Déconfinement, SNCF - la presse plus vigilante que le pouvoir

Publié le 25 Avril 2020

 

Après la déclaration 

de Laurent Brun

hier au soir

 

Déconfinement, SNCF - la presse plus vigilante que le pouvoir

Il faudra revenir plus en détail sur ce que le SG de la fédération cgt des cheminots a avancé hier soir à 19h00 pour une éventuelle remise en routes de l'activité ferroviaire. Pour autant, déjà les réactions de la presse, du Figaro dès 20h00, à La Provence en passant par l'Express et par tous les titres du type "journal*.fr" reprennent en chœur la dépêche de l'AFP sans quasiment en changer une virgule.

C'est dire si le sujet est sensible dans l'opinion et interdit là où des chiens de garde sont embusqués à ce qu'ils pointent leur babines de peur de se faire mordre à leur tour.

Voici ce texte tel que mis en ligne par l'agence de presse qui annonce ce que va faire la CGT et pourquoi elle le fait. Elle met les inconséquents fauteurs de crimes de guerre sanitaire devant leurs responsabilités, et conduit les rédactions à s'écarter pour éviter d'être associées à l'obstination criminelle gouvernementale : 

Déconfinement: «les cheminots n'organiseront pas le massacre»

Le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun a laissé entendre ce vendredi que les agents de la SNCF pourraient refuser le travail faute de mesures sanitaires suffisantes pour les protéger lors du déconfinement.

«Si dans les transports en commun, on n'a pas de solution un peu sérieuse, les cheminots n'organiseront pas le massacre parce qu'ils ne veulent pas contaminer les gens, ils ne veulent pas être contaminés ni contaminer leurs familles», a déclaré sur le plateau de BFMTV Laurent Brun, à la tête du premier syndicat de la SNCF. «Le message qu'on envoie, c'est 'pas de protection sérieuse, pas de travail'», a-t-il affirmé, en estimant que «rien» n'avait été fait pour que ce ne soit «pas le bazar du confinement» lors du déconfinement. «Si on veut que les gens soient agglutinés dans les transports en commun et dans les gares et qu'ils soient malgré tout un minimum protégés, il faut des masques FFP2 et il faut que le gouvernement se débrouille un petit peu mieux qu'il ne le fait jusqu'à présent», a-t-il estimé.

 

«Qui contrôlera en gare ce qu'il y a dans (ce) masque?»

Interrogé sur les masques artisanaux, Laurent Brun a jugé qu'«on mélange la sorcellerie et la médecine». «Ce n'est pas parce que je me suis retourné un slip sur la tête que je suis protégé du virus», a-t-il raillé. «Qui contrôlera en gare ce qu'il y a dans (ce) masque?», a interrogé le syndicaliste.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a estimé plus tôt dans la journée que l'offre de transports publics devait être la «plus importante possible» et le port du masque probablement rendu obligatoire pour permettre aux personnes de se déplacer lors du déconfinement. Pour les TGV, «nous sommes en capacité de monter assez rapidement vers 50% de TGV», contre 6% qui circulent actuellement, a-t-il dit.

Voici ce que la Fédération CGT des Cheminots et son UFCM-CGT ont diffusé aux cheminot.e.s depuis le 21 avril à propos des modalités pouvant permettre une reprise d'activité. Les propos de Laurent Brun ne seront une surprise que pour ceux qui porte un masque ...devant leurs yeux.

LA REPRISE DE LA PRODUCTION DOIT TENIR COMPTE DU CONTEXTE

Lutte contre le coronavirus

 | Maîtrise et cadres UFCM
 

Le redémarrage de la production ferroviaire doit se faire sereinement, en toute sécurité pour les cheminots et les usagers.

Pas question de s’affranchir des consignes strictes par rapport au virus.

Suite aux annonces du Président de la République sur la sortie de confinement le 11 mai, l’encadrement est sollicité pour organiser le retour à la production. Face aux incertitudes, alors que nous ne sommes ni médecin, ni virologue, les informations imprécises, l’isolement laissant une grande marge d’appréciation individuelle, sont à bannir.

Il ne doit pas y avoir de place pour les antagonismes entre appliquer les directives gouvernementales suite à la crise sanitaire, gérer les situations urgentes, et assurer la production tout en donnant les moyens à leurs équipes de travailler en sécurité et dans de bonnes conditions.

Nous ne revivrons pas les approximations de fin mars. Pas de protections efficaces, pas d’organisation du travail adaptée : Pas de travail !

La CGT a demandé la désignation d’un coordinateur unique par bassin d’emploi, proche du terrain, compétent pour prendre les décisions s’appliquant à toutes les SA et activités.

Cette organisation doit permettre une meilleure réactivité, de l’expertise et de la clarté, particulièrement concernant la protection sanitaire des cheminots face aux discours confus et contradictoires.

Tous les cheminots exigent de la transparence et du dialogue.

L’organisation de réunions régulières avec les représentants syndicaux et le coordinateur territorial est nécessaire.

La direction dit être favorable à une mise en place de ce dispositif. Néanmoins, les directions nationales des activités, éloignées du lieu de production, continuent à se focaliser sur leurs objectifs financiers. Ils mettent une pression latente aux dirigeants de proximité, sans donner l’ensemble des moyens.

Quels que soient le service, la SA ou le grade, les cheminots ont besoin d’unicité et de cohésion. En l’absence d’assurance de protections efficaces, tous les cheminots devront exercer leur droit de retrait.

REDONNONS DU SENS COMMUN À NOS MODÈLES ÉCONOMIQUES

Le service public revêt, face à cette épreuve, toute sa valeur. Il est et sera à la hauteur de ses responsabilités. Le rôle de l’encadrement sera essentiel pour relancer la production en tenant compte du contexte. Il faudra mettre des priorités pour assurer la sécurité ferroviaire et des circulations. La sortie du confinement sera un défi.

Tous les objectifs managériaux ne pourront pas être réalisés, nos procédures devront tenir compte des mesures de protection contre le virus.

L’ensemble des cheminots de l’encadrement opérationnel a eu un comportement exemplaire, ils doivent être entendus. L’UFCM-CGT ne se contentera pas de bonnes intentions et d’incantations.

Forcément, la production subira des répercussions, et cela va nécessiter de revoir en partie l’organisation. L’UFCM-CGT sera à vos côtés pour refuser des objectifs inatteignables.

INTELLIGENCE COLLECTIVE ET RAISON POUR SORTIR DE LA CRISE

L’unité du pays est nécessaire face à une épidémie, mais nous n’oublions pas que la facture des crises est souvent payée par les salariés, y compris ceux de l’encadrement. Nous devrons être vigilants pour que la solidarité contre le coronavirus ne soit pas interprétée comme une validation de nouveaux reculs sociaux.

Nous devrons aussi également nous opposer à toute tentative de réduction de l’offre ferroviaire sous couvert d’austérité.

Les milliards d’euros annoncés par le Gouvernement doivent impérativement aider aussi au renforcement du service public ferroviaire, à la protection de ses salariés et à la préservation réelle de l’emploi. L’indécence des dividendes aux actionnaires devra cesser pour une répartition des richesses vers l’intérêt général.

Plusieurs métiers, plusieurs fonctions, une seule profession : CHEMINOT !

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