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Charonne : une répression politique, des assassinats portés par le prefet de police

 

Comme chaque année,

souvenirs, mémoire,

Souvenir.

Charonne : une répression politique, des assassinats  portés par le prefet de police

Souvenir d'une soirée en tout point détestable. Celui qui signe ici Canaille le Rouge allait sur ses 10 ans.

Son père y était, sa mère gardait les gosses à la maison et écoutait "radio-Luxembourg"  sur une de ces "TSF" à ampoules où un œil vert affichait la qualité de captation des grandes ondes.

À l'annonce par les flashs, presque une première à l'époque, sa figure se décomposait. 

Son père est rentré, accablé, vers 23 h 00. Des bribes de conversations parvenaient jusqu’à la chambre où le sommeil ne venait pas. 

Le lendemain matin, c’était rituel, aller chercher l’Huma.

À la une, les noms. Les parents effondrés. Certes, la radio avait annoncé l’assassinat (Pas en ces termes – « des sauvages suppôts du terrorisme avaient agressé la police qui avait du faire usage de la force pour se défendre » - parole de Papon, rebonds dans l’actualité.), mais outre la barbarie des morts, des dizaines de blessés dont les noms decertains qui n’était pas à la maison des inconnus, parmi eux il y avait une de leur camarades depuis 1945 à la Libération, de l'UJRF, Fanny Dewerpe avec qui les relations étaient encore plus proches. 

Pour le gamin bien loin alors de penser à Canaille Rouge, les obsèques des morts de Charonne restent un souvenir aussi terrible que marquant. Son père l'avait emmené avec lui. Il faisait un temps pourri, un grésil glacial et pénétrant, ce froid de février comme Paris sait en avoir. Et pourtant, ce n'était pas le froid qui faisait grelotter Paris, mais de chagrin et de rage. 

L’enterrement des morts de Charonne, cela a été la première manif de La Canaille. Un moment où il a su en conscience au point d'en avoir ce souvenir pourquoi il était là. Il a compris - au risque disant cela de paraître présomptueux - pourquoi il fallait être là. Ce jour est celui qui va marquer la suite de ses choix et le faire militant six ans plus tard. C'est cette semaine de février 62 qui plantera l'axe de ce qui lui sert toujours de boussole.

Lors de toutes les manifs parisiennes qui partaient de République pour monter à la Nation depuis ce 8 février jusqu’à la fin du 20e siècle les cortèges se taisaient. Ni slogans et conversation en passant devant les accès au métro. Un silence impressionnant où souvent la reprise se faisait au chant de l'internationale.

Le temps dans ce nouveau millénaire usant les mémoires parfois de mauvaise façon a mis fin à cette  nécessité des cortèges de rendre l’hommage aux combattants antifascistes assassinés à Charonne.

Jusqu'à 2016 Canaille le Rouge n'a jamais loupé un 8 février. Ne plus être présent à Paris ce jour-là est un des seuls moment qui lui fait vraiment regretter de ne plus être Parisien. 

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