75 ans !

Publié le 23 Janvier 2020

Oui, 75 ans

et le temps de survivre

pour ceux qui l'on vécu

et le temps depuis

pour ne pas oublier 

 

75 ans !

À Auschwitz (Louis Aragon)

Moi si je veux parler c'est afin que la haine
Ait le tambour des sons pour scander ses leçons
Aux confins de Pologne existe une géhenne
Dont le nom siffle et souffle une affreuse chanson

À Auschwitz À Auschwitz Ô syllabes sanglantes
Ici l'on vit ici ici l'on meurt à petit feu
On appelle cela l'exécution lente
Une part de nos coeurs y périt peu à peu

Limites de la fin limites de la force
Ni le Christ n'a tenu ce terrible chemin
Ni cet interminable et déchirant divorce
De l'âme humaine avec l'univers inhumain

Ce sont ici des Olympiques de souffrances
Où l'épouvante bat la mort à tous les coups
Et nous avons ici notre équipe de France
Et nous avons ici cent femmes de chez nous

Puisque je ne pourrais ici tous les redire
Ces cent noms doux aux fils aux frères aux maris
C'est vous que je salue en cette heure la pire
Marie-Claude en disant Je vous salue Marie

Et celle qui partit dans la nuit la première,
Comme à la Liberté monte le premier cri,
Marie-Louise Fleury rendue à la lumière,
Au-delà du tombeau Je vous salue Marie.

Hélas les terribles semailles
Ensanglantent ce long été
Cela dure trop Ecoutez
On dit que Danielle et que Maï...

Ah! Déferont-ils maille à maille
Notre douce France emportée ?
Ce qu'on dit rend l'ombre plus noire
Sur la misère de nos chants

Les mots sont nuls et peu touchants.
Maï et Danielle Y puis-je croire ?
Comment achever cette histoire
Qui coupe le coeur et le chant

Je vous salue Marie de France aux cents visages
Et celles parmi vous qui portent à jamais
La gloire inexpiable aux assassins d'otages
Seulement de survivre à ceux qu'elles aimaient

Lorsque vous reviendrez car il faut revenir
Il y aura des fleurs tant que vous en voudrez
Il y aura des fleurs couleur de l'avenir
Il y aura des fleurs lorsque vous reviendrez

Vous prendrez votre place où les clartés sont douces
Les enfants baiseront vos mains martyrisées
Et tout à vos pieds las redeviendra de mousse
Musique à votre coeur calme où vous reposer

Haleine des jardins lorsque la nuit va naître
Feuillages de l'été profondeur des prairies
L'hirondelle tantôt qui vint sur la fenêtre
Disait me semble-t-il Je vous salue Marie

Ecrit en octobre 1943

Impossible pour Canaille le Rouge de pas avoir en ce moment une pensée pour une de ses tantes, qui délabrée à jamais, meurtrie physiquement et moralement y survivra. De retour elle aura la pénible tâche de dire à la fratrie survivante, dont la mère de celui qui ici écrit, qu'il n'y avait aucun espoir de revoir leur parents.

Impossible pour celui qui signe ici, né bien après les faits,  de pas avoir à date fixe dans la tête le regard de celle qui à la maison chaque 13 novembre, de façon récurante depuis 77 ans, a le regard qui vascille avant d'un effort surhumain se reprendre.

Impossible pour Canaille le Rouge d'accepter que dans cette UE qu'on nous vante, là l'état pensionne et décore des anciens SS, là encore des camps soient installée, ailleurs les succésseurs des supôts tiarés de Franco reprennent leur croisade. Impossible d'accepter qu'à travers le monde les enrichis de l'esclavagisme et la barbarie nazis soient les référents économiques du 21e siècle.

Impossible pour Canaille le Rouge de voir les enfants des génocidés d'hier faire aujourd'hui que la ségrégation, que  la spoliation soient devenues la philosophie et la pratique de leur politique raciste de brutalité et d'annexion coloniale .

Impossible de supporter que la folie fanatique des religions issues d'un même livre aux versets en permanence bafoués se rassemblent dans des pratiques terroristes liberticides et meurtrières.  

Impossible d'admettre que les combattants antifascistes d'hier ne sachent pas se rassembler pour combattre la bête qui de nouveau étale chaque jour plus encore sa toile sur notre pays. 

Pour que l'éradication de la bête et cela sans pitié aucune soit réalisée, impossible pour celui qui signe ici de ne pas poursuive le combat pour sauver l'avenir de tous ses petits enfants ; TOUS. Ceux qui pourraient croire à des ciels comme ceux qui n'y croient pas.

Canaille le Rouge,22 janvier 2020

Rédigé par Canaille le Rouge

Publié dans #souvenir. combat, #histoire, #Mémoire et Histoire

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