs pourcentages pour nous faire peur et qui font tabasser les soignants qui veulent plus de lits et de personnels pour soigner, depuis le début de la crise, ont fait baisser le nombre de lits à raison de plus 20 par jours et donc, ça va déborder. Tant en taux d'occupation par les malades que de colère sur les embarcadères"

Notre Persan de se dire que celui qui au Levant se parfume de dire comment guérir le Liban ferait bien de passer une coloscopie pour voir où son reste de neurone avait bien pu glisser.

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