Fonds de pension en France, quelle paternité ?

Publié le 8 Janvier 2020

Ne pas avoir la mémoire courte

Fonds de pension en France, quelle paternité ?

L'idée des fonds de pension, née outre Manche ou outre-atlantique, n'est pas une de ces météorites qui viendrait sans prévenir s'écraser sur la Place de la Concorde un beau jour de 2020. 

Comme tout objet interstellaire entrant dans l'atmosphère et produisant aujourd'hui incandescence, ils ont une histoire.

Cirelli était encore "que" conseiller technique, puis conseiller économique auprès du président de la République française Jacques Chirac que déjà sous Jospin pointait BlackRock :

 

 

En 2001, Lionel Jospin avait mis en place un fonds de réserve pour les retraites. Ce fonds de réserve, censé contribuer à l'équilibre du régime et préparer l'arrivée à la retraite des enfants du baby-boom, pèse environ 30 milliards. Un trésor de guerre qui avait été créé alors que la France "allait bien" à cette époque, et attirait fortement toutes les convoitises.

Dès le départ, ce fonds de réserve a été alimenté par des recettes de privatisation, les "excédents" des caisses de retraite, et un prélèvement de 2% sur les revenus du patrimoine et les placements financiers. Et donc sur un pillage par le privé de la richesse du pays. Depuis il fonctionne comme un fonds de pension sous le contrôle de la caisse des dépôts et consignation.

Les fonds sont placés, investis, en actions et obligations dans l'immobilier ou dans les matières premières. L'objectif c'était d'atteindre 150 milliards. Mais on n'y est jamais arrivé, à cause notamment de la crise financière de 2008. Si aujourd'hui la somme atteint quelques dizaines de milliards, elle fluctue au gré des variations des marchés. C'est la configuration avancée de la Macron économie sociale.

Outils du capital pour prendre d'assaut l'ensemble de la protection sociale issue du CNR et des ordonnances de la Libération, c'est dire combien en 2001, le capital a bénéficié d'un cheval de Troie rose à sabot rougeâtre qui vient à ce moment renforcer le très infécond pour le capital "Préfon retraite" déjà sans grand succès est chargé de drainer l'épargne parmi les agents qui en disposent dans de la fonction publique (Fillon en fera ensuite la colonne vertébrale de son agression contre la retraite par répartition) . 

Donc,  même s'il faut se réjouir de les voir rejoindre le mouvement en cours, voir les partis de la majorité du gouvernement Jospin, sans dénoncer les errements et trahisons de leurs mandatés d'alors au gouvernement ne les disculpera pas de leur responsabilité.

Il y a eu des Munichois qui ensuite seront résistants. Cela ne retire rien au fait qu'en soutenant la trahison de Munich ils sont responsables des événements qui en découleront.

Les fonds de pension et Black-rock & C° sont les Munich 2020 de la protection sociale.

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