pour lire, sourire et polémiquer

Publié le 4 Février 2020

 

Quand le fil d'Ariane

balise un drôle de Chemin.

pour lire, sourire et polémiquer

Un article de Frédéric Lordon dans le Diplo.fr de janvier

Il est certains que Le Monde et Médiapart - hélas dans une moindre mesure l'Humanité vu la fadeur des articles accessibles en ligne- qui permettent de par leur parution quotidienne d'acceder aux info immédiates, pousse à ne pas assez valoriser le Monde Diplomatique qui est au Monde ce que le caviar est aux oeufs de lumpes ou la philosophie à Michel Onfray.

Canaille le Rouge venait à peine de vous dire à la fin de sa dernière publication tout le bien qu'il pensait de Frédéric Lordon Potemkine , qu'il vient de s'offrir un sacré moment de bras de fer idéologique où celui-ci encadre une des plus affichée et représentative de la meute des chiens de garde, Ariane Chemin.

Le fil déroulé par Fr Lordon conduit à ne pas résister à l'idée de vous mettre en appetit pour vite le savourer à votre tour.

Pour ne pas vous empêcher de vous immerger dans l'article -belle maquette et mise en page - La Canaille va juste vous mettre en appétence avec ces deux ou trois gourmandises et vous renvoyer au lien vers le diplo.

 ...Ariane Chemin n’est cependant pas peu fière de porter au jour une autre de ces manipulations de l’ombre sans lesquelles le pays vivrait si tranquille : j’aurais fomenté un complot culturel en « pouss[ant] les petits rats de l’Opéra à monter un ballet-surprise contre la réforme des retraites ». À lire Ariane Chemin on n’est pas loin de penser que j’ai moi-même choisi le Lac des cygnes. Si elle m’avait contacté, elle aurait appris que j’ai fait également la chorégraphie. J’envisageais d’ailleurs de passer incognito le tutu (je suis assez mince et porte plutôt bien le diadème) pour être très au cœur de l’action, mais patatras : sciatique la veille, mes arabesques s’en ressentent...

...Car il est bien entendu que ces pauvres danseuses, si elles savent lever la jambe, ont besoin qu’on leur dise où et comment : elles ont besoin, nous dit Ariane Chemin, d’être « poussées ». Par quel miracle pourraient-elles avoir une idée, et puis « se pousser » toutes seules ? Par quel miracle, plus encore, pourraient-elles avoir la maîtrise du sens politique de leurs actions ? Il fallait donc qu’il leur vînt du dehors — ici entre en scène l’agitateur, donneur de sens et tireur de ficelles...

...aussi a-t-on vu apparaître cette nouvelle sorte de « journalistes », persuadés d’avoir une « plume » et un accès à la psychologie des profondeurs, se croyant dès lors au cœur de l’histoire tout en n’ayant qu’à naviguer entre le Café de Flore et le Sélect, puisqu’il s’agit essentiellement de « rencontrer » et de s’ouvrir le chemin des âmes remarquables — ou de racler l’Internet pour faire dire quelque chose aux âmes noires...

...Ariane Chemin, qui choisit toujours l’hypothèse de l’incapacité — intellectuelle, culturelle, et en l’occurrence politique — de tous ceux qui, précisément, n’évoluent pas dans des cercles. L’article « petits rats » a donc une portée métonymique : il nous invite à penser qu’il en va de ces danseuses comme des opposants à la démolition des retraites, comme des « gilets jaunes », comme de tous les contestataires en général, et comme, en définitive, du peuple dans sa globalité : pour cette raison somme toute logique qu’ils ne sont pas des « têtes », ils ont besoin de « têtes ». Tous sont voués à ne jamais sortir de leur condition de minorité. Masses informes, inertes et enfantines, les mineurs sont faits pour être conduits. Et éduqués. C’est d’ailleurs pourquoi le néolibéralisme, en tous ses organes, est une pédagogie. Il n’en finit pas de « faire de la pédagogie », et même de faire « la pédagogie », tout court .

Vous n'avez là qu'une vision très parcellaire de la jubilatoire mise en pièce d'une architecture de la pensée réactionnaire par un des plus efficaces déconstructeurs de l'idéologie dominante dans la période.

Pour savourer l'ensemble, c'est là :

 

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