Masques et prévention

Publié le 26 Juillet 2020

 

Vers qui tourner la colère ? 

Masques et prévention

À propos de la compétence de ceux qui appellent à se masquer et de ceux qui passent plus de temps à les combattre qu’à exiger que ces masques soient gratuits pour tous.

Nombre de personnes partagent l’idée aussi juste et bien réelle que la pandémie est une aubaine pour le capital et son pouvoir pour bâillonner le mouvement populaire. Le nier serait prendre les gens pour des imbéciles.

Certains poussent l’argument disant que le masque est la partie visible du bâillon. À partir d’un droit à la liberté de choix, ils dénient dès lors aux personnels soignant le droit d’insister avec force pour que le masque soit porté. Nous en trouvons même qui lui dénient compétence, voire arguant de leur liberté à ne pas le porter, vont jusqu’à les taxer de complicité avec le capital.

Parmi ceux qui du haut des balcons les applaudissaient à 20h00, s'en truvent qui maintenant les agonisent d'invectives.

Ne serait-il pas urgent de réfléchir sereinement à partir de deux questions ?

Le virus est-il ou pas une réalité ? 

A-t-il ou pas ajouté des morts souvent dans des conditions terribles aux autres terribles morts assassinés par le capital ? 

Le nier serait pour le moins inconséquent et opposer les morts du coronavirus à ceux par exemple des accidents de travail une stupidité sans nom alors qu'au même moment la bataille pour faire reconnaître la pandémie comme maladie professionnelle est au cœur de l’affrontement avec le pouvoir et le patronat.

Cela renvoi au vécu dans bien des professions.

Par expérience professionnelle, un cheminot peux dire qu’il est très dangereux voir mortel de traverser un passage à niveau à barrières fermées. Cela fait à minima une trentaine de morts par an, trop souvent beaucoup plus. De même de monter sur les toitures des voitures et wagons sous caténaires ; cela fait une grosse poignée de grillade purs cons chaque année. Tout comme de marcher dans les voies, de descendre des trains en marche, etc. Ce sont des infractions qui au bout du compte pour les survivants sont sanctionnées par de lourdes amendes. Qui ira dire au cheminot.e.s qui le rappellent qu'ils professent une atteinte à la liberté de chacun ? Qui va leur reprocher ces mises en garde ?

D’autres professions par l’expertise de leurs praticiens et opérateurs sont aussi dans la même situation et compétence. 

Si jusqu’à ce jour, nous n’avons pas vu grand monde contester la pertinence des conseils des professionnel.le.s, ce refus apparaît pour le port du masque. 

La contestation venant de personnes par ailleurs sachant d’habitude raison garder, mais miracle de la réclusion sanitaire, de la fibre optique et ses dérivées réunies, ayant acquis en moins de trois mois de lecture des écrans accueillant les réseaux sociaux et la presse une compétence médicale, biologique épidémiologique à les rendre nobelisables.

Autant le dire tout net : celui ou celle qui survit à une catastrophe ferroviaire lié à un franchissement volontaire d’un passage à niveau doit rendre des comptes en justice. Celui ou celle qui par refus du port du masque serait reconnu.e. responsable de la contamination de son entourage familial, professionnel, associatif ne devrait pas rendre de compte à la société ? En lui souhaitant de plus que son égoïsme n’ait pas conduit dans un sac en plastique gerbés dans des frigos celles ou ceux de ses proches qu’il ou elle aura contaminé.

Sur les chantiers, le port de casque payé par l'employeur est obligatoire, les CHSCT se sont battus pour cela. Quand les soignants demandent que le port du masque fournit gratuitement soit obligatoire dans les lieux publics, ils ne seraient pas digne de confiance ? 

Tournons donc nos colères vers les causes, pas contre ceux qui participent à nous prémunir des conséquences.

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