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Bolivie, quelques repères

Pourquoi le gouvernement français

a adopté une position

honteusement inqualifiable.

Bolivie, quelques repères

Ce qui suit est surtout destiné à celles et ceux qui n'ont découvert la Bolivie que par la vague populaire qui a porté Evo Moralès à la tête du pays et l'actualité du putsch faciste.

 

L'arrivée d'Evo Moralès est le fruit d'années de luttes politiques et parfois armées pour faire face à une bourgeoisie latifundiaire et minière elle même héritière de la colonisation espagnole et ayant gardé ses pratiques pour dominer un peuple qui ne se déclare jamais vaincu.

 

Cette bourgeoisie compradore toujours prêtes à se prostituer avec tous les impérialismes pour maintenir le peuple sous son joug a été un des lieux de refuges privilégiés des cadres et dignitaires nazis s'échappant à la traque à laquelle il ont dû brièvement faire face en Europe ; nazis qui se sont mis à son service au point de participer activement à la direction politique et économique du Pays. Ce sont eux que le gouvernement d'Evo Moralès avait mis au pas*.

 

Le réseau Caténa (la chaîne) coordonnée par  Krunoslav Draganović (prêtre catholique connu comme un des principaux organisateurs des réseaux d'exfiltrations qui permirent aux criminels de guerre nazis de fuir l’Europe après la Seconde Guerre mondiale) organisant avec la complicité active de l'église catholique et ses monastères et abbayes, a permis à de nombreux responsables nazis de se réfugier en Amérique du Sud, à l’image de Martin Borman jamais retrouvé ou de Klaus Barbie.

 

Ces nazis disposant de moyens colossaux, butins des rapines opérés sur les massacrés dans les pays pillés ont installé de véritables colonies disposant de territoire immenses.

 

Les dignitaires de ces colonies et en particulier Barbie ont vite été recruté par la CIA dès la fin des années 40 début des années 50 et on transmis leur savoir faire de tortionnaire en devenant les cadres d'instruction des armées boliviennes, argentines, chiliennes uruguayenne etc.

 

Le cas de Barbie et de la Bolivie est singulier et nous concerne au plus près ici en France.

 

Outre que nombre de ceux qui arborent fièrement un tee-shirt à l'effigie du Che ne savent pas que c'est Barbie, au service du dictateur Hugo Banzer, qui a participé à l'assassinat d'Ernesto Che Guevara, combien savent que ce même Barbie est le SS gestapiste "boucher de Lyon", celui qui ordonnera l'exécution de nombreux otages et fera déporter des milliers de Juifs à Auschwitz via Drancy. Parmi ses victimes, se trouvent les 84 personnes raflées le 9 février 1943 au siège de l'UGIF à Lyon, mais aussi les 44 enfants d'Izieu raflés le 6 avril 1944. Le 11 août 44 Barbie réussit à faire partir directement de Lyon pour Auschwitz le dernier convoi de déportés avec 650 personnes dont 342 non-juifs et 308 juifs. Il est l’organisateur des fusillades après tortures de masse (auxquelles il s’adonnait avec sadisme) des fusillés de la prison Montluc,. Il est le tortionnaire de Jean Moulin qui ne parlera pas mais mourra des coups assénés par Barbie.1.

 

Barbie va donc bénéficier de cette putride ecclésiastique chaîne de solidarité et des protections dans les services secret US qui lui permettront de s'installer en Bolivie et d'y couler des jours heureux jusqu'au jour ou Altman -Barbie sera démasqué par Baete et Serge Klarsfeld et Simone Lagrange qui reconnaît sur photo son tortionnaire à Lyon en 1944.

 

Mais avant cela, de 1947 à 1951 Barbie est pris en ration par le CIC (Counter Intelligence Corps, US Army) qui est particulièrement intéressé par l'expérience que Barbie a acquise en France contre la résistance communiste, l'expérience et les connaissance du bourreau de Lyon permettant surtout en pleine guerre froide de chercher des informations sur une éventuelle pénétration communiste des services secrets français, sur les activités du Parti communiste français en France, dans l'armée française et la zone française en Allemagne ainsi que sur celles des services secrets français dans la zone américaine.

 

En 1951, Barbie est exfiltré vers l'Argentine avec le concours des services secrets américains (CIA) et de Krunoslav Draganović .Dans sa fuite, il passe notamment par Vienne, où il est aidé par Kurt Waldheim  — Milan, Rome et Gênes

 

 À partir de 1964, il collabore activement avec l'armée bolivienne et donne des conseils pour la recherche et la torture des opposants.

De 1965 à 1967, jusqu'à l’assassinat su Che dans la jungle bolivienne, il semble qu'il soit de nouveau au service de la CIA.

 

 il dirige une entreprise d'exploitation du bois, puis, de 1966 à 1971, la Compagnie Transmaritima Boliviana, première compagnie maritime du pays qui s'adonne au trafic d'armes et de drogues au profit des dictatures militaires d'Amérique du Sud.

 

En 1971, il soutient le coup d'État du colonel Hugo Banzer et pour conforter son régime, Barbie crée une organisation paramilitaire d'extrême-droite " les fiancés de la mort" et participera à l'opération Condor2

 

Le compagnonnage sanguinolent de Barbie avec l'état major de l'armée bolivienne s’établit dans la durée.

 

Pour mesurer la force des liens entre les nazis et la dictature de Banzer un seul fait :

Le régime de Banzer, jusqu'à sa chute en 1978 protégera et assurera reconnaissance à Barbie au point en et de retour de la dictature en 1980, le nouveau régime dans lequel Barbie est nommé colonel honoraire des services de renseignements bolivien.

 

Barbie, arrêté et ramené en France, sera jugé et finira ses jours en prison ; son organisation sur place perdurera.

 

C'est l’état major dont les cadres sont fourni pour une grande part par les familles de cette grande bourgeoisie bolivienne qui ont avec les fascistes reconverti en évangéliste suprématiste, leur racisme, ont fomenté avec l'aide de la CIA et de la réaction Espagnol le coup d'état de novembre 2019.

 

De fait, le gouvernement français et l'U.E. viennent de reconnaître un régime d'inspiration nazie, aux thèses et pratiques racistes qui l'y tiennent liées et dont les cadres politiques et militaires sont issus des centres de formation installés et dirigés par les gestapistes ayant sévit en France.

Qui publiquement dans la presse et au parlement dénoncera cela ?


 

1Le 14 septembre 1944, le SS-Sturmbannführer (commandant SS) Wanninger recommande Klaus Barbie — déjà jugé dans un rapport de 1940 comme « discipliné, travailleur, honnête, amical, bon camarade, officier irréprochable » — pour une promotion au grade de SS-Hauptsturmführer (capitaine SS) en ces termes : « Klaus Barbie est connu au Quartier général comme un chef SS enthousiaste, qui sait ce qu’il veut. Il a un talent certain pour le travail de renseignement et pour la recherche des criminels. Sa plus grande réussite réside dans la destruction de nombreuses organisations ennemies. 1Le Reichsführer-SS Heinrich Himmler a exprimé sa gratitude à Barbie dans une lettre personnelle qui le félicitait pour la qualité de son travail dans la recherche des criminels et la lutte contre la Résistance. Barbie est [un officier] sur lequel on peut compter aussi bien sur le plan psychologique que sur le plan idéologique. Depuis sa formation et son emploi au sein du SD, Barbie a mené une carrière assidue en tant que directeur d’un service supérieur et, s’il n’y a pas d’objection, il est recommandé qu’il soit promu SS-HauptsturmführerIl sera nommé le 09/11/44»

2 Opération Condor est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des États-Unis au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel — ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (FranceItaliePortugalEspagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C.).

 

A l'arrivée au pouvoir du M.A.S. d'Evo Moralès 82% de l'économie était dans les mains du capital, et 18% au peuple.

Fin octobre 2019 82% de l'économie et les terres étaient entre les main du peuple et 18% restant dans celle de la bourgeoisie et des multinationale, avec en prime la découverte de l'immense gisement de Lithium des salin des hauts plateaux convoité par les transnationales.

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