Covid, politique, incohérence gouvernementale ; ne plus être gouverné par la peur.

Publié le 15 Septembre 2020

 

Un regard un peu plus cartésien. 

Enfin ! 

 

Covid, politique, incohérence gouvernementale ; ne plus être gouverné par la peur.

Le texte qui suit est paru dans un journal que Canaille le Rouge pour des raisons d'antagonisme politique de fond n'a jamais acheté. Il ne voit pas pourquoi il devrait changer sa pratique. C'est le "Parisien".

Pour autant, le titre a publié ce 10 septembre un texte qui fait rupture avec les ukases, guerre de tranchée, ultimatum et croisades qui taraudent le pays depuis 8 mois. Il tente de ramener un peu de raison dans des débats que le pouvoir s'évertue à rendre confus afin de maintenir la tête de toute la population sous l'eau. Cela au nom de l'intérêt majeur pour le capital de ne pas laisser respirer librement, la COVID étant le moyens de légitimer la politique antidémocratique de Touthenmacronaparte et de contenir la colère que cette politique fabrique.

La Canaille ne connaît aucun de ses premiers signataires tels que publiés.

A vous de juger.

ARTICLE DU PARISIEN 10 SEPTEMBRE 2020

Dans une tribune pour le Parisien, 35 chercheurs, universitaires et médecins, dont
Jean-François Toussaint et Laurent Mucchielli, critiquent la communication du
gouvernement sur la crise du Covid, qu’ils jugent trop anxiogène. Dans cette tribune
collective, 35 scientifiques, universitaires et professionnels de santé critiquent la
politique et la communication gouvernementales. Selon eux, elles relèvent
davantage d'un affichage d'une « posture protectrice » que d'une stratégie sanitaire
précise.


«Covid-19: nous ne voulons plus être gouvernés par la peur»


 

« Nous, scientifiques et universitaires de toutes disciplines, et professionnels de santé,
exerçant notre libre arbitre et notre liberté d'expression, disons que nous ne voulons plus
être gouvernés par et dans la peur. La société française est actuellement en tension,
beaucoup de citoyens s'affolent ou au contraire se moquent des consignes, et nombre de
décideurs paniquent. Il est urgent de changer de cap.

Nous ne sommes pas en guerre mais confrontés à une épidémie qui a causé 30 décès le
9 septembre, contre 1438 le 14 avril. La situation n'est donc plus du tout la même qu'il y
a 5 mois. Par ailleurs, si la guerre peut parfois justifier un état d'urgence et des
restrictions exceptionnelles de l'Etat de droit et des libertés publiques qui fondent la
démocratie et la République, ce n'est pas le cas d'une épidémie. Aujourd'hui comme hier,
cette crise doit nous unir et nous responsabiliser, pas nous diviser ni nous soumettre.
C'est pourquoi nous appelons les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser
d'insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement
les dangers sans en expliquer les causes et les mécanismes. Il ne faut pas confondre la
responsabilisation éclairée avec la culpabilisation moralisatrice, ni l'éducation citoyenne
avec l'infantilisation. Nous appelons également l'ensemble des journalistes à ne plus
relayer sans distance une communication qui est devenue contre-productive : la majorité
de nos concitoyens ne fait plus confiance aux discours officiels, les complotismes en tous
genres foisonnent sur les réseaux sociaux et les extrémismes en profitent.

Le confinement général, mesure inédite dans notre histoire, a eu des conséquences
individuelles, économiques et sociales parfois terribles qui sont loin de s'être encore
toutes manifestées et d'avoir été toutes évaluées. Laisser planer la menace de son
renouvellement n'est pas responsable.

Il faut évidemment protéger les plus faibles. Mais de même que l'imposition du port du
masque dans la rue, y compris dans les régions où le virus ne circule pas, l'efficacité du
confinement n'est pas démontrée scientifiquement. Ces mesures générales et uniformes,
imposées sous surveillance policière, relèvent davantage d'une volonté d'afficher une
posture protectrice que d'une stratégie sanitaire précise. D'où leur grande volatilité
depuis six mois. Beaucoup d'autres pays agissent avec plus de cohérence. Une
coordination européenne serait nécessaire.

Nous appelons également le gouvernement à ne pas instrumentaliser la science. La
science a pour condition sine qua non la transparence, le pluralisme, le débat
contradictoire, la connaissance précise des données et l'absence de conflits d'intérêts.
Le Conseil scientifique du Covid-19 ne respectant pas l'ensemble de ces critères, il
devrait être refondé ou supprimé.

Nous rappelons par ailleurs que les premiers à soigner les malades sont les médecins
généralistes. Les écarter de la lutte contre le Covid, en ne leur fournissant ni tests ni
masques et en suspendant leur liberté de prescrire les médicaments autorisés de leur
choix a constitué une erreur qui ne doit pas se reproduire. L'ensemble des soignants doit
au contraire être mobilisé, équipé et solidarisé afin d'améliorer nos capacités de réaction
et non les restreindre.

Enfin, les impératifs de protection contre la contagion ne doivent pas conduire à trahir
l'éthique médicale et les principes humanistes fondamentaux. Isoler les malades et
protéger les personnes à risque ne veut pas dire les priver de tous droits et de toute vie
sociale. Trop de personnes âgées sont décédées et se dégradent encore actuellement
dans un abandon motivé par des motifs sanitaires non justifiés. Trop de familles souffrent
de ne pouvoir leur apporter l'affection indispensable à leur bonheur et à leur santé.
Il est urgent de nous remettre à penser ensemble pour définir démocratiquement nos
stratégies sanitaires, redonner de la confiance à nos concitoyens et de l'avenir à notre
jeunesse. »

 

 

Les premiers signataires. Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à
l’Université de Paris ; Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS ;
Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l’Université de Bordeaux ; Gilles Bœuf,
professeur de biologie à Paris-Sorbonne Université ; Pierre-Henri Gouyon, professeur de
biologie au Muséum national d’histoire naturelle ; Jean Roudier, professeur de
rhumatologie à l’Université d’Aix-Marseille ; Louis Fouché, médecin, anesthésisteréanimateur à l’Hôpital de la Conception ; Olivier de Soyres, médecin, réanimateur à la
clinique des Cèdres ; Christophe Lançon, professeur de psychiatrie à l’Université d’AixMarseille ; Laurent Toubiana, épidémiologiste à l’Inserm ; Mylène Weill, biologiste,
directrice de recherche au CNRS ; Anne Atlan, généticienne des populations et
sociologue, directrice de recherche au CNRS ; Bernard Swynghedauw, biologiste,
directeur de recherche émérite à l’Inserm ; Marc-André Selosse, professeur de
microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle ; Jean-Louis Thillier, médecin,
immunopathologiste ; Jean-François Lesgards, biochimiste, chercheur au CNRS ;
Alexandra Menant, biologiste, chercheuse au CNRS ; André Comte-Sponville, philosophe
; François Gastaud, chirurgien orthopédiste à Strasbourg ; Éric Desmons, professeur de
droit public à l’Université Sorbonne Paris Nord ; Dominique Andolfatto, professeur de
science politique à l’Université de Bourgogne Franche-Comté ; Charalambos Apostolidis,
professeur de droit public à l'Université de Bourgogne-Franche-Comté ; Nicolas Sembel,
professeur de sociologie à l’Université d’Aix-Marseille ; Dominique Crozat, professeur de
géographie à l’Université de Montpellier ; Marnix Dressen-Vagne, professeur de
sociologie à l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ; Thomas Hippler, professeur
d’histoire contemporaine à l’Université de Caen-Normandie ; Nicolas Leblond, maître de
conférences en droit à l’Université Polytechnique Hauts-de-France ; Dominique Labbé,
politiste, enseignant émérite à l’Université de Grenoble-Alpes ; Arnaud Rey, chercheur en
psychologie au CNRS ; Mathias Delori, politiste, chercheur au CNRS ; Jacques Tassin,
écologue, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement (Cirad) ; Sylvie Gourlet-Fleury, écologue, chercheuse au Cirad ;
Emmanuelle Sultan, docteur en océanographie physique, ingénieure de recherche au
Muséum national d’histoire naturelle ; Christophe Leroy, biologiste, docteur en biologie
moléculaire et cellulaire ; Bernard Dugué, docteur en pharmacologie, docteur en
philosophie

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